Avenir radieux
"le rythme de diminution des effectifs de l'Education nationale sera fonction des progrès réalisés dans la remise à plat des programmes et des rythmes scolaires, qui est nécessaire à l'équilibre de nos efforts" [c’est rappelé là]
Et dire que certains (le SE-UNSA, le SGEN-CFDT et la FCPE) affectent de croire qu'il ne faut surtout pas lier l'actuelle réforme de l'Educ. Nat. à la diminution des effectifs de profs! Ils veulent faire mentir le chef de l'Etat ou quoi ?
* DHG votées en juin.
C’est une des conséquences d’une note de cadrage que nous avons déjà publiée :
On nous annonce que dans le Finistère, on ne votera plus les DGH en février/mars
c'est une interprétation du (flou) décret du 27 janvier 2010 qui ne fixe pas de délais pour soumettre les DGH et repartions des moyens au vote des CA . Elles seront donc soumises au vote des CA en mai/juin, quand tout sera bouclé.
* Prise de la pastiche :
Voilà comment certains universitaires ruminent leur défaite de l’an dernier. En pastichant l’histoire de France. Bravo. C’était sur Médiapart.
[Chers collègues,]
C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut tenter de cesser le combat. Vous étiez prêts à continuer la lutte, je le savais. Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié. On a revendiqué plus qu'on a servi. On a voulu épargner l'effort ; on rencontre aujourd'hui le malheur. C'est à un redressement intellectuel et moral que, d'abord, je vous convie.
C'est vers l'avenir que, désormais, nous devons tourner nos efforts. Un ordre nouveau commence. Vous avez souffert. Vous souffrirez encore. Beaucoup d'entre vous ne retrouveront pas leur métier. Votre vie sera dure. Ce n'est pas moi qui vous bernerai par des paroles trompeuses. Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. Pour le présent, [les universitaires] sont certains de montrer plus de grandeur avouant leur défaite qu'en lui opposant des propos vains et les projets illusoires.
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* Lecture : plus sérieusement :
Un livre pour comprendre la Stratégie de Lisbonne et ses effets sur les systèmes éducatifs et scientifiques
Isabelle Bruno, Pierre Clément, Christian Laval
La grande mutation, Néolibéralisme et éducation en Europe
Syllepse, 135 pages, 7 €
L’avenir de nos écoles et de nos universités se décide de plus en plus à l’échelle européenne. Encore mal connue, la politique de l’Europe en matière d’éducation reste peu visible alors même que son influence s’accroît. Connaître le sens de la « stratégie de Lisbonne » et du « processus de Bologne », c’est se donner la possibilité de mieux comprendre la grande mutation de nos institutions d’enseignement. C’est aussi comprendre le projet de société que l’Union européenne met en œuvre au travers des réformes nationales en se servant de relais multiples et parfois inattendus à l’intérieur de chaque pays.
L’enjeu de cette politique néolibérale est considérable. En rupture avec les bases humanistes de l’école, elle fait de cette dernière un instrument au service exclusif de la compétitivité économique dans le cadre du capitalisme globalisé. Par là, elle menace la formation de citoyens libres et le développement de la pensée et de la science.
De la mise en concurrence des écoles à la pédagogie des compétences, de l’évaluation quantitative à l’augmentation des droits universitaires, du pouvoir managérial à la professionnalisation généralisée des cursus, une cohérence s’impose par touches successives à tous les niveaux de l’enseignement : le projet de construire un « marché européen de la connaissance ».
Partout en Europe les mêmes réformes régressives engendrent des mobilisations qui demandent aujourd’hui à être coordonnées. Dans toutes les langues de l’Europe, les mots d’ordre disent un même refus de l’ « école-entreprise » et de la « connaissance-marchandise ».
Le message de ce livre fortement documenté est clair : mieux connaître la politique européenne en matière d’éducation et de recherche, c’est se donner les moyens d’engager la lutte sur le terrain transnational où seule désormais elle peut être gagnée.
* Toujours plus libéral... mais ça commence à agacer. Même aux Etats-Unis :
BE.com - Les universités à but lucratif modifient le paysage de l'enseignement supérieur américain
lors qu'elles ont été longtemps considérées comme étant des universités de "seconde zone", les universités à but lucratif ("for profit colleges") prennent leur revanche et s'affirment désormais comme les stars montantes dans le marché de l'enseignement supérieur américain. Alors que le monde académique "traditionnel" continue de dénigrer ces universités, les inscriptions dans ce type d'établissement ont connu une hausse moyenne de 9% par an au cours des 30 dernières années contre 1,5% par an pour les autres types d'établissement d'enseignement supérieur. Les universités à but lucratif forment aujourd'hui environ 7% des 19 millions d'étudiants s'inscrivant chaque automne dans l'objectif d'acquérir un diplôme. Et cette proportion passe à 10%, soit 2.6 millions, si nous comptabilisons l'ensemble des étudiants s'inscrivant cette fois tout au long de l'année. Cette année, à titre d'exemple, l'Université de Phoenix a surpassé la California State University et est devenue le second plus important système d'enseignement supérieur du pays avec 455.600 étudiants, après l'Université de l'Etat de New York (State University of New York). Si en 1990 seulement 10% de ces établissements offraient des bac+2 (associate degree), des Bac+4 (bachelor degree) ou des diplômes professionnels, aujourd'hui ce taux est passé à 50%. Mieux encore, plus de 90% des étudiants inscrits dans les universités à but lucratif sont inscrits dans le cadre d'un parcours diplômant. Et seulement 30% des étudiants sont des étudiants à mi-temps. Ces établissements attirent donc désormais un public plus proche de celui des universités traditionnelles, tout en conservant un avantage comparatif sur les publics atypiques.
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* Mieux que Base-Elève :
Les États-Unis possèdent l’ADN des nouveaux-nés
4 février 2010 - Article original sur CNN.com
Lorsqu’ Isabel, la fille de Annie Brown, était âgée d’un mois, son pédiatre a informé ses parents qu’elle était porteuse d’un gène la prédisposant à la mucoviscidose.
Forts de cette information, ses parents firent subir à Isabel plusieurs tests : il en résulta qu’ elle n’était pas porteuse de la maladie. Le couple de Mankato (Minnesota) se demanda alors comment le pédiatre avait pu être au courant d’un problème génétique concernant Isabel, après tout ils n’avaient jamais consenti à des tests génétiques.
C’est très simple, répondit le praticien : aux États-Unis, les nouveaux-nés sont systématiquement soumis à un dépistage des maladies génétiques. "Étant donné que les tests sont mandatés par le gouvernement, ils sont souvent réalisés sans consentement parental", explique Brad Therrell, directeur du centre national de dépistage néonatal et de ressources génétiques (NNSGRC). D’après le centre de ressources, dans de nombreux états tels que la Floride, où est née Isabel, l’ADN des bébés est conservé indéfiniment.
Nombres de parents n’ont aucune idée du fait que l’ADN de leur enfant est ainsi stocké dans les labos du gouvernement, mais parfois, lorsqu’ils viennent à le découvrir, comme cela s est passé pour les Browns, ils passent à l’action. Des parents du Texas et du Minnesota ont entamé des poursuites, et leurs préoccupations lancent de nouveaux débats pour savoir si l’empreinte génétique d’un bébé se doit d’être la possession du gouvernement.
« Nous étions consternés lorsque nous avons découvert une telle chose », nous dit Annie Brown, qui est par ailleurs infirmière conventionnée.« Pourquoi ont-ils besoin de conserver l’ADN de mon enfant indéfiniment ? Ce qui y figure pourrait affecter ses possibilités de trouver un emploi dans le futur ou d’être couverte par une assurance santé. »
Selon le site officiel de l’état du Minnesota, les prélèvements sont conservés afin de répéter les tests si nécessaire, l’ADN ainsi archivé pourrait aussi aider des parents dans la recherche d’un enfant disparu ou dans l’identification d’un corps. Les échantillons sont aussi utilisés pour la recherche médicale.
Art Caplan, bio-éthicien à l’université de Pennsylvanie, dit qu’il comprend pourquoi les états ne demandent pas une permission au préalable pour dépister les bébés : « c’est une vision paternaliste, mais l’état porte un intérêt prédominant à la protection de ces bébés », explique-t-il.
Il précise cependant qu’on aborde un autre problème lorsqu’il s’agit de conserver des échantillons d’ ADN pour de très longues périodes.
"Je ne vois pas l’intérêt de faire ce genre d’archivage". Il ajoute : "Si cela reste anonyme, ça ne me pose aucun problème. En revanche si l’on attache le nom du bébé a chaque échantillon, là ça me rend mal à l’aise."
L’ADN donné aux chercheurs privés
Les tests génétiques sur le nouveaux-nés ont commencé dans les années 60, avec le dépistage de maladies ou des syndrômes, qui, s’ils ne sont pas détectés, pourraient entraîner la mort de l’enfant ou lui causer des troubles sévères, tel qu’un retard mental. Ce dépistage, une fois mis en place, a permis de sauver de nombreux nouveaux-nés.
Au cours des ans, de nombreux tests subsidiaires ont été ajoutés à la liste. Aujourd’hui, les états préconisent que chaque enfant subisse une batterie de 28 à 54 tests et que l’ADN récupéré soit stocké dans les laboratoires de chaque état pour une durée de trois mois à l’infini, suivant l’état. (se référer à cette liste par état)
Selon Brad Therrell, qui dirige le centre de ressources génétiques, subventionné fédéralement, les parents n’ont aucun souci à se faire concernant la confidentialité de l’ADN de leur enfant : « Chaque état suit des règles strictes au sujet de ces prélèvements », nous dit Therrell.« Si l’ADN de mes propres enfants étaient stocké dans l’un de ces labos, je ne m’en ferais absolument pas. »
Les prélèvements ne restent pas toujours la propriété des laboratoires publics. Ils peuvent être donné à des laboratoires privés, en les associant parfois au nom de l’enfant.
D’après un rapport fait par l’état du Minnesota : depuis 2000, plus de 20 études scientifiques publiées aux États-Unis se sont basées sur des prélèvements sanguins de nouveaux-nés.
"Les chercheurs privés n’ont pas besoin du consentement parental pour obtenir un échantillons tant que le nom du bébé n’y est pas rattaché", précise Amy Gavaglio, l’une des auteurs du rapport du Minnesota et conseillère au Département de la santé de cet état. Toutefois, elle dit que de ce qu’elle a compris, si des chercheurs privés demandent à obtenir un échantillon nominatif, il doivent d’abord obtenir l’accord des parents.
Selon Gaviglio, conseiller génétique au Département de Santé du Minnesota, les scientifiques ont revendiqué que cette énorme banque d’échantillons ADN était une vraie "mine d’or" pour faire des recherches.
"Ces prélèvements seraient impossible à collecter autrement", dit-il. "Les chercheurs doivent passer par des protocoles très stricts pour obtenir ces échantillons. Les états ne fournissent pas des échantillons à n’importe qui."
Mme Brown ne se sent pourtant pas complètement rassurée par ces précisions, elle a toujours peur que quelqu’un puisse avoir accès à l’ADN de son bébé avec le nom d’Isabel attaché au prélèvement.
"Je sais que le gouvernement dit que les données sur mon bébés seront conservées confidentiellement, cependant je n’ai pas confiance, dit-elle. J’ai l’impression que ma confiance a été abusée."