Propagande sarkosyste

Assez fort ce article de Le Monde d'aujourd'hui intitulé :
Le "travailler plus, gagner plus" n'effraie pas les professeurs
C'est là, un article de Catherine Rollot

Assez fort parce que RIEN ne correspond au titre dans l'article publié. A suivre ce titre en effet, doit-on penser que les enseignants sont des gros demandeurs d'heures suppléméntaires ? . Au contraire tous les exemples fournis par l'article montrent que beaucoup sont prêts à faire du travail en plus pour pas grand chose et qu'ils ne demandent pas des heures supplémentaires pour autant. Ce qu'ils veulent c'est d'abord avoir un meilleur salaire de base, gage d'une meilleure reconnaissance.

Sur les heures supp' il faut savoir quand même que :
- Une heure supp payée veut dire un temps de travail augmenté de deux heures (en moyenne) sur une semaine (préparation, correction...), sans compter le fait que cela veut dire avoir une classe en plus.
- Elles sont moins payées que les heures de cours ordinaires (elles sont payées à l'indice de l'échellon 4, alors que la très grande majorité des profs a dépassé cet échelon). [ce n'est le cas dans aucun autre métier]
- Il ne faut pas confondre HSA et HSE, bien moins payées.
- Une seule heure supplémentaire est imposable à un enseignant et que la majorité d'entre eux n'en veut pas plus.
- Des heures supp' il y en a des tonnes attribuées par les rectorats qui ne sont pas toutes employées parce que personne n'en veut.
- Ceux qui veulent en faire pour arrondir leurs fins de mois n'en font généralement pas deux ans de suite plus de deux.
- Accepter une heure en plus de celle imposable signifie souvent prendre un niveau de plus ce qui est démultiplier autant le travail à fournir, les réunions avec les parents, les conseils de classe.
- Accepter deux ou trois heures supplémentaires c'est sacrifier la qualité (du travail mais aussi de la vie familiale, et plus simplement du repos).

- Enfin ceux (des enseignants) qui pensent que les autres profs pourraient bien en faire plus :
1/ chient dans les bottes des autres ;
2/ dénigrent leur propre travail et justifient le fait que les services soient revus à la hausse pour le même salaire ;
3/ feraient mieux de revendiquer un meilleur salaire, tabou véritable dans l'EN.
4/ refusent de reconnaître la pénibilité du travail qu'ils ont (et pour pouvoir comparer prof dans un collège c'est tout aussi éreintant que d'enseigner à l'université ou dans un lycée),
5/ Et enfin que si ils n'ont pas assez de travail, ils peuvent toujours faire une autre activité salariée à coté.

Alors personnellement, j'ai assez de travail comme ça. Deux heures supp', ça méffraie, oui.
Excusez ce billet d'humeur, mais merde.

Dans le même temps on apprend toujours dans le Monde les quatre pistes de la réflexion de la commission Rocard qui va faire un livre vert dans le but de faire un livre blanc (si si, je vous jure) :
- "typologie des missions enseignantes" ;
- les déroulements de carrière ;
- les rémunérations et "les formes de prérémunération" [à propos de l'entrée dans le métier] :
- "
reconnaissance de la fonction enseignante dans la société moderne".

Et Darcos de prévenir le ministre du budget :"Il faudra bien mettre quelque chose, il y a un moment où il faudra des crédits. "

C'est au cas ou Bercy aurait déjà annoncé qu'il n'y aurait rien. Darcos sauveur des profs ?
C'est beau le métier de ministre...