Canneries diverses

* Fin des hostilités syndicales promulguée par décret depuis l'Elysée. Je ne plaisante qu'à peine... [MAJ allez jusqu'au bout]
AFP
Le mouvement est terminé... jusqu'à la rentrée
- le 27/05/2008 - 19h36

Huit syndicats, dont la FSU, l'Unsa-Education, le Sgen-CFDT,[mais aussi les autres...?] ainsi qu'une fédération de parents d'élèves et l'Union nationale lycéenne, réunis mardi à Montreuil, près de Paris, ont décidé de suspendre le mouvement contre les suppressions de postes " pour la période des examens". "Le mouvement se poursuit sur le plan local contre les suppressions de postes mais il n'y aura pas de nouvelle grève d'ici la rentrée, notamment en raison de la période des examens", a déclaré Frédérique Rollet, du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes).

Mais tout n'est pas fini. Les syndicats, qui préciseront leur position mercredi dans un texte commun, ont décidé de se revoir les jours précédant la rentrée de septembre pour examiner la question d'une éventuelle poursuite du mouvement. Car "il faut que le gouvernement entende que la colère et l'exaspération de la communauté éducative sont toujours là", a expliqué Dominique Thoby, secrétaire nationale du SE-Unsa. "Nous nous reverrons en août une fois les lettres-plafond (qui détermineront les grandes tendances du budget 2009 par ministère, ndlr) connues", a confirmé Frédéric Rollet.

Ces organisations étaient à l'origine de la journée de manifestations samedi dans toute la France qui a réuni entre 18.400 et 40.000 personnes.

C'était gentil d'être venu...
Ah, tiens un rectificatif du SNES à 21 h 30 : c'est pas cela ! Mais que croire ? Panique à bord ?

SNES - fsu
Communiqué de presse

Pour le SNES, l’action ne s’arrête pas en juin !

Lors de la réunion de l’intersyndicale de l’éducation du mardi 27 mai,
le SNES et la FSU ont proposé de poursuivre l’action en appelant dès maintenant à une journée de grève nationale unitaire le vendredi 6 juin.
Aucun accord n’a pu être trouvé sur cette orientation : le Sgen-Cfdt et l’Unsa notamment considérant qu’aucune action nationale d’ampleur n’était envisageable dans cette période.
Ni le SNES ni la FSU ne sauraient envisager un tel arrêt de l’action alors que le gouvernement s’entête à maintenir les suppressions de postes pour 2008, que le Président de la République vient encore de confirmer comme non négociable le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qu’aucune négociation n’est ouverte sur la revalorisation du métier d’enseignant. A cela s’ajoute le dépôt par le gouvernement d’un projet de loi remettant en cause le droit de grève dans l’éducation nationale à travers le « service minimum d’accueil ».
Lors de la réunion des fédérations de la fonction publique tenue ensuite, il n’a pas été possible non plus de parvenir à une décision d’action dans le cadre le plus large. Le SNES et la FSU sont déterminés à parvenir dans les prochains jours à une décision d’action unitaire avec tous ceux qui considèrent que l’action doit être poursuivie en juin.
Le SNES appelle les syndiqués et les personnels à faire connaître ces propositions, à débattre dans les établissements des suites immédiates de l’action pour imposer la prise en compte de leurs demandes.
Paris, le 27 mai 2008 – 21 h 30

* Cela marche pour notre hyperprésident
, mais aussi bien d'autres de nos représentants (syndicaux entre autres), et bien sur d'un certain nombre de nos collègues (je me comprends). "Tu parles trop !"

Visitez leur site : h
ttp://www.lesfilmsdevacances.net/LRK/index.html

* Réglementation sévère du droit de grève (alors que de nombreux syndicats viennent de signer un accord avec le gouvernement sur le dialogue social - sauf FO c'est à souligner). Voici selon l'AFP ce que propose Darcos aux syndicats.

"Droit d'accueil/primaire: au moins 10% des enseignants en grève, négociation préalable obligatoire

Les communes devront organiser un dispositif d'accueil des élèves lorsqu'au moins 10% du nombre total d'enseignants des écoles publiques de la commune ont l'intention de participer à une grève, selon l'avant-projet de loi sur le droit d'accueil des élèves en primaire les jours de grève, qui oblige aussi Etat et syndicats à une "négociation préalable".
Cet avant-projet de loi devait être soumis à la discussion des syndicats avec le ministre de l'Education Xavier Darcos qui les reçoit lundi et mardi.
"Dans le cas où un préavis de grève a été déposé (...), toute personne qui exerce des fonctions d'enseignement dans une école maternelle ou élémentaire publique informe, au plus tard quarante-huit heures avant de participer à la grève, l'autorité administrative dont elle relève, de son intention d'y participer", stipule en outre le texte, transmis lundi à l'AFP.
L'article 3 du projet prévoit que "lorsque le nombre des enseignants qui ont déclaré leur intention de participer à la grève est égal ou supérieur à 10% du nombre total des enseignants exerçant leurs fonctions dans les écoles publiques d'une commune, celle-ci organise le dispositif nécessaire à l'accueil des enfants".
Un autre article ajoute que "le dépôt d'un préavis de grève par des organisations représentatives des personnels enseignants du premier degré ne peut intervenir qu'après une négociation préalable entre l'Etat et ces organisations syndicales". Cette négociation ne peut excéder 8 jours après le dépôt d'une notification de préavis de grève par un syndicat.
Les règles d'organisation et de déroulement seront fixées par un décret en Conseil d'Etat."



* Festival de Crânes. Tout le monde s'accorde pour dire que le cinéma c'est l'Art par excellence surtout depuis qu'il félicite le cinéma français. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais on peut trouver curieux cette absence de commentaire sur le contenu réel du film primé à Cannes (enfin je veux dire quatre chose que du "on est les meilleurs !").

Voici peut-être
un début d'explication avec cet article de Marianne2 (on lit ce que l'on peut. Il y aurait pour son auteur, qui a vu le fil, de quoi réagir s'étonne quand même un peu.
(C'est dommage que sa seule contre référence soit Brighelli, mais bon...)

Cannes : Bégaudeau, il vaut mieux le voir au cinéma que le lire

Auteur du roman «Entre les murs» qui a inspiré le film éponyme de Laurent Cantet, primé à Cannes, François Bégaudeau incarne jusqu'à la caricature cette pensée à la mode qui prétend que toute faute d'orthographe est une preuve nouvelle de créativité. L'intégration suivra…L'auteur aura, au moins lui, réussi son intégration dans le microcosme médiatique.


Télérama adore, les Inrocks en redemandent, Le Nouvel Obs en raffole [déjà c'est vrai ca part mal, c'est un peu comme lorsque Santini félicte les syndicats]. Et Cannes, la luxuriante et frénétique, y discerne même un message politique. Bref, c'est tout Saint Germain et sa lointaine banlieue festivalière qui aime à se reconnaître dans la vision de l'école que propose François Bégaudeau, auteur du roman «Entre les murs» qui a inspiré le film de Laurent Cantet.
Clone professionnel de Beigbeder, Bégaudeau a vite fait son trou dans le Paf. Prof en disponibilité, il occupe les médias à tour de bras : auteur de papiers d'humeur dans des magazines tendance, chroniqueur télé et, désormais, acteur. Etonnante d'ailleurs que cette déclaration d'amour, que l'on voudrait croire sincère, pour le métier « d'enseignant de banlieue » quand on se met en disponibilité pour se consacrer à des activités bien plus hype comme le cinéma, la télévision, les chroniques littéraires et les débats mondains.

Prof devant les caméras
A croire que le métier de prof en banlieue n'est, en effet, jamais aussi formidable que quand on ne l'exerce plus - ou pour les seuls besoins du septième art. Car si François Bégaudeau se plaît à répéter qu'il connaît véritablement l'école et ses difficultés, il est aussi sans doute le seul prof qui attend le « ça tourne ! » du réalisateur pour commencer son cours.
Jean-Paul Brighelli, prof, essayiste et auteur de «La Fabrique du crétin», se félicite d'ailleurs de l'attribution de la palme d'Or au film de Laurent Cantet :
« Je crois que Bégaudeau est en vacances de l'éducation nationale depuis deux ans. Grâce à cette Palme d'Or, il va pouvoir gagner suffisamment d'argent pour ne pas y revenir. C'est le seul vrai bon point que je vois ». [la palme d'or du meilleur bon mot attribué à l'unanimité à Brighelli, même si je ne l'aime pas]

Une littérature sans estomac
Brighelli tient tout de même à faire une très nette distinction entre le film de Laurent Cantet et le livre de François Bégaudeau :
« Le film est peut-être très bien. Personnellement, j'avais beaucoup aimé Ressources humaines. Dans l'histoire du cinéma, il y a des exemples d'adaptations de romans moyens qui ont donné des chefs d'œuvres. Le roman de Kessel, Belle de Jour, adapté par Bunuel en est un exemple. De même, il est fort possible que Bégaudeau soit très bon acteur dans son propre rôle car comme le disait Diderot un comédien c'est « une structure vide dans laquelle on peut faire entrer n'importe quoi » » ajoutet-il « mais le livre est à la hauteur de son auteur. C'est la description d'un monde irréel, la vision du prof qui a beaucoup à apprendre de ses élèves. Il correspond exactement à la définition que Pierre Jourde faisait de la littérature sans estomac ».

Un film à destination des vieux
Une littérature consensuelle à souhait, convaincue de faire oeuvre de salubrité publique. D'ailleurs, tout juste distingué de sa palme, suffisant comme jamais, Bégaudeau y allait de ses certitudes :
« C'est plutôt un film à destination des vieux, si je peux me permettre. Il y a un discours sur la jeunesse qui est vieux comme le monde et qui a tendance à s'intensifier depuis quelque temps, à savoir: les jeunes sont cons, les jeunes jouent aux jeux vidéo, ils sont analphabètes etc. » ["de l'édification des sarkosystes donc"]
Un discours aussi platement binaire qu'angélique auquel on aimerait presque adhérer. Malheureusement aussitôt démenti, malgré lui, par l'un des jeunes acteurs du film, réagissant à l'attribution de la Palme d'Or au film de Laurent Cantet: « Si on nous aurait dit qu'on irait à Cannes, je l'aurais pas cru. Si on nous aurait dit qu'on aurait la Palme d'or, non plus ».
Il est des retours brutaux à la réalité.

Brûler des voitures, une preuve de puissance
Si la plupart des politiques ont salué le prix attribué au film de Laurent Cantet, à l'époque de la sortie du livre de François Bégaudeau peu s'étaient félicités de sa formidable clairvoyance :
«Si on est dans la rue et qu'on brûle des voitures, d'une certaine manière, on fait preuve de puissance et on essaye de revendiquer une forme d'énergie. Et ça, ça n'est pas rien» , expliquait ainsi l'ex-prof dans un débat l'opposant à Alain Finkielkraut.
Bégaudeau ne disait pas si le constat était aussi valable quand les énergiques jeunes gens prennent pour cible l'école du quartier…
Régis Soubrouillard

Evidement si on l'oppose à Finkielkraut c'est sûr....Attendons de le voir ce film et on en reparlera.

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