Foi

Pour ceux qui viennent ici directement, sans passer par la Une du Mammouth, sachez que celle-ci a été mise à jour. C'est là en direct : http://le-mammouth-dechaine.fr/

*
Souvenons-nous. Petit rappel de propos de présidentiable, profession de foi libérale, qui préfiguraient bien ce qu'allait être la LRU :

" — Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ?
— Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l'Etat n'est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L'Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.
Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ?
Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n'a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d'argent pour créer des filières dans l'informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l'Etat doit se préoccuper d'abord de la réussite professionnelle des jeunes. "
Voilà, tout est dit.

Propos, avec d'autres, rappelés par le site 20minutes, en particulier ici.

* Kto. Après avoir réussi à faire payer leurs profs par l'État, après avoir obtenu des collectivités publiques la prise en charge des travaux de sécurité de leurs établissements, après le bénéfice d'une loi qui oblige les communes à leur verser de l'argent (et j'en oublie certainement), l'enseignement catholique attaque, décomplexé, pour le retour de la foi. C'est le Figaro qui nous le dit :

Dans un document adressé fin novembre aux 250 000 établissements catholiques implantés dans le monde, le Vatican rappelait à tous les responsables qu’ils ne devaient plus se contenter de délivrer des diplômes. Le texte soulignait que les écoles catholiques devaient réaffirmer leur caractère confessionnel. En France, cette question suscite depuis longtemps pas mal de réflexion. En haut de l’échelle, tous sont d’accord. Il faut effectivement renforcer la formation des religieux et des laïcs baptisés qui travaillent dans l’enseignement catholique. Objectif : offrir une ouverture chrétienne explicite aux élèves et aux enseignants situés souvent à des années-lumière de l’Église.
Éric de Labarre, le secrétaire général de l’enseignement catholique estime donc que ce texte arrive «à point nommé». Dans une lettre aux directeurs diocésains, il invite les catholiques présents dans les établissements à suivre une formation pour «mieux articuler l’intelligence de la foi avec la tâche professionnelle». Devant les évêques ré­unis à Lourdes, il avait d’ailleurs récemment rappelé que «dans le contexte de la laïcité et du pluralisme religieux, il faut oser réaborder la question religieuse dans les établissements catholiques». Pas si simple quand on scolarise plus de deux millions de jeunes en France qui viennent de tous milieux et de toutes confessions.
La suite sur le site du Figaro.

* Foi, mais en crise, cette fois (ah ah). Celle de l'enseignant ordinaire, petit intellectuel de base. Au delà des restrictions budgétaires, des ambitions pédagogistes, des positions réacs, ou des volontés de l'OCDE, la crise de l'école actuelle n'est-elle pas tout simplement la volonté même de la société dans laquelle nous vivons ? Prémonitoire et très lucide ce texte, paru en 1970, de Henri Gunsberg :

(Repris depuis dans L'école de la lâcheté de Maurice T. Maschino (page 215-216). Trouvé sur un forum)

"
Les professeurs seront laminés par le système. Ils seront tenus au plus grand conformisme, mais sous l'apparence du renouveau : n'enseigneront-ils pas les techniques nouvelles et n'élargiront-ils pas leur enseignement en picorant dans la vie quotidienne?[...]
On ne lui demandera pas plus [au professeur] de cultiver des intelligences que de tailler sur le bon patron les futurs producteurs, consommateurs et vendeurs. Son travail sera donc moins intense et son enseignement très superficiel; par contre, son temps sera dévoré par ses nouvelles tâches et il connaîtra l'usure plus que la fatigue.
Il sera peu à peu relégué assez bas dans l'échelle sociale [...]
Les professeurs, nivelés par leur usure, assujettis à la machine sociale par leur nouveau statut, perdront liberté et originalité d'esprit, et enfin,
l'intellectuel sera rejeté à son véritable rang dans la société moderne : le dernier [...]
Ce sera un résultat logique.
Le nouvel Etat industriel [...] ne peut vivre que grâce [...] à la vente de masse et à la manipulation du consommateur. Il lui faut donc des clients malléables, de préférence coulés dans le même moule et ayant mêmes goûts, mêmes désirs, mêmes ambitions - des hommes qui se plaisent avant tout à se rendre et à se sentir identiques : la nouvelle société industrielle se nourrit de ressemblances. Aussi l'intellectuel en est-il l'ennemi exécré [...], il faut l'asservir et détruire son influence."

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