Plein la gueule... et c'est pas fini

Alors que notre Petit Timonier met en place un grand service public du babysitting, pour permettre aux parents de venir manifester avec les profs sans être chargés de leur progéniture, puis une Grande Agence pour le remplacement des enseignants, pour qu'ils puissent désormais aller faire grève tranquilou car, remplacés, le programme avancera toujours, voyons ce qui se passe dans le reste du monde :

* Le lycéens en grève sont semble-t-il assez sanctionnés : le Contre-journal lance un appel car il semble bien que L’administration et les proviseurs ont été en première ligne pour dissuader les lycéens de manifester contre la loi Darcos. Interventions policières, exclusions temporaires, menaces de sanctions… Le Contre-journal a réuni des premiers témoignages publiés dans Libération. Une suite est prévue: apportez vos témoignages.

Lycéens sanctionnés : vos témoignages, allez voir ici.

Exemple dans mon bahut : outre les "ils ont enfin compris" lâchés par les collègues en voyant des élèves entrer malgré le blocus, outre un "votre blocus n'est pas démocratique" lâché par le proviseur mardi dernier alors que les AG se tiennent régulièrement sans expression de contestation face au mouvement, les "bloqueurs" ont eu droit à 5 arrestations dans la nuit de mercredi à jeudi, avec un tour au poste, des chefs d'inculpation redoutables : "vol de ficelle", "leader"... Tous les jours la BAC, la Police municipale, les coups de bigo au proviseur qui a fini par craquer et dit qu'il allait appeler les flics (ça a même été rapporté à la télé).

* Un service qui ne fait pas le maximum ? En tout cas il ne fait pas le plein partout. A Nice par exemple, même si Christain Estrosi, nouveau maire et caniche fidèle de Sarkozy, était tout fier de mettre en place le service minimum d'accueil à l'occasion de la grève dans l'enseignement hier. Ce fut un bide retentissant :
«Nous avons pris nos dispositions pour accueillir 1200 élèves dans les centres de loisirs de la ville. Tout à bien fonctionné», analyse Christian Estrosi. Mais il y a un hic : seulement 186 enfants se sont rendus dans les centres de loisir (source).


* L'université n'est pas encore suffisamment réformée ? Il faut le croire si l'on suit le dernier colloque de la CPU (Conférence des Présidents d’Universités) intitulé: «Les Universités Européennes: nouvelles frontières, nouvelles perspectives» s’est tenu du 2 au 4 avril 2008 à Bruxelles. En voici un C.-R. (merci à hg du Forum unitaire)

Le Colloque de la CPU «de 2008 profite d’un contexte exceptionnel qui lui donne une importance stratégique: celui de la future présidence française de l’Europe en juillet prochain». Comme la CPU en février 2007 avait élaboré ses «20 propositions» à l’intention des candidats aux élections présidentielles (les principaux les ayant approuvées et l’élu les ayant appliquées), c’est le programme de la présidence française que la CPU dessine, la présence très appuyée de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lui donnant tout son caractère officiel.

La CPU a clairement indiqué, lors de la discussion du projet de la LRU, que, pour elle, cette loi n’était qu’une étape nécessaire, mais transitoire, vers une loi définitive, celle qui abrogerait toutes les lois et décrets: l’Etat ne devrait plus intervenir!
La commission ATTALI, pour sa part, juge que « malgré la réforme de l’été 2007, les universités ne sont pas encore assez autonomes » et demande d’appliquer la « décision 19 : Renforcer l’autonomie des universités ».
C’est ce que propose la CPU à la Présidence Française de l’Union Européenne.

Passer des Universités françaises aux Universités européennes autonomes dans «un nouveau pays : l'Europe»
C’est la proposition 8: «les Universités auront comme partenaires majeurs, comme interlocuteurs privilégiés, les Régions européennes».
Le fondement de l’Université n’est plus républicain et laïque, il deviendrait «territorial, régional ou inter-régional» en partenariat avec le privé dans le cadre de «clusters» (les PRES).

Dans le «pays Europe», remplacer
les statuts de fonctionnaires d’Etat par des «garanties sociales» européennes :
La LRU octroie notamment la «liberté» pour les universités de recruter sans limite des contractuels sous la «responsabilité» de «respecter le plafond de masse salariale» imposé par l’État, remettant en cause le statut général de la fonction Publique. Mais il y a encore des lois et règlements.
Aussi les Présidents proposent-ils
une «charte de qualité» définissant notamment les «garanties sociales» dans le nouveau cadre de «l’autonomie de gestion de l’ensemble des personnels» donné par la LRU. On sait ce que valent de telles garanties…

Dans le «pays Europe»,
des certifications qui remplacent les diplômes :
La CPU propose «l'inscription des diplômes dans le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) qui met l'accent sur les compétences à acquérir doit être favorisée, de même que l'intégration de ce même Répertoire au sein du Cadre Européen de Certification». Les diplômes LMD actuels étaient élaborés localement, mais dépendaient encore d’une habilitation nationale donnée par l’Etat. C’est cette habilitation qui disparait, et donc la notion même de diplôme, remplacé par
un processus de certification commun au privé et au public!

j'aurai un sujet de thèse à proposer aux présidents d'universités : "Progrès social et présidence d'université au XXIe siècle : oxymore ou complot ?"

* Petit répit ? Pas sûr ! Le décret transférant les Tos aux régions est annulé. (AFP, je pense)

"le Conseil d'Etat annule un décret transférant des charges aux collectivités

Le Conseil d'Etat a annulé vendredi un décret de décembre 2005, qui transférait aux départements et aux régions des services du ministère de l'Education nationale, sans toutefois donner à cette annulation un caractère rétroactif. e décret gouvernemental du 26 décembre 2005 fixait les modalités de transfert aux départements et aux régions des "services ou parties de services qui participent, dans les collèges et les lycées, aux missions d'accueil, de restauration, d'herbergement et d'entretien général et technique, à l'exception des missions d'encadrement et de surveillance des élèves". le texte transférait également aux mêmes collectivités les missions "de recrutement et de gestion des personnels techniciens, ouvriers et de service" (TOS, ndlr) exerçant dans les collèges et les lycées. "