Plein la gueule... et c'est pas fini
* Le lycéens en grève sont semble-t-il assez sanctionnés : le Contre-journal lance un appel car il semble bien que L’administration et les proviseurs ont été en première ligne pour dissuader les lycéens de manifester contre la loi Darcos. Interventions policières, exclusions temporaires, menaces de sanctions… Le Contre-journal a réuni des premiers témoignages publiés dans Libération. Une suite est prévue: apportez vos témoignages.
Lycéens sanctionnés : vos témoignages,
allez voir ici.
Exemple dans mon
bahut : outre
les "ils ont enfin compris" lâchés par les collègues
en voyant des élèves entrer malgré le blocus, outre
un "votre blocus n'est pas démocratique" lâché par le
proviseur mardi dernier alors que les AG se tiennent
régulièrement sans expression de contestation face au
mouvement, les "bloqueurs" ont eu droit à 5
arrestations dans la nuit de mercredi à jeudi, avec
un tour au poste, des chefs d'inculpation redoutables
: "vol de ficelle", "leader"... Tous les jours la
BAC, la Police municipale, les coups de bigo au
proviseur qui a fini par craquer et dit qu'il allait
appeler les flics (ça a même été rapporté à la
télé).
*
Un service qui ne fait pas le maximum ?
En tout cas
il ne
fait pas le plein partout. A
Nice par
exemple, même si Christain Estrosi, nouveau maire et
caniche fidèle de Sarkozy, était tout
fier de
mettre en place le service minimum
d'accueil à l'occasion
de la grève dans l'enseignement hier.
Ce fut
un bide retentissant :
«Nous
avons pris nos dispositions pour accueillir 1200
élèves dans les
centres de loisirs de la ville. Tout à bien
fonctionné», analyse Christian Estrosi. Mais il y a
un hic : seulement 186
enfants se sont
rendus dans les centres de loisir
(source).
* L'université n'est
pas encore suffisamment réformée ?
Il faut le croire si
l'on suit le dernier colloque de
la CPU (Conférence des Présidents
d’Universités) intitulé: «Les Universités
Européennes: nouvelles frontières, nouvelles
perspectives» s’est tenu du 2 au 4 avril 2008 à
Bruxelles. En voici un C.-R. (merci à hg du Forum
unitaire)
Le Colloque de la CPU «de 2008 profite d’un contexte
exceptionnel qui lui donne une importance
stratégique: celui de la future présidence française
de l’Europe en juillet prochain». Comme la CPU en
février 2007 avait élaboré ses «20 propositions» à
l’intention des candidats aux élections
présidentielles (les principaux les ayant approuvées
et l’élu les ayant appliquées), c’est le programme de
la présidence française que la CPU dessine, la
présence très appuyée de la Ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche lui
donnant tout son caractère officiel.
La CPU a
clairement indiqué, lors de la discussion du projet
de la LRU, que, pour elle, cette loi n’était qu’une
étape nécessaire, mais transitoire, vers une loi
définitive, celle qui abrogerait toutes les lois et
décrets: l’Etat ne devrait plus intervenir!
La
commission ATTALI, pour sa part, juge que «
malgré la réforme de l’été 2007, les universités ne
sont pas encore assez autonomes » et demande
d’appliquer la « décision 19 : Renforcer l’autonomie
des universités ».
C’est ce
que propose la CPU à la Présidence Française de
l’Union Européenne.
Passer des Universités françaises aux Universités
européennes autonomes dans «un nouveau pays :
l'Europe»
C’est la
proposition 8: «les Universités auront comme
partenaires majeurs, comme interlocuteurs
privilégiés, les Régions européennes».
Le
fondement de l’Université n’est plus républicain et
laïque, il deviendrait «territorial, régional ou
inter-régional» en partenariat avec le
privé dans le cadre de «clusters» (les PRES).
Dans le «pays Europe», remplacer les
statuts de fonctionnaires d’Etat par des «garanties
sociales» européennes :
La LRU octroie notamment la «liberté» pour les
universités de recruter sans limite des contractuels
sous la «responsabilité» de «respecter le plafond de
masse salariale» imposé par l’État, remettant en
cause le statut général de la fonction Publique. Mais
il y a encore des lois et règlements.
Aussi les Présidents proposent-ils
une «charte de qualité» définissant notamment les
«garanties sociales» dans le nouveau cadre de
«l’autonomie de gestion de l’ensemble des
personnels» donné par la LRU. On sait
ce que valent de telles garanties…
Dans le «pays Europe», des
certifications qui remplacent les diplômes
:
La CPU propose «l'inscription des diplômes dans le
Répertoire National des Certifications
Professionnelles (RNCP) qui met l'accent sur les
compétences à acquérir doit être favorisée, de même
que l'intégration de ce même Répertoire au sein du
Cadre Européen de Certification». Les diplômes LMD
actuels étaient élaborés localement, mais dépendaient
encore d’une habilitation nationale donnée par
l’Etat. C’est cette habilitation qui disparait, et
donc la notion même de diplôme, remplacé par
un
processus de certification commun au privé et au
public!
j'aurai un sujet
de thèse à proposer aux présidents d'universités :
"Progrès social et présidence d'université au XXIe
siècle : oxymore ou complot ?"
*
Petit répit ? Pas sûr ! Le décret
transférant les Tos aux régions est
annulé. (AFP, je
pense)
"le
Conseil d'Etat annule un décret transférant des
charges aux collectivités
Le
Conseil d'Etat a annulé vendredi
un décret de décembre 2005,
qui transférait aux départements et aux régions des
services du ministère de l'Education
nationale, sans
toutefois donner à cette annulation un caractère
rétroactif.
e décret gouvernemental du 26 décembre 2005 fixait
les modalités de transfert aux départements et aux
régions des "services ou parties de services qui
participent, dans les collèges et les lycées, aux
missions d'accueil, de restauration, d'herbergement
et d'entretien général et technique, à l'exception
des missions d'encadrement et de surveillance des
élèves". le texte
transférait également aux mêmes collectivités les
missions "de recrutement et de gestion des
personnels techniciens, ouvriers et
de service" (TOS, ndlr) exerçant dans les collèges et
les lycées. "