Devoirs de vacances
Les vacances arrivent et, chers collègues et autres amis de l'éducation, vous ne devez pas pour autant vous ramollir. D'autant plus que cela va négocier en coulisses y a pas de doute, pour bien nous pourrir la rentrée.
Donc, pour ne pas perdre le moral, je vous propose un florilège de liens qui vous feront passer un bon été.
* D'abord pour rester dans l'actualité, on peut constater que ça commence à tanguer dans les hautes sphères de notre administration pédagogique : c'est aujourd'hui dans le Figaro, un texte sur l'éducation du Français.
Et
si on enseignait le français en France
?
Par
Marie-Christine Bellosta.
Publié le 06 juillet 2007
C'est là
Et depuis,
il y a
Brighelli (vous savez "le crétin
pré fabriqué") qui
balance en plus sur son blog.
On en reparle à la
rentrée... ou dans les coms.
* A
l'Université ils sont les moyens, et ça se voit.
Voici le
site quil faut
connaître pour tout
savoir sur ce que l'on ne nous dit pas de la Réforme
des Universités.
Et le site officiel de propagande gouvernementale
: c'est là .
- Pour les
hussards que nous sommes, de quoi
entretenir
notre voix : quelques chants d'hommes (et des
vrais).
Auditions à la rentrée, pour voir si vous méritez
toujours d'être membre de notre belle Education
Nationale qu'on a (pour l'instant)
Grèves 2003, vous vous souvenez ?
Autonomie
pour tous, et tous pour l'autonomie.
Voilà ce qu'on lit dans le Figaro de ce jour, journal
officiel du gouvernement.
Les
principes directeurs : donner au chef
d'établissement une meilleure maîtrise de son budget,
de ses effectifs, de l'organisation de ses cours et
de ses heures d'enseignement pour lui permettre de
mener à bien son projet pédagogique.
« Il
faut qu'il dispose d'une dotation budgétaire dans
laquelle il aura davantage de marge de
manoeuvre »,
explique Xavier Darcos. Le directeur pourrait
ainsi signer des
contrats avec des associations sportives, faire appel
à des intervenants extérieurs. Il
devrait pouvoir adapter
l'offre pédagogique aux
particularités de l'établissement,
en changeant les horaires, regroupant
des cours, en
donnant la priorité à certaines matières. S'il n'aura
pas le pouvoir de recruter ses enseignants, il
pourra demander
des profils de postes pour faire
face à des besoins particuliers.
(...)
L'idée
séduit plutôt le SPDEN, syndicat des
proviseurs :
« Plutôt
que de procéder comme actuellement,
remarque
Philippe Guittet, son président, en
négociant au cas par cas avec les académies, il
faudrait mettre en place un contrat pluriannuel pour
élaborer un projet sur le long
terme. »
En
contrepartie de cette liberté, les établissements
seraient évalués. Taux de
redoublement, de réussite aux examens sont parmi les
indicateurs envisagés. Les
enseignants, dont les élèves progressent, pourraient
être récompensés par des primes ou des accélérations
de carrière leur ouvrant les portes des
établissements de leur rêve.
Flattez-nous
mon bon Blaise...
Décidément le ministre reprend bien vite les bonnes
habitudes :créer
l'inovation-pédagogique-absolument-nécessaire, pour
mieux faire des économies. Jusqu'où s'arrêtra-t-il
?
"Pour dépenser moins"
Ils sont à écouter à cette adresse là . Mais attention, il faut aller jusqu'aux dernières secondes pour qu'il avoue, après tout un discours sur les options qui en gros se résume à la phrase suivante : si tu veux une option particulière, démerde-toi toi-même car le ministre entend rationaliser (faut pas déconner, c'est quand même les impôts de ceux qui se lèvent tôt !).
Merci Néos
* C'est peut-être la même volonté qui conduit le Comité Technique Paritaire Ministériel du 2 juillet à indiquer la chose suivante :
Le Secrétaire Général du MEN a informé le CTPM que les fondements statutaires des mentions complémentaires (bivalence) étant supprimés, celles-ci seraient supprimées des concours 2008.
Encore merci Néos (il est fort celui-là)
Début des hostilités...
"Nous avons combattu les décrets Robien parce qu’ils contredisaient notre conception du métier, niaient le respect de la qualification, la nécessité des coordinations pédagogiques, de la stabilité des équipes et alourdissaient un temps de travail déjà bien saturé. Dans le même temps, nous avons toujours revendiqué la prise en compte des évolutions du métier.
C’est pourquoi nous avons apprécié positivement l’annonce par le Gouvernement, au moment où il décidait l’abrogation du décret Robien sur les services, de discussions sur le métier d’enseignant. Une table ronde prévue dans la semaine du 9 juillet marquera l’ouverture de ces discussions. A l’heure où nous imprimons nous n’en savons guère plus sur la date et les invités de cette table ronde.
Seront ensuite mis en place des groupes de travail sous la direction de 4 à 5 personnalités «indépendantes» parmi lesquelles un président coordonnateur.
Ces groupes travailleront sur trois thèmes: les missions de l’école (le groupe sera ouvert au-delà des organisations syndicales enseignantes aux représentants des parents d’élèves, des chefs d’étatlissements, des personnels administratifs), les carrières et le métier, les conditions de travail (pour ces deux thèmes ne seraient invitées que les organisations syndicales enseignantes).
Si quelqu'un connait la teneur des échanges courtois qui auront lieu alors, il peut nous faire passer les infos (boite aux lettres du Mammouth en juillet et des compléments de service en août). Le Mammouth en publira les meilleurs morceaux.
* Je vous donne la suite du texte, ou vous aurez la position officielle du SNES, qui semble acquis à la négociation :
Le SNES participera à ces discussions en partant d’un constat: le système éducatif et le second degré en particulier ont su jusqu’au milieu des années 90 donner un essor à la démocratisation; celle-ci a été le fruit de l’investissement des personnels, de leur inventivité, mais aussi d’une charge de travail accrue.
Franchir une nouvelle étape suppose désormais de faire prendre en compte les évolutions de nos métiers, les revaloriser, améliorer nos conditions de travail, nos salaires et nos carrières, et en d’en tirer toutes les conséquences en matière de création d’emploi et de recrutement. Ce sont ces exigences que le SNES portera dans les tables rondes, en montrant les complémentarités entre les membres de l’équipe éducative, en exigeant l’élargissement des discussions à toutes les catégories (CPE, CO-Psy) et avec le souci permanent d’associer l’ensemble des collègues aux discussions. Une US est prévue mi-juillet pour rendre compte de la première table ronde. Claudie Martens
C'est clair mais incertain.
* Voici ce que dit FO, qui n'est pas acquis à la négociation, lui :
"Que peuvent signifier les questions posées par le Ministre qui s'est dit :
« favorable à la bivalence initiale » :
« Comment organise-t-on le travail ? Comment organise-t-on les partenariats ? Qui peut concourir à l'action éducative si les professeurs sont moins nombreux ? Comment peut-on regrouper les options ? Comment peut-on changer les programmes ? » ?
sinon une remise en cause du décret de mai 1950 relatif aux obligations de service des professeurs du secondaire et une dégradation de l'enseignement lui-même ?
La FNEC FP FO s'adresse solennellement au Ministre afin qu'il abandonne ce plan de suppressions d'emploi, et qu'il rétablisse le décret de mai 1950, ce qui signifie le rétablissement, dès la rentrée 2007, des 3058 postes qui vont avec. La Fédération FO demande à le rencontrer d'urgence sur les graves difficultés attendues à cette rentrée.
Sur ces objectifs, la FNEC FP FO appelle ses syndicats à réunir les adhérents, à informer et mobiliser les personnels sur les revendications qui les rassemblent tous : annulation du projet de suppression des 10 000 emplois maintien et respect du décret de mai 1950, suite à l'abrogation du décret de Robien négociations pour la réouverture des classes et des postes à la rentrée 2007.
La FNEC FP FO propose sur ces bases aux autres organisations syndicales de se réunir pour discuter de l'action commune nécessaire pour gagner sur les revendications communes. Lille, le 29 juin 2007"
C'est clair aussi, mais pas pareil. Des deux dernières lignes de ce communiqué dépend le sort statutaire de plus d'un million d'enseignants.
"Il faut rétablir l'éducation civique"
Ce sont en tout cas les propos de Darkos, dans le Figaro magazine du 30 juin. Après un constat avec lequel on peut être d'accord, après une charge régulière contre mai 68, on peut lire :
Il faut aussi reséparer la sphère politique de la sphère privée, dont l'école fait partie. L'irruption perpétuelle des grèves, du militantisme, des débats sociaux dans l'enceinte de l'école ne sont pas de nature à favoriser la relation maître-élève. L'école devient une sorte de forum agité par trop d'activisme et pas assez de citoyenneté authentique. Voilà pourquoi il faut rétablir l'éducation civique. (...) On promeut à juste titre dans les écoles un amour de l'humanité, on y aborde des questions comme celle des enfants soldats ou du sous-développement, ce qui est très bien, mais on finit par ignorer son voisin immédiat.
Que celui qui promeut l'amour de l'humanité se dénonce ! Justement, ça fait pas un peu beatnik ça ? Ah non pardon, c'est plutôt chrétien... Les vraies valeurs quoi !
En gros si je comprends bien il faut que l'éducation civique tue dans l'oeuf cet activisme (sous entendu gauchiste) qui pourrait peut-être aider à penser le monde mais qui ruine le pays. Bon alors finalement on développe l'esprit critique ou pas ?
On pourra aussi relever au long de l'article (allez le voir là ), de nombreuses maximes, des rocheFourcades, comme on dit à droite (la raffarinade, n'est plus à la mode au gouvernment), du genre :
On nous demande de vider la cuvette alors qu'il faudrait d'abord fermer le robinet ! [faut-il y voir une allusion aux 10 000 suppressions de poste ? Notez que c'est aussi une contrepèterie]
Il y a une forme d'altruisme à distance et de misanthropie de proximité. [idem]
Communiquer, ce n'est pas transmettre.[pourtant on a bien compris]
Je crois à l'école de la verticalité, à l'école de la transmission.
Quel talent ce Jean-Pierre Darcos.