Ordre (et désordres)
Réforme [MAJ4],
c'est plus bas sur la page ou toujours ici
* Darcos
est bien
du parti de l'ordre. Il soutient les
proviseurs qui interdisent la tenue d'AG dans
leurs établissements.
AFP —
Blocages: Darcos "soutient" les
proviseurs
Xavier
Darcos a assuré dans une lettre rendue publique jeudi
les proviseurs de son "soutien
plein et entier", tandis que
parallèlement la Fidl a protesté contre une lettre du
recteur de Nantes demandant aux mêmes proviseurs
d'interdire les assemblées générales.
"Voués au savoir et à
l'étude", les lycées
"ne sauraient être affectés, en aucune manière, par
les revendications qui s'expriment au delà
de leurs murs", écrit le ministre de l'Education aux
proviseurs, alors que certains établissements sont
bloqués depuis une quinzaine de jours par la
contestation lycéenne de la loi Pécresse.
"J'ai pleinement conscience qu'aujourd'hui vous êtes
confrontés à des situations difficiles et je tiens à
vous assurer de mon soutien plein et entier",
ajoute-t-il, en les encourageant à se méfier "des
inquiétudes infondées".
"Je vous
rappelle notamment qu'il n'y a jamais eu
le moindre projet de création d'un +baccalauréat
unique+ ni de
suppression du diplôme du BEP",
deux inquiétudes exprimées par les lycéens, dont les
mouvements d'humeur sont très redoutés par les
gouvernements."
"Pas le moindre" en
effet ...
*Darcos
recrée les BEP. Finalement et face à l'émoi,
le diplôme (seul reconnu par les conventions
collectives) existera toujours. On le donnera à la
fin de la deuxième année de Bac Pro.
Déclaration de Darcos, en ligne sur le site du ministère.
*
Ordre, toujours du même ministre, mais
cette
fois de ne pas mettre la pagaille avant les
élections : C'est le syndicat des inspecteurs
qui nous l'apprend, Darcos aurait demandé
que les
questions de fermeture et ouverture de classes soient
reportées. Extrait du site dudit syndicat
(l'original est ici):
|
|
Le SNPI-fsu reçoit de toute la France des informations qui indiquent que le ministère a transmis des consignes orales aux IA-DSDEN, via les recteurs d’académie, pour que les opérations de gestion d’ouvertures et fermetures de postes dans les écoles du premier degré n’aient pas lieu avant la fin des élections municipales. La plus grande discrétion leur a été prescrite sur ce dossier, notamment envers les maires qui sont leurs premiers partenaires en matière de carte scolaire. Or, d’ordinaire, la procédure commence en décembre et s’achève en février.
Le SNPI-fsu s’interroge sur les conditions et les conséquences d’une telle mesure.
Son caractère furtif interpelle. S’il s’agit simplement de ne pas perturber le débat électoral, la mesure peut être annoncée en toute transparence républicaine et démocratique. Ce n’est pas le cas. On peut supposer que les limites du budget qui a été voté par le Parlement, plus basses que ce qui avait été annoncé, aboutissent à une carte scolaire particulièrement tendue juste avant les élections. Il s’agirait alors de ne pas handicaper les listes des candidats proches de la majorité présidentielle : ce serait donc une instrumentalisation purement politicienne du service public d’enseignement au détriment de la transparence et de l’équité du débat public.
Enfin, ce retard des opérations, s’il se confirme, provoquerait forcément des retards et des contraintes de calendriers extrêmement importants pour les personnels enseignants et administratifs. Le mouvement des personnels pourrait être repoussé fin juin ou début juillet. (...)"
* A Caen la révolte ? Dans le supérieur, on use du mail pour diffuser les infos et essayer d'atteindre des média qui, on l'a vu, rapportent une vision très partielle de la loi LRU. Cela part de l'Université de Caen, dont les personnels seraient à la pointe de la contestation . Extrait du mail adressé mercredi à de très nombreux journalistes :
"Cette loi ne répond en rien aux problèmes des Universités :
- elle marque le désengagement financier de l'Etat dans la transmission du savoir au plus grand nombre : les Universités doivent se tourner de plus en plus vers les entreprises et les collectivités territoriales pour trouver des fonds leur permettant de fonctionner ;
- elle exacerbe la concurrence entre établissements, entre filières et entre individus sans garantir une offre de formation de qualité sur l'ensemble du territoire ;
- elle accentue les inégalités entre Universités et Grandes Ecoles, au lieu de remettre en cause ce système d'enseignement supérieur à deux vitesses ;
- elle accroît la précarité des personnels par un recours plus important aux contractuels ;
- elle remet en cause le fonctionnement démocratique des institutions universitaires en ce qu'elle accorde les pouvoirs, quasi-exclusivement et sans garde-fou, au Président de l'Université, assisté d'une poignée de conseillers.
*Pagaille toujours : les étudiants anti-LRU, eux préfèrent aller au devant de la loi et vendre leur université. C'est sur ebay.
Hier c'était l'université d'Evry qui était en vente. Vous remarquerez ci-dessous que les enchères ont été élevées... Aujourd'hui, c'est au tour de l'Université de Nice (en vente encore ici)

Réformes (suite) : discours sur la méthode
Pour voir les
principaux points de la réforme,
et les précisions mises à jour [MAJ4],
c'est plus bas sur la page ou toujours ici.
*Les BEP supprimés
depuis déjà un mois ?
C'est en effet on apprend dans une déclaration du SNUEP-FSU,
que le Darcos a fait passer une note le 29 octobre aux seuls
recteurs, pour ordonner la généralisation du
Bac Pro en 3 ans. On peut alors considérer que la
mise en application est pour la prochaine
rentrée. Tous les documents sont publiés sur
le site dudit syndicat, à savoir ici.
Le SNUEP-FSU, comme d'autres, appelle à la
mobilisation générale.
*En plus, cela commence à
tanguer sérieusement à la commission
Pochard-Rocard, d'où sortent une partie des
annonces publiées précédemment.
On avait
déjà évoqué certaines de ses interventions
[—dont celle d'Allègre— rappel : toutes les vidéos sont
placées en ligne sur le site du
ministère], on avait vu aussi
son
étrange sondage (ici, souvenez-vous) réalisé par une
non moins étrange société
de sondage OpinionWay qui s'avère être
un bon serviteur du pouvoir en place
(voir l'article de SABOTAGE).
Il y a quelques jours
c'était le SNES qui
écrivait à Pochard ses sentiments sur le déroulement
du débat, semble-t-il pas en rapport avec un
véritable dialogue, ni même une concertation
(mais
plutôt des invitations privées).
Une
autre déclaration du SNES
(sur le site du
SNES)
fait le point et révèle qu'en fait :
" L’organisation d’une première table
ronde sur "les enseignants dans leur établissement",
à
laquelle n’étaient pas invitées les organisations
[syndicales] les plus représentatives
d’enseignants ne peut que renforcer les inquiétudes.
[les sujets abordés : autonomie des établissements ,
annualisation des services d’enseignement, évaluation
des enseignants, locaux, le projet
d’établissement...]
Le SNES a protesté auprès du président du comité
Marcel Pochard avec envoi du courrier au ministre et
à la presse
Le lendemain 22 novembre la FSU était invitée
en catastrophe à une deuxième table ronde
prévue le 23 novembre sur la formation des maîtres.
Une 3eme table ronde se tiendra le 26 sur
les missions des
enseignants ." [Elle s'est tenue quelqu'un en
sait quelque chose ?]
Petite note, dans la première table ronde
les
invités étaient triés : 1 chef d’établissement
(le proviseur du lycée Hoche à Versailles), 1
directeur d’école, 3 enseignants (école collège et
lycée), 1 parent d’élève FCPE, 1 représentant de
conseil général et 1 de mairie + 2 syndicats,
le SNPDEN
(chefs
d’établissements, UNSA) , et le SGEN(-CFDT) ;
L’un des professeurs était un jeune maître des écoles
précédemment... chef d’entreprise ; l’animateur
était Constant Lecoeur (du ministère de
l’Agriculture).
Aujourd'hui,
c'est le SNALC
qui s'en retire
(on en déduit donc qu'il y était aussi), voici leur
déclaration :
"LE
SNE-CSEN ET LE SNALC-CSEN CLAQUENT LA PORTE
Le Syndicat national des Lycées et Collèges
(SNALC-CSEN), second syndicat le plus représenté de
l’enseignement secondaire, et le Syndicat National
des Ecoles (SNE-CSEN) s’abstiendront dorénavant de
participer aux « travaux » de la Commission Pochard
sur la « modernisation du métier d’enseignant ». Par
avance, ils déclarent qu’ils considèrent comme nulles
et non avenues toutes les conclusions auxquelles
pourrait parvenir cette commission, dont ils
contestent radicalement la composition et les
méthodes.
Le SNE-CSEN et le SNALC-CSEN ont quitté la table
ronde du 26 novembre sur le métier d’enseignant,
après avoir été pratiquement privés de
tout temps de parole par son animateur. Les
deux organisations dénoncent la totale
opacité dans laquelle se déroulent les
débats, où les
syndicats représentatifs ne sont secrètement admis
que selon l’arbitraire et le « bon vouloir » des
principaux responsables de la
commission. Le SNALC et le SNE
notent, par ailleurs, que la commission semble ne
vouloir prendre en compte que le discours de
spécialistes auto-proclamés ou de personnalités
individuelles sans représentativité, choisies pour
leur totale allégeance à la doxa pédagogiste. "
*Stratégie
syndicale, encore, pour terminer. Voici un
extrait du du Compte-rendu du BDFN de la FSU du 26 nov
2007 : on s'orienterait
vers une menace de grève fonction publique,
ou
un accord
syndical plus restreint (mais plus efficace ?)
:
"Un accord se dégage autour de la stratégie suivante
: si annonce de négociations proposer aux fédérations
de fonctionnaires de décider d’un préavis de grève
pour début décembre et le lever si les négociations
donnent un résultat positif ; s’il n’y a pas accord
large sur une proposition de ce type, l’avis
majoritaire est de rechercher un appel dans une
configuration plus étroite (FSU, CGT, FO,
Solidaires). "
[MAJ4] Projets de réformes lycées
Comme vous ne le savez pas, les syndicats de l'éducation nationale participent actuellement à des groupes de travail ministériels mis en place par le ministère de l'éducation nationale et portant à la fois sur l'avenir des filières, des examens et du métier d'enseignement.
Suite des annonces
au 20/01/08 : voir ici.
[Les MAJ sont placées en fin d'article]
Il en circule
quelques fuites qui permettent de cerner
clairement les orientations. L'article suivant est la
reprise de certains messages qui circulent sur la
toile et d'informations glanées par le Mammouth.
Les propositions faites par le ministère ne sont pas
totalement inconnues car elles sont issues de la
commission sur l'évolution du métier d'enseignant
présidée par Marcel Pochard, conseiller d'Etat.
Les
annonces officielles sont prévues pour
janvier. Pourquoi donc ? Allez savoir ... Les
contenus semblent donc déjà arrêtés alors que la
commission Pochard lance une consultation auprès des
profs. Un vrai foutage de gueule donc.
Lors de ces réunions le ministère aurait
annoncé entre autres :
- la
suppression des BEP et donc des classes
d'adaptation permettant aux meilleurs élèves
de BEP, de passer par la suite un bac technologique
et par conséquent de poursuivre des études
supérieures. Annonce confirmée
par l'inspection à certains collègues de
lycées professionnels et également confirmée
implicitement par une déclaration de la FCPE du 23/11
qui semble bien informée, elle.
[nota : le BEP étant
un des rares diplômes reconnu par les conventions
collectives, à la différence du Bac Pro, le supprimer
participe à la dérégularisation des emplois les plus
bas, ainsi qu'à l'abolir le salaire minimum. Cavous
surprend ? On en parlait justement là il y a peu . Curieuses coïncidences...]
[Le programme de Math/sciences dans certaines
sections devait changer en 2008. Le gouvernement a
donné ordre aux éditeurs de tout arrêter]
- le
transfert des BTS vers les lycées
professionnels. Il reste à savoir comment on
va financer l'agrandissement des lycées qui ne sont
pas polyvalents. Comme par hasard il apparaît que le
gouvernement a dans les cartons un projet Darcos sur
l'autonomie des lycées qui est la copie conforme du
projet de loi Pécresse. On peut gager que les
financements privés constitueront la solution pour la
voie professionnelle...
- la
mise en place de Bac pro en 3 ans à la place des
BEP avec volonté d'atteindre 50 % des effectifs
en apprentissage. (Annonce faite d'ailleurs ce
jour par le ministre - déclaration de la FCPE comme
quoi elle est d'accord, ici).
- Enfin
la suppression des bacs technologiques STI
(sciences et techniques industrielles) qui
deviendraient une
filière du bac S. [D'ailleurs la réforme des STI
qui devait être engagée est officiellement repoussée
à 2009].
La mise en place de la
réforme semble bien avancée car déjà le
recteur
de Nancy sait comment vont être évalués les futurs
Secondes et Premières STI. Lors d’un CTPA
celui-ci aurait dit que les futurs formations se
feraient sous forme de
modules, ce qui signifierait aussi des
validations par module. (Merci FO
de nous le préciser - voir la déclaration sur la
suppression des BEP).
- le
passage d'une partie du bac technologique ST2S en
contrôle continu en EPS et pour la première
langue vivante; et ce dès la rentrée prochaine.
- Un
tiers des postes seraient supprimés dans
l'enseignement agricole, déjà touché par un
certain malaise depuis la parution de cette note de service là et voir aussi
l'article du Café Pédagogique qui fait le point
sur cette espèce en voie de disparition (c'est celui-là)
- l'organisation du
bac devrait connaître pour des raisons de coût des
bouleversements. En effet le
gouvernement envisage d'envoyer les copies aux
enseignants chez eux et de les faire bosser jusqu'au
16 juillet pour ce qui est des séries
générales.
Et il semblerait que
les fédérations syndicales qui participent à ces
réunions gardent ces infos sous le coude, attendant
janvier et les annonces officielles pour appeler à la
mobilisation. Cela risque d'être trop
tard...
Nous pas. Faites circuler.
[MAJ1 du 24/11, 18 heures]
Réaction du
SNETAA contre le projet Bac Pro 3 ans à cette adresse là.
Le SNES, lui, vient d'adresser ce courrier à Pochard
pour souligner l' absence de transparence des travaux
de sa commission.fr_21-11-07_lettre_pochard
SNES National
[MAJ2 du 26/11, 10 heures]
Motus
syndical
?
Voici les dernières réactions syndicales qu'a reçu la
rédaction. Alors que tout le monde semble bien au
fait des propositions de réforme, curieusement on ne
se bouscule pas pour les dénoncer :
- la
lettre
flash
du
SNES,
qui annonce que peut-être il y aurait une réforme et
qu'ils en saurons plus à la mi décembre :
"Préparation de la rentrée 2008
Une
réforme importante des lycées est en préparation pour
janvier, touchant sans doute les 3 voies
technologique, générale et professionnelle.et ayant
des conséquences sur l'orientation des élèves en
collège. D’ores et déjà les informations remontant
des académies sont très inquiétantes en
particulier avec de très nombreuses fermetures de BEP
et le développement de BAC pro en 3 ans permettant au
passage d’économiser de très nombreux postes.
Nous disposerons d’informations plus précises d’ici
la mi décembre."
Roland
Hubert Claudie Martens Daniel Robin Frédérique Rolet,
co secrétaires généraux du SNES FSU (24/11/2007)
- Une
déclaration de
FO
qui
aurait rencontré le ministère le 9 novembre pour
évoquer la réforme des STI et qui annonce aussi le
calendrier.
FO-STI
Un bon point à
FO,
tout de même qui publie la liste des
sections des Bac Pro touchés par la réforme des 3
ans, avec l'effectif touché par ladite
réforme. Objectif : virer un
prof sur 4.
La lettre
du ministre précise les pourcentage des
effectifs qui devront être concernés par le bac pro 3
ans dès la rentrée 2008 :
Vente
action marchande 50%
Métiers de la comptabilité 50%
Métiers du secrétariat 50%
Métiers de la communication et industries graphiques
50%
Métiers de l’électrotechnique 30%
Métiers de la restauration et de l’hôtellerie 30%
Electronique 30%
Métiers de la productique mécanique informatisée 25%
Maintenance des équipements industriels 20%
Techniques des installations sanitaires et thermiques
15%
Métiers du bois 10%
Maintenance des véhicules
et des matériels 10%
[MAJ3 du 27/11, minuit]
Rattrapage de
glissade du ministre sur le Bac Pro en 3 ans.
Communiqué du ministère, repris par l'AFP :
AFP — "Le
ministre de l'Education Xavier Darcos a défendu lundi
sa réforme du bac professionnel en trois ans au lieu
de quatre, comme une
"valorisation" selon lui de
l'enseignement professionnel, avec en ligne de mire
l'objectif "d'amener
80% d'une génération au bac".
Cette réforme, qu'il avait annoncée à la rentrée et
qu'il a détaillée jeudi, vise à multiplier par 10 à
la rentrée 2008 le nombre d'élèves qui en fin de 3e
choisiront un bac pro en trois ans et à généraliser
ce nouveau cursus à la rentrée 2009.
En réponse aux très nombreuses inquiétudes et
critiques qui se sont succédé depuis de la part de
cinq syndicats enseignants (Sgen-CFDT, SE-Unsa,
Snetaa-EIL, Snalc-CSEN, SNFOLC) et des parents
d'élèves FCPE, le ministère a repris dans un
communiqué les points de la réforme.
"Ce cursus
d'une durée de quatre ans limite aujourd'hui le
nombre d'élèves de la filière professionnelle
susceptible d'atteindre le niveau du
baccalauréat", dans le cadre de
l'objectif des 80% au bac, a-t-il estimé.
Il a rappelé la création de "passerelles
supplémentaires" pour poursuivre après un CAP ou au
contraire rejoindre un CAP et a certifié que "le BEP
sera rénové", sans préciser sur quel support, mais en
assurant que celui-ci permettrait "une insertion
professionnelle".
Enfin, la généralisation du bac pro en 3 ans
"conduira à la
création de filières bac pro dans des établissements
qui n'en ont pas pour l'instant", selon le ministère."
Bref,
on ne sait pas ce que l'on gagne, il faut croire...
Ne nous prendrait-on pas pour, comment dire, des
imbéciles ?
[MAJ4 du 27/11, 19 heures]
Début de
mobilisation ?
Voici un extrait
d'une dépêche de l'AFP qui en témoigne.
Mobilisation des élèves pour l'instant.
A Villeneuve-sur-Lot, élèves et profs "bac pro"
inquiets pour l'avenir
"Si les
élèves n'ont pas le bac pro en trois ans, que
vont-ils devenir?" Réunis mardi en AG, enseignants et
élèves d'un lycée de Villeneuve-sur-Lot
tentent de se
mobiliser contre la réforme du baccalauréat
professionnel en 3 ans au lieu de 4.
"Avec la réforme du bac pro qui va passer de quatre à
trois ans, on ne se pose pas la question du devenir
des élèves. S'ils échouent au bac pro, que va-t-il
leur rester, puisqu'il n'y aura plus de BEP ?",
s'énerve Bernard Baugier, prof d'électrotechnique au
lycée Couffignal, un établissement de 400 élèves
consacré aux métiers de l'habitat.
"Aujourd'hui, même si un élève n'est pas capable
d'aller en bac pro, au moins il a son BEP en poche",
insiste M. Baugier.
Son collègue Francis Foulou, prof de génie civil,
déplore pour sa part l'abrogation "d'une filière en
France sans que personne ne soit consultée, d'autant
qu'un rapport de l'inspecteur général de l'Education
nationale a jugé l'expérimentation du bac pro en
trois ans peu concluante".
Florence, élève de troisième, renchérit: "je suis
contre la suppression des BEP parce que c'est le seul
diplôme que je peux avoir. Le bac pro, ce n'est pas
possible pour moi, je ne suis pas assez forte",
dit-elle d'une petite voix.
"Ils ne pensent pas à la destruction de l'éducation",
lâche cette jeune fille de 15 ans, qui rêvait d'être
architecte mais optera plutôt pour un BEP peinture en
finition.
"Ici, on est tous contre la réforme. Mais comment
faire passer le message auprès de tous les élèves,
même ceux qui sont en lycée général ?", s'inquiète
une lycéenne en baskets, foulard noué autour du cou.
Une
enseignante se lève: "le blocage est une
action lourde. Il faut du monde... Envoyez des
messages, vous qui passez votre temps sur MSN!"
Puis les débats se concentrent sur la participation à
une manifestation jeudi à Agen.
Manipulation du discours
1/ Tout d'abord le dénoncer :
*Pour cela commencez par aller voir la page spéciale du Mammouth Déchaîné, à ne pas manquer : un Copé d'honneur vient d'être décerné par la rédaction, au premier tour de vote, à l'unanimité. Devinez à qui.
Vous aurez accès à la
réponse sur la page de Une du Mammouth (à droite du
titre).
http://www.le-mammouth-dechaine.fr
2/ Ensuite le dénoncer :
* Voici encore un
sociologue qui s'y colle et qui est clair :
« En matière scolaire,
l'apocalypse est à
la mode et le saignant fait la une. Qu'on se hasarde à faire état
d'une initiative où des élèves, contre toute attente,
témoignent de leur capacité de réflexion et de
création... et l'on est considéré comme un pauvre
attardé qui s'attendrit sur des bluettes de
patronage. Qu'en revanche, on décrive l'École comme
un chaos livré à de petits tyrans vindicatifs et
machistes – d'origine étrangère de préférence - où
règnent l'ignorance et la barbarie... et l'on est
considéré comme un intellectuel lucide qui ose
regarder la réalité en face »
C'est l'objet de la
publication de G. DE, VECCHI,
Ecole : Sens commun... ou bon sens ? Manipulations,
réalité et avenir. Delagrave, 2007, 352
pages, 18,5 €.
4e de couverture :
Sous le
prétexte que tout le monde est allé à l’Ecole, chacun
pense s’y connaître, savoir ce que l’on doit
y faire. Mais qu’y a-t-il de vrai dans toutes ces
croyances ? (...) Cet ouvrage fait le point sur tous
ces sujets et propose une analyse argumentée de tous
les problèmes que pose aujourd’hui
l’éducation. Il montre
comment on manipule les parents… mais aussi les
enseignants. Il analyse comment va
véritablement l’Ecole aujourd’hui,
ce qu’il en est exactement du niveau des
élèves (...). Il fait le point
sur les résultats et la valeur des méthodes
traditionnelles. Il montre ce qu’il y
a derrière cette « pédagogie » moderne
que beaucoup
voudraient voir bannir. Et il avance un grand nombre
de propositions sur ce que pourrait, ce que devrait
être l’Ecole de demain.
Pourvu
que ces dernières relèvent aussi du bon sens ...
3/
Enfin, le dénoncer (encore) :
En essayant de réflechir à ce que veulent dire les
sondages (ou à ce qu'on veut leur faire dire),
ce que ne font pas franchement les journalistes. Par
exemple, voyez comment l'AFP
de ce jour détourne dans son titre un sondage
demandé par le SNIUPP.
AFP — 54% des jeunes instits contre l'idée de
"recentrer l'enseignement sur les fondamentaux"
(sondage)
[ou :
sont-ils vraiment tous cons ces enseignants ?
]
Un peu plus de la moitié
(54%) des professeurs des écoles débutants sont en
désaccord avec l'idée de "recentrer l'enseignement au
primaire sur les fondamentaux, lire, écrire,
compter", selon un sondage du CSA pour le SNUIpp-FSU
(majoritaire au primaire) publié jeudi.
A la question
"certains
estiment que pour lutter contre l'échec scolaire, il
faut recentrer davantage l'enseignement au primaire
sur les fondamentaux, lire, écrire, compter, quitte à
délaisser certaines matières", 54% répondent qu'ils ne
sont "pas d'accord", contre 46% qui se disent
"d'accord".
[mais plus
loin on lit :]
Selon le sondage,
les
facteurs qui expliquent le mieux l'échec scolaire
sont "les effectifs trop importants par classe
(73% des
sondés), puis "la situation sociale des familles"
(61%).
Les "différences de niveaux au sein de la classe"
sont "les problèmes les plus importants auxquels ils
sont confrontés".
Pour 75%
d'entre-eux, "baisser le nombre d'élèves" par classes
est l'"accent à mettre en priorité en maternelle et
élémentaire dans les prochaines
années."
Par ailleurs, 82% des professeurs des écoles
débutants ont le sentiment d'exercer un métier
"plutôt dévalorisé" (contre 59% lors d'une enquête de
2001).
84% des professeurs des écoles estiment que
l'objectif de la réussite de tous les élèves peut
être atteint "dans une école transformée".
Les choses qui satisfont le plus ces enseignants,
sont "la réussite des élèves" (69%) puis "le fait de
transmettre des connaissances" (55%).
Donc
finalement les 54 % du titre ne veulent pas dire ce
que dit le titre : ils disent juste qu'avant de se
préoccuper des apprentissages, les professeurs des
écoles pensent qu'il faudraient mieux que le classes
soient moins chargées. Ce qui est tout autre chose...
et qui à vrai dire n'est pas très
original.
Code du travail
C'est la casse du
code du travail
C'est le résultat et la
référence à un travail d'un
ancien
inspecteur du travail, Richard
Abauzit, qui a mis à profit le temps libre de
la retraite pour analyser en détail les incroyables
« réformes » mises en œuvre par nos
« représentants » qui, manifestement,
ne
défendent plus du tout l’intérêt général mais autre
chose.
Il s'agit d'un travail
de 45 pages (ne me maudissez pas) qui est disponible ici.
Un résumé de 8 pages (bénissez-moi) est ici.
En gros :
L’ordonnance du 12
mars 2007 [réformant le code du travail] est
sortie dans un silence médiatique d’autant plus
impressionnant que l’on était en campagne électorale.
Pourtant, 964 pages format A4, des milliers
d’articles réécrits, recodifiés et ...sans table de
correspondance pour pouvoir faire la comparaison ....
auraient
dû pousser les organisations syndicales -
qui
pourtant ont participé aux séances de
relecture (même si – et d’autant plus que-
leur avis n’a pas été pris en compte) - à crier au feu, à
faire et à faire faire l’analyse...qui est la
suivante :
1/ la réécriture ne s’est
pas faite à droit constant, certaines
dispositions disparaissant, d’autres apparaissant,
d’autres enfin se voient modifiées notamment par le
changement de compétences.
2/ la technique générale consiste à transférer le droit
du travail du législatif (parlement) au
réglementaire (gouvernement) ce qui assure la
rapidité, l’opacité et donc l’efficacité de toutes
les régressions. Les règlements et décrets doivent
paraître d’ici le 1er mars 2008 au plus tard.
3/ la dépénalisation des
infractions patronales au droit du travail s’y
fait notamment par la suppression presque
systématique des peines de récidive !
4/ la résultante, ce sont des
régressions : toujours plus de
liberté d’exploiter pour les employeurs,
toujours moins de droits
individuels et collectifs pour les salariés et
des promesses, déjà perceptibles, de régression
Il explique avec une démonstration s'appuyant sur les
textes de loi comment vont se faire les opérations
suivantes :
I / SUPPRIMER LE STATUT
DE SALARIÉ
II / DIVISER LES TRAVAILLEURS EN DIVISANT LES DROITS
III / DES CONTRATS DE TRAVAIL PLUS PRÉCAIRES
IV / DES CONDITIONS DE TRAVAIL PLUS DURES
V / DISSOLUTION DE LA LOI
VI / DISSOLUTION DES JUGES
VII / DISSOLUTION DE LA DÉFENSE COLLECTIVE DES
TRAVAILLEURS
Tiens, tiens ! Et voilà qu'aujourd'hui
Parisot
propose de supprimer la durée légale du
travail (Reuter, repris par Le Monde ici)
Pour
Laurence Parisot "les deux axes principaux à
travailler" sont de baisser les prélèvements
obligatoires sur les entreprises et de remettre sur
la table la question de durée légale du travail pour
aller vers une durée du travail négociée branche par
branche."Les heures supplémentaires, le dispositif
(d'exonération de charges sociales) mis en place par
la loi TEPA va dans le bon sens mais a-t-il assez de
force, assez d'intensité pour qu'il y ait des effets
significatifs et rapides. Je ne suis pas certaine", a
déclaré Laurence Parisot."Si j'additionne les
assouplissements antérieurs plus cet assouplissement,
on arrive à de telles usines à gaz que c'est
rébarbatif", a-t-elle dit."C'est là que je me demande
s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la
question de la suppression de la durée légale du
travail"
Ceci
dit, si elle ne le demande pas sous un gouvernement
de droite, elle ne le demandera
jamais...
* Vous vous croyez
épargnés parce que vous êtes
profs dans le public ? Pas certain. Voyez
plutôt ce que l'on demande
aux profs d'EPS de faire pour les "orphelins
de 16 heures" :
Accompagnement
éducatif :
La
circulaire n° 2007-115 du BO du 19/07/2007
donne le
cadre du dispositif qui est destiné à favoriser la
réussite de tous
[et à nous faire travailler après 17 heures au lieu
de partir en courant].
[….] Avec
l’aide aux devoirs et aux leçons et la pratique
artistique et culturelle, la pratique sportive sera
au cœur même de ce dispositif. Aussi, pour répondre à
ce dispositif,
il nous semble opportun que chaque équipe pédagogique
d’EPS engage dès maintenant une réflexion sur la
modalité de mise en œuvre…
[d'un inspecteur :
"Et je ne
comprendrais pas que vous fassiez la politique de la
chaise vide !"]
Trace écrite de l’enseignement dispensé :
L’intérêt
de cette trace n’échappera à personne :
informer la communauté éducative de la réalité de
l’enseignement en EPS [parce que l'on
risquerait d'en douter ?], support
de jugement en cas d’accident, exigence
institutionnelle.
Coordination
:
Le
coordonnateur EPS joue un
rôle fondamental localement. Il est un animateur
pédagogique, un moteur de la réflexion didactique et
un
collaborateur administratif du chef
d’établissement.
[Collabo
: c'est une catégorie officiellement reconnue
maintenant]
Merci Luc
Une question à
l'Assemblée nationale a justement été posée sur ce point.
Vous pouvez admirer la réponse du ministère,
c'est ici.
*Confusion des
genres et code éthique à
revoir : selon le sondeur
Opionway, les Français soutiennent à 66 % le
gouvernement. Rappellons que Opionway est
l'organisme qui a reçu la charge du gouvernement de
faire les études d'opinion sur le bien être des
profs et qui doit servir à la commission
Pochard (dont nous parlions avant hier, ici).
* Enfin,
Guy Môquet appelle à la grève reconductible !
On parle du collège (92) cette fois : un collège de
résistants il faut croire. Bravo ! Cela a le mérite
de bouger un peu les représentations syndicales.
Motion pour
la grève reconductible du collège Guy Môquet de
Gennevilliers (92)
La réunion intersyndicale (avec des syndicalistes de
CNT, SUD et SNES notamment) du collège Guy Môquet,
Gennevilliers (92) réunie le 19 novembre 2007,
- considère que les convergences actuelles des
mobilisations peuvent enfin permettre de stopper la
politique de Sarkozy, en cours ou annoncée, la casse
et la privatisation de la protection sociale et des
services publics (à commencer par l’éducation
nationale asphyxiée par les milliers de suppressions
de postes), la fin des statuts et de la fonction
publique, l’atteinte aux libertés fondamentales et la
répression des mouvements sociaux...
- se prononce pour la reconduction de la grève dès le
21 novembre, pour que la grève du 20 appelée par
l’ensemble des fédérations de l’Education Nationale
et de la Fonction Publique ne soit pas un succès sans
lendemain. Même si le Pouvoir apparaît moins sûr de
lui, pour espérer gagner sur le budget, l’emploi, les
salaires et les retraites, il faut se donner les
moyens d’un mouvement fort et durable, en synergie
avec les autres fonctionnaires, avec les étudiants,
de plus en plus nombreux contre la loi LRU, avec les
travailleurs des entreprises publiques, de l’Opéra,
avec les avocats...
La réunion intersyndicale du collège Guy Môquet,
Gennevilliers (92) mandate 2 délégués pour défendre
cette position à l’assemblée générale régionale qui
suivra la manifestation (18 h Bourse du travail de
République), aussi à l’AG 92 nord, qui se réunira
mardi 20 novembre de 10h à 11h à l’école Joliot
Curie, à Gennevilliers.
Si suffisamment d’établissements appellent à la
reconduction de la grève, les personnels se réuniront
le mercredi 21 au matin pour mettre en œuvre cette
reconduction. Nous tentons de contacter les parents
d’élèves, les établissements proches du collège,
ainsi que les travailleurs et les jeunes actuellement
mobilisés sur la ville.
L’intersyndicale du collège Guy Môquet (92) demande
aux syndicats d’appeler, dans l’unité la plus large
possible, à la reconduction de la grève dès le 21
novembre.
Retours de manif
*
Ensuite qui pourrait nous confirmer cette info
trouvée sur le site de la CNT et relayée par
IndymediaGrenoble.
Le
gouvernement remplace des grévistes pour casser la
grève dans l’Education Nationale. Le service
minimum mis en place dès le 20 novembre ?!
Le
ministre de l’Education Nationale a écrit une lettre
aux recteurs les enjoignant de faire en sorte que les
élèves soient pris en charge un jour de grève des
enseignant-e-s. Il leur demande de prévoir
l’accueil des élèves en lien avec les collectivités
territioriales. Cela s’appelle payer des
travailleurs-euses pour briser une grève.C’est une
première dans l’Education Nationale. Devedjian, à Antony
(92), a ainsi prévu que les centres municipaux de
loisir s’occuperaient des élèves des enseignant-e-s
grévistes ! Le service minimum ne devait être
« discuté » qu’à partir de janvier prochain mais le
ministre le souhaite effectif dès ce 20 novembre !
Cela
manque un peu de précision et de faits exacts...
dommage.
* Puis
cette déclaration de la PEEP, qui n'étonnera
personne :
Les parents de la Peep indignés par la grève des
enseignants mardi
La
Peep, deuxième fédération de parents d'élèves,
s'est
élevée lundi contre le mouvement de grève
mardi chez
les enseignants, dans le cadre d'un mot d'ordre dans
la fonction publique.
"Les
revendications affichées sont loin des intérêts
directs des élèves et de leur
réussite. Une fois encore les
enseignants grévistes vont imposer aux écoliers,
collégiens et lycéens une journée sans classe", a
déclaré la fédération dans un communiqué.
"Ce n'est
pas avec des messages tronqués que le monde
enseignant sensibilisera utilement les parents à la
difficulté de leur métier", dit la Peep.
Evoquant des
professeurs "désertant" les écoles, elle a ajouté qu'ils ne
contribuaient pas ainsi à "la valorisation de leur
fonction".
La Peep a
enfin ironisé sur la demande du
ministre de l'Education Xavier Darcos aux recteurs
d'"aider les parents dans l'organisation de cette
journée", la jugeant "louable" mais "qui confine
l'école à un simple rôle de garderie".
* Enfin,
"Quand j'entends
siffler le train..." de la CFDT et bien
je le prends. Aller simple même pour son patron.
Fonctionnaires: Chérèque (CFDT), chahuté, quitte en
courant la manifestation
Le
secrétaire général de la CFDT, François Chérèque,
cible de huées mardi dans la manifestation parisienne
des fonctionnaires, est parti en courant de la
manifestation, protégé
par son service d'ordre, a constaté un
journaliste de l'AFP.
Après une heure environ dans la manifestation, et
alors que son homologue de la CGT, Bernard Thibault,
avait déjà quitté, dans le calme, le cortège,
François
Chérèque est parti en courant avec une
escorte.
Les quolibets et les sifflets émanant de quelques
dizaines de personnes, ininterrompus le temps de son
trajet dans la manifestation, ont redoublé au moment
de son départ.
Certains de ces manifestants ont tenté de le suivre,
mais il s'est engouffré rapidement dans une voiture,
qui a filé.
Préparons la grève ...
La Voici :
AFP— Les salaires des fonctionnaires constituent l'une des principales sources de grogne des syndicats, qui demandent des négociations sur le point d'indice, base de calcul des rémunérations, afin d'améliorer leur pouvoir d'achat.
- En 2004, le salaire moyen net mensuel (primes comprises) était de 2.108 euros dans la fonction publique d'Etat (FPE) et 1.578 euros dans la fonction publique territoriale (FPT), contre 1.849 euros dans le secteur privé. Dans la fonction publique hospitalière (FPH), il était de 1.909 euros en 2003, médecins inclus (pas de données disponibles pour 2004).
- La rémunération indiciaire de base constitue l'essentiel du salaire d'un fonctionnaire: elle s'obtient en multipliant l'indice de l'agent (calculé selon son grade et son échelon) par la valeur du point d'indice fonction publique.
La valeur du point d'indice est actuellement de 54,41 euros brut par an.
Une augmentation de 1% du point d'indice représente plus de 1,5 milliard d'euros de budget pour couvrir les trois fonctions publiques, dont 800 millions pour la seule fonction publique d'Etat.
2 100 € c'est sûr c'est plus que les autres. Rien dans le texte ne vient expliquer les raisons structurelles de cette situation, ce qui est quand même fort dommage. Pourtant elles sont simples les raisons (peu d'ouvriers dans la fonction publique, peu de temps partiels imposés, pyramide des âges...).
Bref, l'intoxication au service des journaux.
* Ensuite essayer de réfléchir et y voir clair. Là n'ont plus c'est pas simple. Cette vidéo apportera peut-être des éléments de réflexion. Il y a beaucoup de choses dans le discours qui suit. Cela ne concerne pas que l'E.N., loin de là. C'est toute une vision de la société que développe Loïc Wacquant, sociologue. Et c'est pas celle qu'on voit sur TFI et France 2.
Wacquant
envoyé par jeanbeatles
* Plus spécifiquement E.N., cette fois, les contributions de N. Mons, dont on a déjà parlé. Extraits :
"L’étude montre que ni le libre choix dans le réseau public, ni le développement du secteur privé ne sont associés à une amélioration du niveau général des élèves. Ce résultat met en défaut les théories néo-libérales qui affirment que le libre choix permet une émulation entre les établissements et donc une stimulation des équipes pédagogiques, ce qui au final se traduirait par de meilleurs apprentissages des élèves. Les choses ne sont pas aussi simples".
"En France, les enseignants et parents pensent que les résultats seraient meilleurs dans un système qui présenterait des classes voire des filières scolairement plus homogènes. Or, c’est le contraire. Il y a désormais un quasi-consensus sur le sujet dans la recherche, et mon étude va dans ce sens. Ce sont les systèmes qui, dans l’enseignement obligatoire, mixent le plus possible les élèves de niveaux scolaires et de conditions sociales différents qui sont les plus efficaces".
"Au milieu du gué, confrontée à la persistance d'un échec scolaire prégnant qui la singularise désormais par rapport à la majorité des pays de l'OCDE", écrit-elle, "la France ne peut demeurer dans ce statut quo de façade... Face aux deux modèles d'avenir qui se dessinent - l'école de la « différenciation intégrée » ou l'école de la « différenciation désarticulée » -, le pays devra choisir".
Un entretien à lire sur le site du Café pédagogique.
*Les solutions pour s'en sortir ? On nous reparle autonomie des établissements et décentralisation. Cette fois c'est la région Ile de France qui s'en charge en signant une convention pour copiloter le système éducatif. Ca vous étonne ? Le Mammouth vous le disait déjà il y a au moins 5 ans.
Convention entre le Ministère de l’Education Nationale et le Conseil Régional d’Ile-de-France concernant l’échange d’informations nécessaires au pilotage du système éducatif (C'est là)
On y apprend que la région :
- participera activement à la construction d'indicateurs de pilotage partagés ;
- accédera aux bases de données de l'E.N. [souvenez-vous du fameux fichier base-élèves] elle ne les vendra [l'E.N. sait faire ça toute seule, cf. le bac] ou ne les utilisera dans le but de faire de la gestion individuelle. Jamais, craché, juré.
Tout cela si c'est pas pour développer une politique particulière et remettre en question la portée nationale de l'Éducation, c'est pour quoi alors ?
Pochardisation de l'école
Enfin, des questions à la con (à réponses prédéfinies) assez extraordinaires :
- Qu'est-ce qui vous soucie en ce moment ? [des hémorroïdes diront certains, mais y a pas la case]
- Quelles sont vos sources de joie ? [là, dans la liste : mes revenus ; la situation politique en France ; vivre à Paris / en province]
- Quel prestige pour certaines professions ?
- Questions sur le prestige des profs, comment se considèrent les profs par rapport aux cadres du privé .
- Questions plus professionnelles sur la charge de travail, les relations avec les parents, le stress.
- Des questions à choix multiples pour les quelles tous les choix peuvent être bons (sans que l'on puisse y répondre). du genre :
Ou encore :

Puis des salves du même tonneau sur l'inspection (je ne vois pas comment elle peut s'en sortir), le travail en équipe, puis on trouve ça :
Puis questions sur la vocation, avant que vienne cela :
Séries sur l'enseignement en ZEP et le mouvement de mut.
Puis une des dernières questions (avant que l'on vous demande ce que fait votre conjoint) :

On sent que derrière tout cela il y a de l'analyse fine...
le vrai test n'étant accessible avec un
login
personnel
il m'est impossible de vous en donner l'adresse. Mais
c'est pas une farce.
* Ce délégué
syndical là est-il du Sgen-CFDT ? Je ne crois
pas...
(Derniers en grève, premiers au boulot)
Je
sais cela a déjà été publié ici, mais on ne s'en
lasse pas.
Le Délégué Syndical
envoyé par PeteRock
* Martine, encore. Cette fois Bruno est très créateur. Mais c'est sans doute la dernière fois car il apparaît (sur le site du générateur de Martine) que, sur la demande de Casterman, ils ferment.

Serviteurs volontaires
Extrait :
«La
mobilisation syndicale se heurte à la volonté très
claire du gouvernement de créer un système plus
équitable de retraites, c’était dans le programme de
Nicolas Sarkozy, il a été élu en partie pour
ça.»
Non, ce n’est pas du François Fillon, ni même du
Xavier Bertrand, mais du Jean-Pierre Pernaut,
ministre du 13 heures de TF1.
@rrêt
sur Images enfonce le clou
et publie un papier sur
le sujet avec les extraits des journaux de TF1 qui
fait de la pub pour une association bien précise.
* Sinon, ça vous étonne ? Moi pas.
AFP —
Adoption des crédits de l'enseignement supérieur,
coup de pouce au privé
L'Assemblée a adopté
vendredi en fin d'après-midi les crédits alloués à la
Recherche et à l'Enseignement supérieur en 2008, la
droite ayant décidé d'accorder un coup de
pouce de 5 millions d'euros aux établissements
privés.
La gauche a voté contre un budget "dramatiquement
insuffisant", l'UMP et le Nouveau Centre pour.
Alors qu'Eric Woerth (Budget) s'y est fermement
opposé au nom du gouvernement, la majorité a adopté
un amendement de plusieurs députés UMP - dont
l'ancien ministre Laurent Hénart - qui augmente les
crédits aux établissements d'enseignement privé de 5
millions d'euros, prélevés
sur la dotation à la recherche
industrielle.
Et, comme c'est étrange, que fait Darcos ce
lundi ? Il inaugure la
semaine école entreprise avec Parisot. C'est
sur le site du MEDEF.
"Devant
plus de 1 200 élèves de 3e,
Laurence Parisot, présidente du MEDEF et Xavier
Darcos, ministre de l’Education
nationale,
lanceront officiellement la 8e
édition de
la Semaine Ecole-Entreprise à Carcassonne lundi 19
novembre 2007."
*Enfin, pour
la grève
du 20, une déclaration de la FCPE :
Communiqué de la FCPE - 16/11/2007
La FCPE appelle les parents d’élèves à manifester le
20 novembre 2007
La
FCPE s’associe aux enseignants, aux lycéens et aux
étudiants contre la politique gouvernementale qui va
à l'encontre de la réussite de tous les jeunes. Elle
appelle les parents d’élèves à se joindre aux
manifestations organisées le 20 novembre pour la
défense du service public d’éducation et demander un
nouveau budget pour l’Education nationale.
La suppression de 11200 postes à la rentrée de 2008,
s’ajoutant aux milliers de suppressions de ces
dernières années, aura pour conséquence d'accentuer
encore la dégradation du service public
d'éducation.
La dégradation des conditions d'encadrement et
d'enseignement aura des répercussions dramatiques
pour ceux qui sont les plus fragiles, accroissant les
difficultés scolaires et les inégalités. Avec une
offre de formation réduite, la réussite de tous les
élèves est compromise.
La volonté
du gouvernement de faire des économies à tout prix
traduit un désengagement de l'État et par conséquent
un réel manque d’ambition pour les jeunes.
Le risque est
grand de voir les officines privées prendre de plus
en plus la place du service public d'éducation.
De cela, nous ne voulons pas ! Nous réaffirmons le
principe d'égalité d'accès au savoir sur tout le
territoire.
L'art du discours...
AFP — Xavier Darcos (Education nationale) a défendu jeudi devant les députés la décision du gouvernement de supprimer 11.200 postes au sein de son ministère en 2008, qualifiant celle-ci de "choix résolu et courageux" pour contribuer à "la maîtrise de la dépense publique". (...)
"En 2008, 22.700 fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés. La moitié d'entre eux seront issus de l'Education nationale, avec 11.200 non remplacements", a dit M. Darcos. "Le ministère dont j'ai la charge fait le choix résolu et courageux d'un schéma d'emploi maîtrisé sans pour autant renoncer à ses ambitions et même en améliorant les conditions de travail et de vie des élèves et de leurs enseignants", a-t-il affirmé.
M. Darcos a également défendu "l'assouplissement de la carte scolaire", annonçant que "77% des demandes ont été satisfaites à l'entrée de la sixième, et 67% à l'entrée de la seconde".
S'agissant de l'accueil des élèves handicapés, il a indiqué avoir "engagé le recrutement rapide de 2.700 auxiliaires de vie scolaire" (AVS), et que le financement correspondant (15 millions) devait être soumis au vote des députés par voie d'amendement.
Pour la suppression des cours du samedi matin, décriée par l'opposition, M. Darcos a assuré que son objectif était de permettre aux enseignants de "donner plus de leur temps à ceux qui en ont le plus besoin".
Les deux groupes de l'opposition (SRC-PS et GDR-PCF) ont déjà annoncé qu'ils voteraient contre ces crédits.
* Les universitaires s'y mettent ? Pas ceux de Jean-Robert, non non. A Toulouse. Un peu, pas trop, faudrait pas non plus trop provoquer...
AFP- Enseignants et personnels de Toulouse III votent la grève
Les enseignants et personnels non enseignants de l'université Paul Sabatier-Toulouse III ont voté vendredi à la quasi-unanimité la grève en assemblée générale pour protester contre la loi Pécresse, a-t-on appris auprès d'André Mayet, responsable CGT.
Quelque 110 personnes se sont prononcées pour cette grève, reconductible lors d'une prochaine assemblée générale lundi, et ont voté une plate-forme de revendications identiques à celle des personnels de l'université de Toulouse II-Le Mirail, en grève depuis mardi.
Les enseignants et le personnel Biatoss (bibliothécaires, ingénieurs administratifs, techniciens, ouvriers de service et de santé) ont également décidé de participer à la manifestation nationale prévue mardi.
Certains ont rejoint vendredi après-midi une trentaine d'étudiants des comités de lutte des trois universités et des personnels du Mirail devant la préfecture, où une délégation a été reçue.
* Encore Martine, de la part d'El Bruto :

Grandes idées
"Il faut beaucoup de travail
pour faire un homme libre"
Cela me donne des
aphtes mais force est de reconnaître qu'il y
en a qu'un qui dit des choses
intéressantes c'est Darcos (c'est lui l'auteur
de la citation). On le trouverait même fort
sympathique si ignorait qu'il est en train de
dézinguer l'EN pour raison financière. Onfray en est
ridicule, et Attali avec son "la société rend l'école
illégitime" est à la pointe de la recherche
intellectuelle. Où ils sont les
intellectuels de gauche ?
(Attention,
temps affiché 17 minutes, mais seule la première
partie concerne le débat sur l'E.N. Après Onfray et
Attali se mettent gentiment sur la figure et
franchement on s'en fiche).
On le trouverait même fort sympathique si on ignorait qu'il est en train de dézinguer l'EN pour raison financière et on ne le coinçait pas régulièrement en train de dire (aussi) des bétises. Du genre,Chez Ockrent le 11/11 :
" Si un enseignant qui gagne 2000 euros par mois fait deux heures supplémentaires par mois, son revenu mensuel progresse à 2 300 euros. Avec la défiscalisation des heures supplémentaires, il paiera 300 euros d’impôts en moins. Au total, il gagnera donc 2 600 euros par mois." Etrange calcul.
Là ni A. Finkielkraut, et Ph. Meirieu n'ont réagi. Ici cette fois c'est Onfray qui est ridicule, et Attali avec son "la société rend l'école illégitime" est à la pointe de la recherche intellectuelle. Où ils sont les intellectuels de gauche ?
* On vous le disait que
c'est
social
et culturel, la réussite
scolaire. Et bien voilà une étude de
l'INSEE sur les familles nombreuses qui fait
le point et montre que plus on est nombreux moins le
niveau scolaire est élevé. C'est dans le portrait
social de la France qui vient de paraître.
On peut écouter un des auteurs sur le site de France info.
La destinée sociale
varie avec le nombre de frères et sœurs
En général, on occupe une
position sociale d’autant moins favorable qu’on a
plus de frères et soeurs. Ces différences de destinée
sociale pourraient s’expliquer par un nombre de
frères et soeurs plus élevé dans les milieux
modestes. Cependant, à origine sociale donnée, les
différences de destinée sociale restent liées à la
taille de la famille d’origine. Cette relation
ancienne est persistante. Elle est plus visible pour
les femmes et pour les enfants d’ouvriers et
d’employés. Les différences de destinée
socioprofessionnelle découlent en grande partie de
celles des diplômes obtenus. Elles s’expliquent par
une répartition inégale des ressources familiales,
mais aussi par d’autres facteurs tels que les styles
éducatifs. Un effet propre et défavorable de la
taille de la famille, qui serait indépendant des
caractéristiques sociales auxquelles elle est liée,
peut être mis en évidence à partir d’un nombre de
frères et soeurs assez élevé (quatre ou plus). Dans
les familles de taille petite ou moyenne, le nombre
de frères et soeurs ne semble en revanche pas avoir
par lui-même d’influence négative sur la destinée
sociale.
*Sinon, le
cahier
des charges de la réforme du primaire a été
publié. Il est là. En résumé il faut :
-
diviser par deux le nombre des redoublements ;
- renforcer des fondamentaux et
prioritairement du français ;
-
piloter par l'évaluation. Deux
évaluations nationales seront imposées au milieu de
l'année en CE1 et CM2 ;
- multiplier les
travaux en petits groupes, pour les
élèves en difficultés ;
-
évaluer autrement les professeurs des écoles
;
* Enfin,
Martine (encore), un petit envoi de Le
CorBBeau :

lutte
* Pour fêter cela, un grand moment du Claude Allègre (le retour). Vidéo extraite de son audition par la commission pour la revalorisation du métier d'enseignant (Pochard-Rocard).
C'est limite haineux malgré une déclaration d'amour au prof de ZEP. Une haine du prof de musique. Un racisme latent. D'une hésitation rare. Du grand Claude.
C'est sûr ils sont bien avancés à la comission pochard.
Allègre contre les profs de musique ?
envoyé par nikkojazz
* Ensuite petit rappel : pour suivre l'actualité des luttes estudiantines, inutile d'aller sur le site de Paris IV (de notre ami Jean-Robert, souvenez-vous) mais plutôt consultez les sites suivants :
celui de la CNT, ou Celui sur Tuuut.com,
Un point a été fait par l'AFP mardi matin :
Plus de
27.000 personnes ont participé mardi à 39 assemblées
générales dans les universités,
dont 16 étaient bloquées, au moins partiellement,
selon un nouveau comptage établi peu après 18H00 par
les bureaux de l'AFP et des sources étudiantes.
Lundi, on comptait 17.000 participants aux AG et 13
universités bloquées.
Selon ce nouveau comptage, plus de 27.000 personnes,
entre 250 (Nice) et 2.500 (Bordeaux III), se sont
rendus à 39 assemblées générales, entraînant le vote
d'un blocage dans au moins cinq nouveaux sites
universitaires : Metz, Brest, Amiens, Paris VIII et
Bordeaux III.
Un précédent comptage mardi effectué avant 18H00,
faisait état de 22.000 personnes en AG et de 15 facs
bloquées.
En tout, 16
universités sur 85 étaient bloquées
mardi,
pour tout ou partie : outre les cinq déjà citées,
Lille I et Lille III, Toulouse II-le Mirail,
Montpellier III, Caen, Nantes, Tours, Pau, Limoges,
Paris I-Tolbiac, Lyon II.
Quatre autres doivent être bloquées mercredi (Rennes
I, Toulouse III, Angers, et Besançon) ce qui portera
à vingt le nombre des facs bloquées.
Et c'est certainement pourquoi Fillon à déclaré hier
soir (sur TF1) :
François
Fillon a jugé mardi soir "pas
fondées" les revendications des étudiants en
grève,
soulignant que la loi
d'autonomie des universités ne comprend pas les
éléments dénoncés par les
grévistes.
S'agissant des étudiants "extrêmement
minoritaires" qui manifestent, "je vois surtout que
leurs revendications ne sont pas fondées", a déclaré
le Premier ministre sur TF1.
Mercredi : 33 établissements universitaires touchés
par la grève.
* Le
secrétaire du SNESUP dans Libé explique
clairement les choses, remet un peu d'ordre
dans le déroulement des non négociations avec le
gouvernement et tance un peu les journaux pour
leur communication partisane.
Convergences libérales
* Prenons tout d'abord cette boite privée qui fait de l'éducation son marché : une véritable assurance scolaire !
(Il paraît que les parisiens en ont plein les yeux en ce moment)
KeepSchool invente la Garantie de
Progrès
KeepSchool
présente
"la garantie de progrès". Lancée le 25 octobre
2007, cette nouvelle offre
assure un meilleur bulletin scolaire au troisième
trimestre pour chaque élève ayant
souscrit des heures chez
KeepSchool.
Si à la réception du
bulletin scolaire du troisième trimestre en juin
prochain, les parents ne constatent aucune
progression chez l’enfant dans la matière étudiée
avec l’enseignant dédié,
KeepSchool s'engage à rembourser tout ou partie des
heures souscrites* !
Pour
bien cerner l'ambition de ladite entreprise
voyez plutôt l'entretien donné par son patron (N.V. :
Nicolas Vauvillier) :
N.V : « Aujourd’hui
beaucoup de mesures sont annoncées et prises par la
Ministère de l’Education Nationale. Réduction
d’effectifs, soutien scolaire pour les orphelins de
16H et suppression de l’école le samedi matin.
Beaucoup de changements s’opèrent depuis la rentrée
2007. »
Cela
empiète t’il sur votre
marché ?
N.V :
« Pour
KeepSchool, ces réformes ne sont pas une menace car
ces nouveautés ministérielles ne touchent que les
collégiens, alors que nos cibles principales
sont les collégiens en fin de cycle et les
lycéens.
Si les
parents font appel à nous, c’est parce que leurs
enfants sont en conflit avec les membres de
l’Education Nationale. Il y a une rupture et
ils attendent de nous une autre
vision de l’enseignement. »
Si
vous deviez dresser un bilan de ces dernières années
concernant le secteur du soutien
scolaire ?
N.V :
« On
peut dire que depuis 2000, le secteur s’est très
fortement développé puisque le CA des
organismes, tels que KeepSchool, a triplé.
On constate
une très forte professionnalisation. KeepSchool
entame une
démarche de certification qualité telles que ISO
9001.
Il y a une volonté de se
concentrer sur la réussite de l’élève et
d’améliorer
toujours l’efficacité du service. De plus en plus,
KeepSchool propose
des cours à domicile, du soutien scolaire en
ligne (exercices, quiz) mais aussi des
conseils
d’orientation pour assurer une
meilleure qualité de service proposée à nos clients.
Cela fonctionne d’ailleurs très bien car d’après nos
études, 95% de nos
clients sont satisfaits. »
Quels
sont pour un organisme comme le votre les objectifs à
court et long terme ?
N.V :
« À
court terme, il s’agit d’un objectif d’entreprise.
KeepSchool veut d’abord poursuivre son développement
et sa croissance. Nous travaillons toujours sur
l’offre et la qualité du service proposé. Ca passe
par une meilleure professionnalisation qui comprend
des démarches qualités.
Sur le long terme, se
pose la question de l’innovation technologique sur le
service éducatif. Nous travaillons sur un système de
testing et des systèmes d’apprentissage en ligne
qui viennent en complément du soutien scolaire à
domicile.
KeepSchool veut également
développer sa présence en Europe. Nous sommes
implantés en Allemagne depuis trois ans et en
Angleterre depuis le début de l’année avec un chiffre
d’affaires cumulé de 6M€ et un objectif de 20M€ d’ici
trois ans. »
La
qualification des enseignants du soutien scolaire
privé est souvent remise en cause. Chez vous, comment
sont sélectionnés vos professeurs ?
Proviennent-t’ils de l’Education Nationale comme
cela a souvent été reproché?
« 80%
de nos enseignants sont des étudiants du
supérieur. Nous avons
très peu
de professeurs de l’Education Nationale.
Nous ne
sommes pas concurrents mais complémentaires car nos
enseignants sont principalement des
étudiants.
Notre sélection se fait
en plusieurs étapes. Nous recevons d’abord les CV
(diplôme minimum bac+3 ). Ensuite nos conseillers de
recrutement procèdent à un entretien téléphonique
avec le professeur postulant, suivi d’un entretien en
face à face dans les grandes villes, pour juger de la
pédagogie et de la cohérence du
profil.
Une fois, les premières
heures de cours finies, l’enseignant
est évalué par la famille et reçoit une note
afin de
qualifier ses aptitudes pédagogiques. »
Vous
innovez et proposez à partir du 25/10/2007 une
nouvelle offre « La garantie de progrès ».
De quoi s’agit t’il ? Dans quelles
perspectives ?
N.V :
« Le
soutien scolaire fonctionne bien. Il fait
progresser et nous avons constaté que 90% de nos
élèves ont amélioré leurs notes. Nous proposons à nos
clients de se faire rembourser s’il n’y a pas de
progression chez leur enfant. Nous nous y engageons
financièrement. Nous affirmons aux familles qu’en
souscrivant des cours avec KeepSchool, leur enfant
progressera. Pour cela, nous nous basons sur le
bulletin scolaire pour constater l’évolution des
notes.
*Ensuite, l'OCDE s'y
met (c'est pas nouveau) et sort un
rapport
sur les chefs d'Établissements pour développer
encore leur efficacité. C'est un travail d'un certain
Obin. Le dernier quart du rapport (lien vers le pdf
plus bas) expose des
recommandations.
Du genre :
Renforcement de l'autorité des chefs d'établissement
et des directeurs. Selon trois principales trois
mesures :
"- L’évaluation des
dirigeants eux-mêmes, avec ses conséquences
sur leurs carrières, pourrait être davantage centrée
sur les résultats éducatifs et cognitifs des
élèves que sur les modes de gestion des
moyens.
- Leurs référentiels de métier et leur formation
pourraient être recentrés sur leur
responsabilité pédagogique et éducative, et
les tâches de gestion logistique et financière
déléguées à des collaborateurs spécialisés.
- L’évaluation des
enseignants pourrait être réformée, en
remplaçant le dispositif formel de notation par
une véritable évaluation
qualitative débouchant sur des conseils, de
l’aide et de la formation, à partir d’une pluralité
de regards, dont celui du
dirigeant local". Cela implique, dans le
primaire, de venir à bout de résistances syndicales
qui sont présentées comme contradictoires avec les
vœux des directeurs…
- Enfin, J.-P. Obin souhaite le rapprochement de
l'école et du collège. "L'école obligatoire de
6 à 16 ans reste profondément coupée en deux, et les
enfants de 11ans doivent vaille que vaille subir
cette rupture".
Rapport
Obin
*
Ensuite, petit retour en arrière, qui permet
de comprendre
certainement beaucoup de choses, entre autres que
c'est la faute de ces enseignants gauchistes.
Ce sont les déclarations de
Jean-Robert. (dans la série Jean Robert est un
con ...)
Jean-Robert
Pitte,
président progressiste de l'Université non moins
progressiste de Paris IV, qui dans l'émission
Du Grain à
moudre, du 22 septembre, sur France
Culture, en évoquant une possible augmentation des
droits d'inscription à la fac, se serait repris en
déclarant qu'une telle augmentation entraînerait les
pires manif d'étudiants. Enfin, non pas des étudiants
car, auraiit-il dit, les manif
d'étudiants sont en fait des manifs de lycéens
poussés par leurs professeurs du secondaire à
descendre dans la rue. Ce sont donc ces
derniers les fautifs.
Merci Florence
* Enfin,
venez savourer les
idéologèmes de Judith
Bernard, d'Arrêt sur
Image. Un vrai bonheur cette analyse du
discours et ça tombe bien c'est autour de
l'Education (et de la dernière émission d'Ockrent).
Et il y avait
Darcos,
Finkielkraut et d'autres... C'est là
Judith y démontre comment pour ceux là
"réel » =
« monde de marchandises »; « conservation
des acquis sociaux » = « passéisme »; et
« modernité » = « pipolisation
populiste »…
*Demain présentation
des plus belles couvertures du concours
Martine à l'EN.
Vous n'avez pas été très forts
dites-moi...
Méthode Darcos
*Primaire : Darcos a publié vendredi ses propositions de discussion sur l'école primaire. Un résumé dans Le Monde.
On y apprend que "la discussion reste ouverte, même si les principes sont tracés". Soit ! Donc on sait à quoi s'en tenir.
Il y a plus : plusieurs éléments révèlent certainement ce que seront les grandes évolutions des mois à venir sur tous les profs cette fois :
"Parmi les éléments les plus saillants et qui n'avaient pas encore été évoqués ces dernières semaines figure un renforcement de l'évaluation : celle des acquis des élèves, qui sera systématiquement communiquée aux familles, comme celle des écoles et des enseignants, contrepartie d'une "liberté pédagogique" solennellement réaffirmée, laissant aux enseignants le choix des méthodes."
On ne comprend pas bien ce que cela veut dire (pour les profs), mais il se murmure ici et là que en effet les fiches d'inspection des profs pourraient être publiques (cela se fait dans d'autres pays).
*Secondaire : Toujours dans le Monde, Darcos clame sa volonté de rétablir le consensus républicain à l'école. Il expose en fait sa méthode de gouvernance pour détourner les syndicats des éventuels conflits. Et on a déjà vu quelques unes de ses réussites encore cette semaine. Extraits :
"Je suis un homme du Sud-Ouest, j'ai toujours vécu dans le contact. Il se peut aussi que je déteste les situations conflictuelles", confie-t-il au Monde. Jusqu'à présent, sa manière d'agir le singularise : il ne se reconnaît pas d'adversaires, seulement des "partenaires". Revendiquant "l'esprit de réforme" de Nicolas Sarkozy, auquel il se réfère en permanence, il adhère totalement au projet "d'alléger la charge de l'Etat" et de desserrer "le carcan des statuts" dans l'éducation nationale. Mais la réforme s'accompagne, selon lui, d'un impératif de méthode : "Je suis absolument convaincu que cela ne peut pas se faire contre les profs, dit-il. Ils n'ont pas voté pour nous, tant pis, c'est comme ça." Ce principe est en phase avec une visée générale qu'il définit ainsi : " Retrouver le consensus républicain entre les familles et l'école." Le ministre se méfie cependant de trop de proclamations et préfère communiquer dossier par dossier. " Dans l'éducation, explique-t-il, on ne vit plus sous l'empire de la grande réforme. Lorsque vous montez une citadelle, vous déclenchez l'assaut général. Ce qu'il faut, c'est un processus de lente appropriation." [On peut aussi lui donner d'autres noms...]
Dans la même logique, malgré le principe non négociable de "réduire la voilure" budgétaire, M. Darcos tente d'amener les syndicats sur son terrain en les invitant à formuler leurs propositions sur une multitude de dossiers. Leurs responsables balancent entre la satisfaction d'être pris en considération, l'exaspération devant une politique qui, en d'autres temps, aurait déclenché leur résistance acharnée et la fascination devant une habileté qui les ligote.
Certains, tout de même, il faut le croire, aiment bien être ligotés ...
* Copsy, en complément d'un article précédent, la référence du rapport voulant les supprimer est là. On en débat sur un site spécial Copsy, que je vous conseille pour suivre l'affaire, celui-là.
*Supérieur : De quoi réfléchir sur la loi LRU Pécresse. Cela vient de la CNT, mais d'après les spécialistes c'est le résumé le plus complet et le plus pertinent (lien en bas de l'image).
Merci Florence.
Martine et l'E.N.
Vous connaissez tous la dernière vogue MARTINE ? Non ? j'explique : il s'agit de créer des couvertures parodiques de la célèbre série Martine.
Alors aujourd'hui et pour ce week end GRAND CONCOURS.
Ce sera à celui qui réalisera la plus belle
couverture Martine,
mais attention, tout doit être en relation +/-
directe avec l'Éducation nationale.
Choisissez
votre couverture favorite. Placez votre titre.
Envoyez-nous votre réalisation en passant par Contact
(en bas de la page).
Pour générer ces couvertures, tout est sur ce site
là http://martine.logeek.com/index.php
Un petit exemple pour vous donner l'eau à la bouche :

Copsy, c'est fini...
SNES (extrait du communiqué que vous pouvez voir là) —Frédéric Reiss député UMP du Bas Rhin a présenté le 8 Novembre le rapport de sa mission des affaires scolaires devant la commission des affaires culturelles de l’assemblée nationale sur le rôle et la place des conseillers d’orientation-psychologues. Sous prétexte de « remettre à plat » le métier de co-psy, celui-ci propose ni plus ni moins la disparition du service d’orientation de l’Education nationale ! (...) Ce 7ème rapport depuis 2004, propose de supprimer la qualification de psychologue et de nommer les conseillers dans les établissements scolaires. (...) Ces propositions si elles étaient suivies, aboutiraient également à la dilution des CIO dans des structures régionalisées.
C'est vrai après tout, à l'E.N. on a pas besoin de psychologues... on l'est tellement.
*Enfin saluons ce soir (pour une fois c'est pas coutume - et ça me fait même mal de le faire) la FCPE qui souhaiterait une école pendant l'école et refuse l'école après l'école de Darcos.
L'HUMA — La FCPE 94 revendique une « école pendant l’école »
La fédération de parents d’élèves FCPE du Val-de-Marne a réclamé hier « une école pendant l’école » à la veille d’une visite dans le département de Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, portant notamment sur le dispositif « L’école après l’école ». La FCPE 94 dénonce, dans un communiqué, un « nouveau désengagement de l’État ». « L’école après l’école » est, selon elle, un dispositif « inéquitable socialement et scolairement » car il « s’accompagne d’une réduction drastique des moyens de l’école pendant l’école », en référence aux 11 200 suppressions de postes prévues à la rentrée 2008. La fédération départementale a l’intention de distribuer des tracts durant le déplacement de M. Darcos jeudi au collège Jules-Ferry de Maisons-Alfort. Après une visite d’ateliers divers comme le soutien scolaire ou la découverte de la bibliothèque, le ministre devrait « dresser le bilan de la mise en place de l’accompagnement éducatif », a annoncé le rectorat de Créteil.
Ils ont tout compris.
La FCPE 94 n'est malheureusement pas toute la FCPE...
Sinon, demain revenez, un grand concours s'annonce sur ce blog.
Accord Darcos-syndicats, le vrai "plan primaire" ? Et petite lettre entre amis
Il apparaît que deux syndicats du primaire (et pas des moindres oh!, la bonne blague) signent un accord de discussion avec le ministre Darcos.
La décence aurait voulu qu'ils attendent au moins le 21 novembre...
EN — Le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, le secrétaire général du S.N.U.I.P.P., Gilles Moindrot et le secrétaire général du S.G.E.N.-C.F.D.T. Thierry Cadart, ont décidé de travailler ensemble pour améliorer les résultats de l'école primaire et utiliser de la manière la plus efficace les heures libérées le samedi matin au profit des élèves en difficultés. Pour cela, ils ont conclu un protocole de discussion qui pose des principes communs et fixe un calendrier de travail. Ce protocole est ouvert aux autres syndicats représentatifs qui souhaiteraient s'engager dans cette discussion sur la base de ces principes.
Des principes communs ? Discussion, c'est bien là le problème ...
AFP — Darcos et deux syndicats du primaire signent un "protocole de discussion"
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a signé jeudi avec deux syndicats du primaire, le Snuipp-FSU et la Sgen-CFDT, un "protocole de discussion" sur la réforme de l'école primaire, à deux semaines d'une grève à laquelle appellent les cinq fédérations de l'Education.
"C'est un peu une première que deux syndicats majoritaires et un ministre signent un accord sur un protocole de travail", s'est félicité M. Darcos devant la presse à l'issue de la signature.[si le ministre s'en félicite, alors là il faut craindre le pire]
Ce protocole est un préalable à la discussion qui sera engagée entre le ministre et les syndicats, "pendant un gros trimestre", sur la réforme de l'école primaire, après l'annonce de la suppression de deux heures de classe le samedi matin.
M. Darcos a annoncé la finalisation "d'ici 48 heures d'un document d'orientation", constituant "ses propositions" de réforme et devant servir de base à la discussion.
L'objectif est de finaliser en janvier les mesures et les textes réglementaires, selon le protocole. M. Darcos avait annoncé la présentation du "plan primaire" fin octobre-début novembre.
Interrogés sur l'hypothèse d'un désaccord à l'issue des discussions, le Snuipp a précisé qu'il ne s'agissait "pas d'un contrat de mariage", tandis que le Sgen-CFDT assurait que le document d'orientation du ministre serait soumis à ses "critiques constructives".
L'objectif est donc de gérer au mieux la pénurie si on comprend bien entre les lignes. Mais est-ce le rôle d'un syndicat de gérer la pénurie ? Le SNIUPP et la CFDT seront-ils encore en grève le 20 novembre ?
*Les étudiants auraient-ils raison de se mobiliser ? Voici une lettre révélée par Rue89 qui montre -si on en doutait- que cette loi sur les universités est bien dangereuse.
Rue89 — Voici un courrier qui pourrait bien contribuer à jeter beaucoup d'huile sur le feu qui couve actuellement dans beaucoup d'universités françaises à propos de la loi sur l'autonomie des universités. Le 6 novembre dernier, le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, a adressé une lettre aux anciens élèves du prestigieux établissement de la rue Saint-Guillaume. Elle mérite d'être ici reproduite dans son intégralité et se passe presque de commentaires:
Paris, le 6 novembre 2007
Cher X,
Révolution dans le monde de l'Université et des Grandes Ecoles : le Parlement a décidé cet été que c'est de plus en plus par des crédits d'impôts au bénéfice des particuliers et des entreprises que seront financés les établissements d'enseignement supérieur et de recherche.
Ainsi, 66 % des dons que vous accepteriez de faire à Sciences Po en 2007 seront déductibles du montant de l'impôt sur le revenu que vous paierez en 2008 (dans la limite de 20 % de votre imposition). Et si vous êtes redevable de l'ISF, vous pourrez verser à Sciences Po jusqu'à 50.000 euros au titre de cette imposition.
En somme, vous avez désormais le choix entre verser vos impôts à l'Etat ou bien vous en acquitter, à hauteur des 2/3, par une affectation dont vous décidez vous-même.
Cette révolution financière est aussi une révolution culturelle. Elle me conduit à vous demander de soutenir Sciences Po, à titre personnel, ce que, contrairement aux universités anglaises ou américaines, on n'a pas l'habitude de faire en France. Nous allons être sûrement nombreux à nous concurrencer pour tenter de vous convaincre. Saine émulation !
Alors pourquoi choisir Sciences Po plutôt que les autres ? Et, dans ce cas, à quoi servira votre argent ?
Choisir Sciences Po aujourd'hui, c'est nous juger sur des résultats : l'intégration internationale des études, la diversité sociale du recrutement de nos élèves, la professionnalisation de notre diplôme qui confère désormais le grade de master, la présence de nos chercheurs dans tous les grands débats de société.
Soutenir financièrement Sciences Po aujourd'hui, c'est nous permettre d'être un champion universitaire français dans la compétition internationale. Les idées, le sens de l'innovation, l'énergie, nous les avons, vous le savez. Avec vous, et seulement avec vous, nous réunirons les moyens de réaliser cette ambition.
Vous pouvez plus précisément vous informer sur notre campagne de levée de fonds sur le site : www.construire.sciences-po.fr
Avec toute ma gratitude et l'engagement personnel de mériter votre confiance,
Richard Descoings
Évacués
AFP — Mercredi matin, plus de 600 étudiants avaient voté au cours d'une assemblée générale le blocus de l'UFR de Lettres et Sciences humaines de l'université de Nantes.
Environ 200 étudiants avaient l'intention de continuer le blocus durant la nuit et de dormir sur place mais, à la demande du président de l'université, quelque 80 agents des forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation des étudiants, a indiqué à l'AFP Michel Vilbois, directeur de cabinet de la préfecture de Loire-Atlantique.
À Tolbiac, la police a évacué mercredi soir, après 22HOO, environ 75 étudiants opposés à la loi Pécresse sur l'autonomie des universités qui occupaient les locaux de Paris I situés rue de Tolbiac, dans le XIIIe arrondissement, a-t-on appris de sources concordantes.
Les étudiants, qui occupaient les lieux après un vote en ce sens d'une assemblée générale réunissant plus de 1.000 étudiants dans l'après-midi, sont sortis "dans le calme, sans discuter, alors que c'était une vraie provocation de la part de l'administration d'envoyer les CRS", a déclaré à l'AFP Juliette Griffond de l'Unef qui de plus est convaincue que, cette fois, le président "souhaite que le mouvement se radicalise" pour l'éteindre. Le centre Tolbiac restera fermé pour une durée encore inconnue.
Pour suivre la mobilisation :
- un site donne la température fac par fac : celui de CNT, mais attention c'est plein de vilains gauchistes.
- un autre issu du web coopératif essaie aussi de tenir l'info à jour C'est celui-là, sur Tuuut.com.
Pendant ce temps là, en contre feu, Pécresse dit vouloir lacher des choses sur le logement étudiants (article de Le Monde). On sait ou cela ira.
Externalisation scolaire et luttes (suite)
Article de Clicanoo journal de l'île — Saint-André : le soutien scolaire assuré par une société privée
Un million d’euros pour lutter contre l’échec scolaire”, titrions-nous dans notre édition du 27 septembre dernier. À Saint-André, la municipalité et la caisse d’allocations familiales partagent le coût de ce projet, destiné à lutter contre l’illettrisme du CP au CM2. Le but est de proposer aux élèves les plus en difficulté (1 500 à 2 000) un soutien scolaire gratuit, qui sera assuré par une société privée, bientôt recrutée dans le cadre d’un appel à projets. L’objectif est incontestablement légitime et s’inscrit dans le cadre légal. Mais pourquoi doit-on passer par des prestataires privés, alors que l’Éducation nationale possède le personnel compétent ? “Le maire a proposé récemment le projet au recteur”, explique Marielle Lebon, directrice générale adjointe des services à la mairie de Saint-André. “Celui-ci a répondu que des heures supplémentaires sont prévues pour le soutien scolaire mais que c’est basé sur le volontariat des enseignants”.
“Moins d’emplois aidés dans le futur”
Faute d’une organisation complète de ce soutien scolaire par l’Éducation nationale, la mairie a choisi de passer par une structure privée pour créer ce service dans ses 19 écoles élémentaires. “Regardez l’école privée : le soutien scolaire y est intégré, il est financé par l’association des parents d’élèves”, plaide Mme Lebon [ça c'est de l'argument...]. La sous-traitance privée coûtera-t-elle moins cher aux contribuables que si l’Éducation nationale assurait le soutien scolaire en recrutant les enseignants nécessaires ? Difficile à dire. Pour Marielle Lebon, cette initiative permettra de prendre le mal à la racine : “Si on veut lutter contre l’illettrisme, il faut commencer très tôt. Actuellement, 50% des élèves de CE2 ne maîtrisent pas les acquis. Plus on commence tôt, moins ça coûtera cher. La lutte actuelle contre l’illettrisme fera baisser dans le futur le nombre de personnes qui dépendent d’emplois aidés pour vivre.” Et les emplois aidés, ça coûte cher.
C'est extraordinaire qu'un maire, devant une soit-disant défaillance d'un service de l'État (notez bien que le recteur n'a pas dit que le soutien ne fonctionnerait pas d'ailleurs ...), ne milite pas pour son amélioration. Un jour il y aura des associations de quartiers qui diront que les services municipaux ne font pas leur travail et qui développeront des services privés pour y remédier. Alors il n'y aura plus de mairie et se sera trop tard pour ledit maire qui a donné l'exemple.
* Lutte toujours et suite : La Sorbonne évacuée par la police cette nuit :
Reuters - Les forces de l'ordre sont intervenues dans la nuit de mardi à mercredi à Paris pour empêcher les étudiants en grève contre une loi sur l'autonomie des universités d'occuper la Sorbonne, apprend-on de source policière. La préfecture dit avoir chassé des locaux une centaine de personnes, sans incident. L'université parisienne est en proie à une grogne contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, depuis la fin du mois d'octobre.
Une vidéo d'une AG (PAris 8) : c'est là sur le site du Parisien.
Facultés de blocage [MAJ]
[MAJ de 17 h en fin de post]
Tours
Une centaine d'étudiants ont bloqué mardi matin l'entrée des bâtiments de la Faculté de Lettres de Tours, les Tanneurs, pour protester contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, a-t-on appris de source policière.
Les étudiants, qui revendiquent "une action collective sans étiquette", avaient décidé de bloquer la Faculté des Tanneurs au cours d'une assemblée générale lundi soir, pour exprimer leur inquiétude face au vote cet été de la loi sur les universités.
Des chaises et des tables interdisaient mardi matin l'accès aux salles de cours et les étudiants attendaient la tenue d'une assemblée générale en début d'après-midi pour décider de la poursuite ou non du mouvement.
Toulouse
Des étudiants de l'université Toulouse-Le Mirail ont bloqué mardi matin l'entrée des bâtiments de la faculté pour protester notamment contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des chaises et des tables interdisaient l'accès aux salles de cours et des étudiants attendaient la tenue d'une assemblée générale dans la matinée pour décider de la poursuite ou non du mouvement.
Le mouvement, lancé par l'Aget-étudiants, Sud-étudiants et les Jeunesses communistes révolutionnaires, est "devenu un mouvement étudiant qui marche en assemblée générale", a-t-il précisé. Le blocage de la fac avait été voté mardi 30 octobre.
Dans un tract distribué aux étudiants, la présidence de l'université a jugé que "cette situation est en contradiction avec les principes de liberté de circulation et d'expression qui plaident pour une université ouverte garante du débat démocratique".
Rouen
A Rouen, les étudiants bloquent depuis le 30 octobre les facultés de lettres et de psycho-socio. Une assemblée générale a réuni 1.200 étudiants qui ont voté la reconduction du mouvement et appelé à une manifestation dans les rues de Rouen jeudi soir. Cette initiative doit s'inscrire dans le cadre de la journée nationale d'action appelée par une coordination nationale qui s'est réunie le 28 octobre à Toulouse.
Paris Tolbiac
Entre 100 et 200 personnes ont occupé lundi pendant quelques heures le site de Tolbiac de l'université Paris I avant de le quitter en fin de journée, alors que celui-ci est fermé administrativement, pour réclamer notamment l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universités, a-t-on appris de sources concordantes.
Pour la ministre c'est bien sûr totalement injustifé :
(AFP, toujours) - Les déctracteurs de la loi estimant notamment que ce texte va se traduire par un désengagement financier de l'Etat, la ministre dit :
"C'est tout le contraire", a répondu Mme Pécresse, qui a ajouté: "c'est un investissement, car on va mettre cinq milliards d'euros en cinq ans dans l'université".
"C'est paradoxal qu'au moment où l'Etat se réengage, au moment où l'Etat décide d'accompagner les universités pour qu'elles soient plus puissantes, plus fortes, pour qu'elles assurent une meilleure insertion professionnelle des étudiants (...), qu'à ce moment-là, il y ait un mécontentement qui ne me paraît pas justifié", a-t-elle dit.
"Il faut un peu de patience pour que la loi puisse porter ses fruits", a-t-elle ajouté.
A la question de savoir si elle était prête à négocier avec ces étudiants, elle a répondu que "la concertation" avait été "intense depuis (son) arrivée au ministère". "Aujourd'hui, on est en permanence en concertation sur les décrets d'application de la loi", a-t-elle dit.
La ministre a par ailleurs affirmé qu'allait "sortir cette semaine" un décret d'application de la loi "qui permet le travail des étudiants dans les universités".
Ca veut dire quoi cette dernière phrase ? Un décret anti grève d'étudiant ?
[MAJ] A 17 heures s'ajoutent les universités suivantes :
Aix-Marseille I
Les étudiants de l'Université Aix-Marseille I ont voté "le principe de la grève" pour protester contre la loi Pécresse, mardi au cours d'une assemblée générale qui a réuni environ 450 personnes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ils ont reporté leur vote en revanche sur un éventuel blocage des locaux, jugeant qu'il était "trop tôt" pour en décider.
Un "barrage filtrant" sera organisé mercredi matin à l'entrée de la Faculté de lettres et de sciences humaines, avant la tenue d'une nouvelle assemblée générale destinée à préciser la suite du mouvement.
Lille III
Des étudiants de l'université Lille III (Lettres et sciences humaines) ont voté mardi après-midi le blocage de l'établissement pour protester contre la loi Pécresse, lors d'une assemblée générale qui a rassemblé jusqu'à 1.200 personnes, a constaté une journaliste de l'AFP.
Rennes II
Quelque 800 des 18.000 étudiants de Rennes ont participé à cette AG selon l'Unef. Des militants de ce syndicat, de Sud, de LO, la LCR, ou la CNT ont dénoncé cette loi sur l'autonomie qu'ils considèrent comme une "privatisation" de l'université.Des barrages ont été montés à l'aide de tables et de chaises à l'entrée des bâtiments juste après l'AG. Quelques altercations isolées se sont produites à cette occasion entre partisans et opposants au blocage voté jusqu'à la prochaine AG prévue mercredi midi. L'accès aux bibliothèques est resté libre.
Les étudiants de Rennes 1 (droit et sciences) ont de leur côté voté l'organisation mercredi et jeudi de "barrages filtrants", ralentissant l'accès des étudiants aux cours pour leur distribuer des tracts. Leur AG a rassemblé 150 personnes selon Sud.
et Toulouse annonce être bloquée jusqu'à jeudi.
Contre ces mouvements les présidents d'université ont la parade : fermer les locaux afin de rendre plus difficile les rassemblements.
AFP -Le collectif contre l'autonomie des universités (CCAU, [extrème gauche]) a protesté mardi contre les fermetures administratives décidées par les présidents des universités où "la grève et le blocage sont votés", limitant ainsi fait "la massification du mouvement".
"Pendant le CPE, il y a eu quelques fermetures mais pas en début de mouvement. Là, on a l'impression que les présidents d'université se sont consultés et que, quand une AG vote la grève ou le blocage, ils décident la fermeture administrative", a déclaré à l'AFP, en marge d'une conférence de presse, Igor Zamichiei, de l'UEC.
Discours sur les affaires scolaires
Qui a dit ?
« Le baccalauréat est devenu dérisoire. Notre élite ne sait pas raisonner, elle ne sait pas exposer » (René Soudée, 1936),
« L’enseignement secondaire se primarise… Les élèves n’ont ni l’orthographe, ni vocabulaire exact et varié, ni connaissances grammaticales, ni analyse logique, ni méthode d’exposition écrite ou orale » (Paul Laumonnier, 1929),
« J’estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe » (Victor Bérard, 1899),
« L’orthographe des étudiants en lettres est devenue si défectueuse que la Sorbonne s’est vue réduite à demander la création d’une nouvelle maîtrise de conférences, dont le titulaire aurait pour principale occupation de corriger des devoirs de français des étudiants de la faculté de lettres » (Albert Duruy, 1886)
Un bon article fait le point sur l'utilisation du discours du déclin, sur le consensus du constat, mais aussi sur l'absence de débat car derrière tout cela il y a volonté d'imposer une idéologie dominante. C'est un papier de Ugo Palheta sur Betapolitique, blog politique connectif. Extrait de l'intro :
"L’analyse des nombreux articles parus à l’occasion de la rentrée scolaire constitue un bon moyen de cerner, dans la monotonie des jugements cent fois proférés et des « débats » sans cesse réactivés, une des formes privilégiées du discours médiatique, consistant non à rendre compte mais à régler des comptes, cela par le biais d’une indignation morale savamment distillée. Or, ce à quoi il s’agit de régler son compte ici, à travers la promotion d’une idéologie tout imprégnée de pessimisme élitaire, c’est à l’idée même de démocratisation scolaire."
et la conclu, une vraie leçon de démocratie : "Cette accumulation de citations, issues d’articles différents parus dans de multiples organes de presse, vise non à stigmatiser telle information, erronée, tel argument d’autorité ou telle sottise, mais à montrer à l’œuvre la logique de médias consensuels, voués aux impositions de problématique et à la « circulation circulaire de l’information ». Le champ médiatique fonctionnant le plus souvent en vase clos et produisant une multitude de censures invisibles, on voit ainsi les mêmes thématiques, exposés dans les mêmes termes et souvent par les mêmes individus, constituer un ordre du jour politique contre lequel il est difficile de faire émerger d’autres problèmes et d’autres manières de les poser."
* Ensuite, encore une fois l'affaire Guy Môquet, avec un article définitf sur la non lecture de la lettre. Là aussi de quoi bien méditer. C'est une réponse de Fabien Grandjean (un prof de philo) à un article de Joffrin dans Libé du mois de mai.
(comme je n'ai pas trouvé la source originale de cet article (si ce n'est ce blog) je le copie en entier :
L’affaire
Guy-Môquet ou les apprentis-sorciers de
l’histoire
En écho à l’article
de André Gunthert cette réponse à l’article de
Laurent JOFFRIN paru dans Libération le 24 mai 2007
sous le titre « Oui, il faut lire la lettre de
Guy Môquet ».
SARTRE
DOIT SE RETOURNER DANS SA TOMBE…
…si
de son « huis clos » il perçoit encore les
échos de cette « voix de son maître »
qu’est devenu le quotidien Libération. En véritable
héraut médiatique, Docteur Mouchard, alias Mister
Joffrin, a dénoncé le refus des professeurs de lire à
leurs élèves la lettre de Guy Môquet. Il y aurait
beaucoup à dire. Objectons lui d’abord que les actes
ne sont pas seuls à compter, que l’identité et les
intentions de celui qui ordonne (et non pas en
l’occurrence « propose ») une commémoration
déterminent pour une part essentielle le sens et le
respect qu’il faut lui accorder. Et tâchons de l’en
convaincre, non de le persuader (différence
conceptuelle qu’il ne juge pas pertinente en la
matière ni opportune dans l’enseignement… comme si
tous les démagogues et manipulateurs, depuis les
sophistes grecs jusqu’aux tribuns populistes
d’aujourd’hui en passant par les terribles
conducteurs de masses des années 30, n’avaient pas
fait de cette confusion leur première arme…).
Laurent Joffrin sut pourtant se montrer plus juste
dénonciateur quand au cœur de la campagne
présidentielle il protesta contre les pressions
exercées par Nicolas Sarkozy sur les journalistes par
l’intermédiaire des propriétaires de leurs journaux.
Mais comment ne voit-il pas, ce Directeur de
rédaction, qu’un homme qui gagne une élection par de
tels moyens ne fait rien de moins dans le principe,
sinon dans le degré, qu’un dictateur montant au
pouvoir par tous les canaux de la propagande ?
« La propagande, écrit Hitler dans Mein Kampf,
vise à imposer une doctrine à tout un peuple… la
propagande agit sur l’opinion publique à partir d’une
idée et la rend mûre pour la victoire de cette
idée. » Et peu importe l’idée car, par principe
encore, c’est toujours un peuple que l’on sacrifie
quand on le persuade ainsi. Le peuple n’est bien
gouverné que par la raison qui l’instruit. C’est là
sans doute ce que signifie la présence d’une
tapisserie des Gobelins représentant l’Ecole
d’Athènes au dessus du perchoir du président de
l’Assemblée nationale et d’une autre dans le cabinet
du départ de l’Hôtel de Lassay, face à une statue de
la République. Pour convertir le peule allemand au
nazisme Goebbels reçut la mission de diffuser cette
idéologie par la musique, le théâtre, le cinéma, la
radio, les livres, bien entendu la presse et, last
but not least, les documents pédagogiques. Alors,
bien sûr, Sarkozy n’est pas Hitler, mais est-il bien
sûr qu’il ne glissera pas doucement vers
l’autoritarisme, puis vers la dictature,
« doucement » c’est-à-dire sous ces
couverts doux et prévenants que Tocqueville et
d’autres nous ont appris à reconnaître comme les
formes softs du despotisme moderne ? Songeons à
la lecture de la lettre de Guy Mocquet devant
l’équipe nationale de rugby par celui qui était
appelé au gouvernement à prendre en main les sports
et une jeunesse galvanisée par une victoire
escomptée, tandis que grâce à une médiatisation sans
précédent le ballon oval remplaçait déjà le ballon
rond dans les cours de récréation !
Mais Monsieur Joffrin n’a pas été le moins du monde
troublé par la décision du Président Sarkozy de
fabriquer dès sa prise de fonction un mythe
pédagogique. Car il s’agit bien d’un mythe. En
témoigne par exemple cette incroyable
« erreur » historique commise par les
auteurs de « La lettre », court métrage sur
les derniers instants de Guy Môquet commandé par la
Chaîne parlementaire et diffusé par France
Télévision : le fait que Guy Môquet a été
fusillé évanoui est escamoté. Sans doute ce détail
historique n’a-t-il pas été jugé édifiant pour cette
jeunesse à qui l’on voulait inculquer « un
exemple » de « sacrifice de soi »
selon les mots de Sarkozy repris par Xavier Darcos
dans le B.O. du 30 août 2007.
Mais Guy Môquet ne s’est pas sacrifié. Il a été
sacrifié. Quand s’est décidée son exécution il
s’impatientait d’être placé en liberté surveillée, il
était en détention administrative après avoir été
acquitté en janvier 41 pour des activités militantes
qui l’avaient certes amené en prison mais dont il ne
pensait sans doute pas, du moins quand il les
commença en octobre 39 (1), qu’elles le conduiraient
indirectement à la mort… Ce martyr qui
« aurai[t] voulu vivre » a été assassiné
par les Allemands non « sur l’ordre de
l’état-major allemand et du gouvernement de
Vichy » (contrairement à ce que dit confusément
le court métrage de LCP) mais sur l’ordre du seul
Ministre de l’intérieur de Pétain, Pucheu, qui
choisit politiquement les otages réclamés par le
Général Stülpnagel en représailles à l’exécution de
l’officier Holtz … C’est comme cela, voyez-vous,
Monsieur Mouchard, que l’on brouille les mémoires et
prédispose à tous les égarements. Le glissement
subreptice de sens, dont notre gouvernement nous
donne presque chaque jour une illustration, est le
premier stratagème de la persuasion sophistique…
Vous rendez-vous compte dans quoi vous trempez,
Monsieur Mouchard, quand vous exaltez le patriotisme
en soi comme ce vieux gâteux de Maurice Druon
reprochant aux professeurs réfractaires à la lecture
de Môquet de n’être pas de « bons
Français » ? C’est rompus à une telle
exaltation, notamment par la pédagogie de la
troisième République, que les Français de 1940 ont
suivi aveuglément les paroles émouvantes du vainqueur
de Verdun, là aussi une affaire de cœur et de don de
soi… « C’est le cœur serré que je vous dis qu’il
faut cesser le combat », « À mon âge,
lorsqu’on fait à son pays le don de sa personne, il
n’est plus de sacrifice auquel l’on veuille se
dérober ».
Alors, que vous ne compreniez pas pourquoi les
professeurs désobéissent à Sarkozy, pourquoi ils
refusent le baiser de l’araignée que ce racoleur de
l’extrême droite veut par leur bouche faire à la
Résistance et à la gauche, lequel me rappelle
analogiquement les déclarations de Hitler embrassant
le pacifisme pour mieux préparer l’Allemagne à la
guerre, que vous ne le compreniez pas, Monsieur
Mouchard, au point de dénoncer à la vindicte
populaire ces professeurs comme des représentants de
l’anti-France, cela me glace d’effroi. Songez
seulement, Monsieur Joffrin, que vous auriez pu de
nouveau vous illustrer comme celui que vous avez eu
le cran de paraître quand seul ou à peu près seul
vous avez dénoncé au printemps 2007 les pressions
exercées par Sarkozy sur les journalistes par
l’intermédiaire des financiers dont la plupart des
quotidiens de gauche ont été obligés d’accepter peu à
peu les capitaux faute de lecteurs, faute de courage
éditorial… Vous auriez pu rappeler que le candidat
Sarkozy avait contesté aux lycéens le droit de grève
et de manifestation pour les renvoyer à leurs chères
études, ce qui mutatis mutandis impliquait que Guy
Môquet n’aurait pas dû se dresser contre le
gouvernement légal de Daladier (qui à l’automne 39
avait décrété l’illégalité du PCF et fait arrêter son
père) ni contre celui non moins légal de Pétain. Vous
auriez surtout pu dire que tandis qu’il faisait
larmoyer les Français sur la lettre de cette victime
de la collaboration, Sarkozy démantelait l’une après
l’autre les conquêtes de la Libération et, en
asservissant les médias, foulait aux pieds le
programme du CNR …
« PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE
(DU 15 MARS 1944) : EXTRAIT. II – MESURES A
APPLIQUER DES LA LIBERATION DU TERRITOIRE […] Unis
quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à
mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la
libération rapide du territoire, les représentants
des mouvements, groupements, partis ou tendances
politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils
sont décidés à rester unis après la libération :
4) Afin d’assurer : […] la pleine liberté de
pensée, de conscience et d’expression ; LA
LIBERTE DE LA PRESSE, SON HONNEUR ET SON INDEPENDANCE
A L’EGARD DE L’ETAT, DES PUISSANCES D’ARGENT et des
influences étrangères ; […] En avant pour le
combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA
FRANCE ! LE CONSEIL NATIONAL DE LA
RÉSISTANCE »
Certes, les choses ne font que commencer avec
Sarkozy, mais elle vont déjà bon train, et les
espaces de liberté que vous croyez pouvoir occuper
dans l’empire de cette pensée unique dont vous
prétendez vous faire le critique nuancé, ces espaces
ne sont déjà plus que des interstices et bientôt,
c’est à craindre, ils confineront au néant comme
toute différence de degré entre les démagogues
d’aujourd’hui et les dictateurs d’hier… Alors on
observera de près si les caméléons de votre sorte,
Mister Joffrin, sauront mettre en pratique ces beaux
conseils de patriotisme qu’ils prodiguent sans
scrupule aux professeurs courageux qui ont choisi de
s’engager contre la propagande populiste, de résister
à l’ordre de lui prêter leur voix, bref de
collaborer. Voilà, Docteur Mouchard, l’exemple qui
honore la mémoire de Môquet tandis que la
récupération de sa lettre intime pour célébrer la
devise « Travail, famille, patrie » en est
la trahison absolue qui doit le faire lui aussi se
retourner dans sa tombe.
Fabien Grandjean
(1) C’est-à-dire après la mise hors la loi du PC mais
avant le décret du socialiste Sérol qui en avril 40
étendit l’application de l’art. 76 du Code pénal (la
peine de mort) à « tout Français qui aura[it]
participé sciemment à une entreprise de
démoralisation de l’armée ou de la nation », ce
qui incluait notamment toute activité de propagande
communiste… Quant à l’activité militante de Guy
Môquet précisément à ce moment-là est-elle bien,
selon les mots de Laurent Joffrin, ce
« magnifique exemple d’héroïsme manifesté dans
la lutte la plus indiscutable qui soit, celle qui a
opposé la Résistance aux barbares
hitlériens » ? L’émotion que pareille
grandiloquence est susceptible de susciter ne saurait
prévaloir contre l’exigence « scolaire »
d’une enquête historique, seule habilitée à
déterminer l’écart éventuel du jeune militant par
rapport à la ligne définie par M. Thorez qui
n’était pas encore celle de la Résistance, ni
prévaloir contre l’exigence politique d’une libre
discussion de la légitimité de cette ligne et de cet
éventuel écart…
Les mots pour le dire
Bientôt des terroristes ?
C'est là.
Extrait :
"Bien que
très minoritaire à ce jour, l'agitation
se
développe dans une partie du monde étudiant contre la
"loi Pécresse" sur l'autonomie des universités,
adoptée en août. Prônant la "convergence
des luttes" avec les
salariés, les militants et sympathisants de
différents mouvements d'extrême gauche –
SUD-étudiants, JCR, FSE (Fédération syndicale
étudiante) CNT (anarcho-syndicaliste) – ainsi que des
"inorganisés" cherchent à propager le mot d'ordre
d'"abrogation"
de cette
loi."
Hier (post
précédent) on a vu que certains enseignants du
supérieur soutenaient la fronde. Des gauchistes eux
aussi ? Non ? il y en a dans le supérieur
?
* Il n'y
a pas de hasard. Vu dans Le Monde
toujours, qui ne l'a pas fait pas exprès, mais
la
juxtaposition est criante de vérité :
