Vers la grève ... pendant qu'il est encore temps (et qu'on le peut)
14/05/08 18:00
* Coup dur pour les grévistes : le parti socialiste apporte son soutien au mouvement.
AFP -Le Bureau national (BN) du PS a apporté mardi son soutien à la journée d'action du 15 mai dans la Fonction publique et l'Education nationale, dénonçant une "offensive sans précédent contre l'Etat et ses agents".
"La suppression de 36.000 postes de fonctionnaires en 2009 et le non-remplacement systématique d'un agent sur deux partant à la retraite constituent la seule ambition de la droite pour l'Etat et les services qu'il rend aux Français", déclare le BN dans un communiqué.
"Face à cette offensive sans précédent contre l'État et ses agents, le Parti socialiste apporte son soutien aux manifestations organisées le 15 mai à l'initiative de l'ensemble des organisations syndicales, et appelle ses militants à rejoindre les cortèges présents dans toute la France", ajoute le texte.
Quant à "l'école publique", elle "est violemment attaquée par la droite : progressivement spoliée de ses moyens, elle est aujourd'hui la première victime de la réduction massive des emplois dans la Fonction publique", argumente le Bureau national.
Faut-il rappeler à certains : 1/ qui a lancé les premières réformes ? 2/ Qui est Claude Allègre ? 3 / qui est à l'origine de la LOLF ? 4/ Qui a proposé pendant la campagne que les profs travaillent 30 heures dans leurs établissements ?
* Calendrier. Donc si on retient les infos du Monde de ce week end on a :
- le 10 juillet : nomination d'une personnalité chargée de faire des économies dans l'EN à l'aide du rapport Pochard.
- en septembre, annonce des mesures prises par la dites personnalité, c'est à dire l'officialisation du rapport Pochard + la disparition des redoublement au Lycée + la généralisation des Bac Pro en 3 ans.
- rentrée 2009 : mise en place du bordel.
* SUD appelle à la Grève générale. Encore faut-il déjà être en grève. Et c'est pas gagné, même si, même si...
Au passage, voici l'analyse de ce syndicat de la procédure de démantèlement de l'EN. Cela me semble être plus que plausible :
1ère étape : la formation
Création d’un Master professionnel “Métiers de l’Education et de l’Enseignement” au sein des universités, dont la 5e année verrait les stagiaires - pardon, les étudiants - travailler à mi-temps pendant toute l’année dans les établissements scolaires, pour le plus grand bénéfice de l’Etat. Il y aurait évidemment une sélection à l’entrée en Master (les directeurs d’Iufm proposent même une double sélection, à l’entrée en master 1 puis en master 2, histoire de bien développer le bachotage).
2e étape : le recrutement
A minima, ils proposent d’alléger les concours, de créer des Capes bivalents, voire polyvalents (suite logique du Master des métiers de l’enseignement !), de régionaliser les concours du Second degré.
Mais c’est encore insuffisant ! Le rapport Pochard est explicite : on pourrait se passer de tout concours et se contenter de l’établissement d’une liste d’enseignants à recruter par l’instance locale (Rectorat, IA, BEC, circonscription du 1er degré, ce n’est pas très précis) parmi les titulaires du Master, correspondant aux besoins (enfin, à leurs besoins !). Ou même, troisième hypothèse, la possibilité que les titulaires du master fassent acte de candidature auprès des établissements et passent un entretien d’embauche (auprès du Drh ?). Il faudrait cependant, ajoute Pochard sans rire, fixer des règles nationales.
L’ouverture à la concurrence s’accentue puisque les ressortissants de l’UE, titulaires d’un Master, pourront postuler aux postes d’enseignants en France.
Dans aucun de ces rapports, le mot fonctionnaire d’Etat n’apparaît : sous quel statut seront recrutés les futurs collègues ? Probablement en Cdi pour respecter l’harmonisation européenne.
3e étape : pas de formation, pas de statut
Mais ce n’est pas assez, le rapport propose également le recrutement de “professeurs associés”, pour une durée limitée, éventuellement à temps partiel, et sans aucune condition de diplôme. Le développement de la précarité, il est vrai que le Ministère le connaît déjà…
Le rapport Pochard préconise la promotion de jeunes issus des zones difficiles, celles où les enseignants ne veulent pas rester, par l’attribution de bourses après la troisième : “On renforcerait ainsi le vivier d’enseignants issu de la promotion sociale et dont on peut espérer qu’ils constitueraient une population plus stable dans les académies fuies aujourd’hui par les néo-titulaires.” Belle perspective pour les jeunes des ghettos de s’y voir confiner dans le rôle de grands frères pompiers.
Même si le recrutement par concours est imparfait, il permet un traitement égal des candidats et garantit l’accès à la Fonction publique. Sud éducation, dans l’unité, appellera les personnels à se mobiliser devant toute remise en cause des statuts.
*Puis un faux entretien avec X. Darcos sur Le post. Ce n'est peut-être pas si éloigné que cela de la réalité...
AFP -Le Bureau national (BN) du PS a apporté mardi son soutien à la journée d'action du 15 mai dans la Fonction publique et l'Education nationale, dénonçant une "offensive sans précédent contre l'Etat et ses agents".
"La suppression de 36.000 postes de fonctionnaires en 2009 et le non-remplacement systématique d'un agent sur deux partant à la retraite constituent la seule ambition de la droite pour l'Etat et les services qu'il rend aux Français", déclare le BN dans un communiqué.
"Face à cette offensive sans précédent contre l'État et ses agents, le Parti socialiste apporte son soutien aux manifestations organisées le 15 mai à l'initiative de l'ensemble des organisations syndicales, et appelle ses militants à rejoindre les cortèges présents dans toute la France", ajoute le texte.
Quant à "l'école publique", elle "est violemment attaquée par la droite : progressivement spoliée de ses moyens, elle est aujourd'hui la première victime de la réduction massive des emplois dans la Fonction publique", argumente le Bureau national.
Faut-il rappeler à certains : 1/ qui a lancé les premières réformes ? 2/ Qui est Claude Allègre ? 3 / qui est à l'origine de la LOLF ? 4/ Qui a proposé pendant la campagne que les profs travaillent 30 heures dans leurs établissements ?
* Calendrier. Donc si on retient les infos du Monde de ce week end on a :
- le 10 juillet : nomination d'une personnalité chargée de faire des économies dans l'EN à l'aide du rapport Pochard.
- en septembre, annonce des mesures prises par la dites personnalité, c'est à dire l'officialisation du rapport Pochard + la disparition des redoublement au Lycée + la généralisation des Bac Pro en 3 ans.
- rentrée 2009 : mise en place du bordel.
* SUD appelle à la Grève générale. Encore faut-il déjà être en grève. Et c'est pas gagné, même si, même si...
Au passage, voici l'analyse de ce syndicat de la procédure de démantèlement de l'EN. Cela me semble être plus que plausible :
1ère étape : la formation
Création d’un Master professionnel “Métiers de l’Education et de l’Enseignement” au sein des universités, dont la 5e année verrait les stagiaires - pardon, les étudiants - travailler à mi-temps pendant toute l’année dans les établissements scolaires, pour le plus grand bénéfice de l’Etat. Il y aurait évidemment une sélection à l’entrée en Master (les directeurs d’Iufm proposent même une double sélection, à l’entrée en master 1 puis en master 2, histoire de bien développer le bachotage).
2e étape : le recrutement
A minima, ils proposent d’alléger les concours, de créer des Capes bivalents, voire polyvalents (suite logique du Master des métiers de l’enseignement !), de régionaliser les concours du Second degré.
Mais c’est encore insuffisant ! Le rapport Pochard est explicite : on pourrait se passer de tout concours et se contenter de l’établissement d’une liste d’enseignants à recruter par l’instance locale (Rectorat, IA, BEC, circonscription du 1er degré, ce n’est pas très précis) parmi les titulaires du Master, correspondant aux besoins (enfin, à leurs besoins !). Ou même, troisième hypothèse, la possibilité que les titulaires du master fassent acte de candidature auprès des établissements et passent un entretien d’embauche (auprès du Drh ?). Il faudrait cependant, ajoute Pochard sans rire, fixer des règles nationales.
L’ouverture à la concurrence s’accentue puisque les ressortissants de l’UE, titulaires d’un Master, pourront postuler aux postes d’enseignants en France.
Dans aucun de ces rapports, le mot fonctionnaire d’Etat n’apparaît : sous quel statut seront recrutés les futurs collègues ? Probablement en Cdi pour respecter l’harmonisation européenne.
3e étape : pas de formation, pas de statut
Mais ce n’est pas assez, le rapport propose également le recrutement de “professeurs associés”, pour une durée limitée, éventuellement à temps partiel, et sans aucune condition de diplôme. Le développement de la précarité, il est vrai que le Ministère le connaît déjà…
Le rapport Pochard préconise la promotion de jeunes issus des zones difficiles, celles où les enseignants ne veulent pas rester, par l’attribution de bourses après la troisième : “On renforcerait ainsi le vivier d’enseignants issu de la promotion sociale et dont on peut espérer qu’ils constitueraient une population plus stable dans les académies fuies aujourd’hui par les néo-titulaires.” Belle perspective pour les jeunes des ghettos de s’y voir confiner dans le rôle de grands frères pompiers.
Même si le recrutement par concours est imparfait, il permet un traitement égal des candidats et garantit l’accès à la Fonction publique. Sud éducation, dans l’unité, appellera les personnels à se mobiliser devant toute remise en cause des statuts.
*Puis un faux entretien avec X. Darcos sur Le post. Ce n'est peut-être pas si éloigné que cela de la réalité...
C'est là
* Enfin, la Chine n'a qu'à bien se tenir. Lisez plutôt cela (rien à voir avec l'EN, quoi que...).
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