Privilégiés
* "Ils sont trop bien payés"
a) Comparons avec les
cadres A
du privé :
En 2002, salaire net
mensuel moyen des
- cadres du privé : 3530 €
- cadres de la fonction publique hors enseignement :
3370 €
- enseignants de la
catégorie A : 2303 €
(Chiffres issus du
rapport Darcos, présenté à Nicolas S. avant le 1er
tour)
b) Comment a été fixé
le salaire
d'un prof
? (rappel)
Le temps
de travail a été calculé en 1950 en prévoyant qu'un
enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une
heure devant élève afin de préparer ses cours,
évaluer les élèves et actualiser ses connaissances
dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1
devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures
hebdomadaires (à l’époque le temps de travail
théorique est de 40 heures sur 50 semaines). Pourquoi
45 heures alors ?
Le
législateur a tout prévu et cela de deux façons.
D'abord 45 heures dues quand les autres devaient 40,
c’est en raison des petites vacances (Toussaint,
Noël...). Car les vacances c'est pour que les élèves
se reposent. Le calcul du temps de travail des
enseignants a d’abord été annualisé. En enlevant les
dites petites vacances on retrouve une moyenne de 40
heures.
Pour
les deux mois d'été, y a-t-il également un
péréquation de ce genre. Oui et non, en fait la
péréquation a porté sur le salaire. La grille des
salaires a été adaptée en fonction de cela. Notre
grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même
niveau que les autres cadres de la fonction publique
recrutés avec un concours au niveau bac + 3. Mais à
cette grille, il nous a été retiré deux mois de
salaires, puis le résultat a été divisé par
12. D’où l’idée pas complètement fausse (mais
difficilement compréhensible) que les
enseignants ne sont pas payés pendant les grandes
vacances.
Ainsi,
par exemple si un inspecteur des impôts est payé
2000€ par mois il recevra 24 000 € par an, mais pour
la même qualification, un enseignant recevra aussi
2000 € par mois mais sur 10 mois, soit 20000 € par
an. Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne
1667 par mois.
* "Ils
sont toujours absents".
Statistiques officielles publiées par la direction de
l'EN, reprises dans le rapport Darcos, présenté à
Nicolas S. avant le 1er tour.
Durée moyenne d'arrêt maladie pour les enseignants :
6 jours
Durée moyenne d'arrêt maladie pour les non
enseignants : 8
jours.
(et au passage, nombre de jour de formation continue
(moyenne aussi) : 3,2 pour les enseignants).
Si quelqu'un
connaît les chiffres pour le privé, qu'il les
envoie.
* "Ils
ne travaillent que 18 heures par semaine"
(quand
c'est pas 17). Voici les
résultat du rapport Roché (officiel) de 1999 :
A lire en complet sur le
site du Sénat. Attention tous ces
chiffres sont des moyennes annuelles, pas des
réalités hebdo.
"Le rapport de la mission interministérielle sur le
temps de travail dans l'ensemble de la fonction
publique (d'Etat, territoriale et hospitalière),
rendu public en février 1999, dresse un état des
lieux pour les personnels de l'éducation
nationale.
Pour le premier degré, la mission
interministérielle s'appuie sur une étude de la
direction de l'évaluation et de la prospective du
ministère de l'éducation nationale de
janvier 1995, qui évalue la moyenne hebdomadaire
des heures d'enseignement du 1er degré à
24 heures, des heures de préparation à
6 heures et des corrections à 3 heures,
temps auquel il faut ajouter des activités annexes
dont le travail avec les collègues, les surveillances
de récréation, de repas, d'études, les activités de
soutien et les activités périscolaires. Le temps de
travail hors école est plus difficile à chiffrer avec
précision. La mission estime toutefois que
" la
durée annuelle du travail est évaluée à
1.368 heures avec une moyenne hebdomadaire de
38 heures sur les semaines
travaillées ".
Pour le second degré, le rapport de la
mission se fonde sur une étude publiée en 1996. En
base annuelle, les temps de travail s'inscrivent,
pour 1994, dans une fourchette autour de
1.300 heures (1.241 à 1.324 heures). Pour
les agrégés, la répartition du temps de travail
hebdomadaire est passée, de 1988 à 1994, de
38 heures 53 à 38 heures 38, pour
les certifiés des collèges de 37 heures 20
à 36 heures 47, pour les certifiés de lycées de
42 heures 15 à 39 heures 30, pour les PEGC
de 41 heures 11 à 36 heures 52, pour les
PLP de 41 heures 48 à 38 heures 18. En
moyenne, les enseignants du second degré seraient
passés de 40 heures 34 à 38 heures 11. Le
rapport estime donc la durée annuelle de travail de
ces enseignants à 1.375 heures. "
Et pour ceux qui croient qu'on peut tout réglementer,
voici ce que rajoute le même rapport :
"L'évaluation du temps de
travail global des enseignants, pour être pertinente,
doit tenir compte des tâches consacrées à la
préparation des cours, à la correction des copies et
au suivi des élèves qui sont des tâches inhérentes à
la fonction. Pour des raisons évidentes, elles ne
peuvent donner lieu à une réglementation précise, qui
permettrait un contrôle direct par l'administration."
Autre statistique de l'EN, en valeur hébdo cette fois
:
sources :
officielle.
* Enfin, le Capes est
toujours ouvert pour tous ceux qui critiquent.
Un bon point final :
"Je les aime
moi ces mecs du privé qui passent leur temps à
déguler sur les profs:Alix,Privilèges Etat...[noms de
blogueux, ndlr] eux, ce sont des vrais winners. Eux
ils savent ce que c'est que le travail. Eux ils
savent ce qu'est la vraie vie. Eux ne se plaignent
jamais. Et puis, ils connaissent si bien l'école.
C'est qu'ils ont été élèves eux. Alors ils en
connaissent un rayon. Oui c'est connu, et ils le
savent bien, les profs sont des feignasses. En plus,
c'est des tafioles gauchistes. Ils savent pas y faire
avec les gosses. Et si les mômes ont des sales notes,
c'est qu'ils ont forcément des sales profs. Ah, s'ils
étaient à notre place, ça tournerait autrement, pour
sûr. Seulement, on les voit pas se pointer pour
sauver l'Education Nationale et la France. Pourquoi
ils passent pas le CAPES? Ou simplement faire
quelques vacations? En plus comme c'est des vrais
bosseurs, ils pourraient enseigner plein de
disciplines à la fois et la France pourrait réduire
les effectifs de ces salauds de fonctionnaires.
Alors, amis du privé qui haïssez les profs, en cette
période de redressement national, je vous lance un
appel solennel: engagez vous dans l'Education
Nationale, la France a besoin de
vous."Trouvé dans les
commentaires d'un blog d'un prof sur
Libération.fr. Merci
à sharukin.
Nota : Taux de sélectivité des concours enseignants :
5,5 % ; taux de sélectivité des concours hors
enseignement : 32 %