Le Privé absolu
24/03/08 10:00
* Sans vouloir reprendre les idéologèmes de Judith Henri (souvenez-vous), voici une nouvelle déclaration de notre ministre Darcos, aveu qui n'étonnera personne. Voici ce qu'il répond dans un Chat sur Lemonde.fr à la question : quel avenir envisagez-vous pour la série ES [économique et sociale] ? Pourquoi vouloir absolument sauver une filière littéraire qui n'a plus trop de succès, hormis dans certains grands lycées de grandes villes ?
Xavier Darcos : "Il n'est pas exact que la filière littéraire soit sans avenir. Nous avons besoin de linguistes, d'historiens, de personnes capables de rédiger, et les entreprises sont de plus en plus à la recherche de bons généralistes qui aient une maîtrise des capacités littéraires au sens large. "
Il est donc bien clair que faire de l'histoire en soit en sert à rien, que la linguistique on s'en fiche si ce n'est pas applicable dans le monde de l'entreprise.
Dans le même chat, il annonce des proposition sur le recrutement en 2009. Puis il précise :
"Je vais, dans les jours qui viennent, entamer avec les partenaires syndicaux la rédaction du Livre blanc qui s'appuiera sur son excellent travail."
Avec les syndicats. On retient.
* Le secteur privé a la faveur du gouvernement. L'école privée surtout. Ce n'est pas nouveau, Sarko l'avait dit dans sa campagne, mais voici que Médiapart nous fait part du plan selon lequel l'école privée va être développée en banlieue. (Première partie de l'article. Attention le site devient payant)
Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue
21 Mar 2008Par Mathilde Mathieu
• Le ministère de l'Education nationale s'apprête à dégager des budgets inhabituels pour favoriser l'essor de l'enseignement catholique dans les quartiers défavorisés, bousculant ainsi les règles traditionnelles de financement de l'école privée, dictées par le principe de laïcité. Un véritable Fonds d'intervention spécifique, dont Mediapart dévoile les détails, sera bientôt mis en place rue de Grenelle, pour subventionner la création d'une cinquantaine de classes dans les cités dès septembre 2008, dans le cadre du plan "Espoir banlieues" annoncé par Nicolas Sarkozy, le 8 février. «Cette décision, prise en catimini, risque de déclencher un conflit majeur avec les professeurs du public, prévient Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Nous n'accepterons pas que l'Etat supprime des postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons de faire grève, je le rappelle, contre la liquidation de 11.200 postes à la rentrée prochaine ! La dernière fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser le privé, un million de Français sont descendus dans la rue...». Critiquée pour sa concentration dans les centres-villes et sa mixité sociale défaillante (deux fois moins d'enfants boursiers que dans le public), le secteur privé sous contrat affichait depuis longtemps sa volonté de participer davantage à la lutte contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie un coup de pouce budgétaire, des subsides supplémentaires. «Il faut nous faciliter la tâche», avait soufflé le nouveau "patron" de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, lors de sa conférence de presse de rentrée 2007. C'est aujourd'hui chose faite. Si le nombre d'établissements aidés par le « Fonds » reste limité, voire symbolique en 2008, la création de ce dispositif spécifique révèle la volonté présidentielle de faire bouger les lignes, et la détermination de l'école privée à «rénover» – plutôt redéfinir – ses relations avec les pouvoirs publics. «Nous sommes décomplexés», revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé du dossier auprès d'Eric de Labarre. «Nous aussi !», répond sans ambages un conseiller de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale...
Xavier Darcos : "Il n'est pas exact que la filière littéraire soit sans avenir. Nous avons besoin de linguistes, d'historiens, de personnes capables de rédiger, et les entreprises sont de plus en plus à la recherche de bons généralistes qui aient une maîtrise des capacités littéraires au sens large. "
Il est donc bien clair que faire de l'histoire en soit en sert à rien, que la linguistique on s'en fiche si ce n'est pas applicable dans le monde de l'entreprise.
Dans le même chat, il annonce des proposition sur le recrutement en 2009. Puis il précise :
"Je vais, dans les jours qui viennent, entamer avec les partenaires syndicaux la rédaction du Livre blanc qui s'appuiera sur son excellent travail."
Avec les syndicats. On retient.
* Le secteur privé a la faveur du gouvernement. L'école privée surtout. Ce n'est pas nouveau, Sarko l'avait dit dans sa campagne, mais voici que Médiapart nous fait part du plan selon lequel l'école privée va être développée en banlieue. (Première partie de l'article. Attention le site devient payant)
Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue
21 Mar 2008Par Mathilde Mathieu
• Le ministère de l'Education nationale s'apprête à dégager des budgets inhabituels pour favoriser l'essor de l'enseignement catholique dans les quartiers défavorisés, bousculant ainsi les règles traditionnelles de financement de l'école privée, dictées par le principe de laïcité. Un véritable Fonds d'intervention spécifique, dont Mediapart dévoile les détails, sera bientôt mis en place rue de Grenelle, pour subventionner la création d'une cinquantaine de classes dans les cités dès septembre 2008, dans le cadre du plan "Espoir banlieues" annoncé par Nicolas Sarkozy, le 8 février. «Cette décision, prise en catimini, risque de déclencher un conflit majeur avec les professeurs du public, prévient Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Nous n'accepterons pas que l'Etat supprime des postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons de faire grève, je le rappelle, contre la liquidation de 11.200 postes à la rentrée prochaine ! La dernière fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser le privé, un million de Français sont descendus dans la rue...». Critiquée pour sa concentration dans les centres-villes et sa mixité sociale défaillante (deux fois moins d'enfants boursiers que dans le public), le secteur privé sous contrat affichait depuis longtemps sa volonté de participer davantage à la lutte contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie un coup de pouce budgétaire, des subsides supplémentaires. «Il faut nous faciliter la tâche», avait soufflé le nouveau "patron" de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, lors de sa conférence de presse de rentrée 2007. C'est aujourd'hui chose faite. Si le nombre d'établissements aidés par le « Fonds » reste limité, voire symbolique en 2008, la création de ce dispositif spécifique révèle la volonté présidentielle de faire bouger les lignes, et la détermination de l'école privée à «rénover» – plutôt redéfinir – ses relations avec les pouvoirs publics. «Nous sommes décomplexés», revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé du dossier auprès d'Eric de Labarre. «Nous aussi !», répond sans ambages un conseiller de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale...
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