"Ajuster notre organisation scolaire"
Aujourd'hui (est-ce un hasard ?) deux déclarations importantes qui concluent la même chose. L'une médiatisée, l'autre moins.
* La première relève de DarKosy, et c'est on ne peut plus limpide :
Education:"aux alentours de 10.000" postes supprimés au budget 2008 (Darcos)
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a estimé, jeudi sur BFM TV, "aux alentours de 10.000" le nombre de postes supprimés dans l'Education nationale au budget 2008, dans le cadre de l'objectif gouvernemental de non-remplacement de 30 à 40.000 fonctionnaires.
"Si nous obtenons que des professeurs, dans le cadre de la réflexion sur leur métier, acceptent d'être moins nombreux mais d'avoir un temps de travail différent, volontaire, évidemment, grâce à des volants d'heures supplémentaires importants, nous pouvons sans doute trouver des ajustements", a-t-il précisé.
Evoquant "une question difficile", M. Darcos a assuré que "le ministère de l'Education nationale ne s'abstiendra pas, évidemment" de participer au projet gouvernemental d'économie d'emplois publics, mais "l'Education nationale a une difficulté: c'est une entreprise de main d'oeuvre, c'est-à-dire quand on vous supprime un professeur dans le premier degré, vous fermez une classe", a-t-il nuancé.
"Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire, bien sûr il faut le faire, mais cela exige des aménagements de ce qu'on appelle l'offre scolaire", a-t-il argumenté, demandant: "comment organise-t-on le travail ? Comment organise-t-on les partenariats ? Qui peut concourir à l'action éducative si les professeurs sont moins nombreux ? Comment peut-on regrouper les options ? Comment peut-on changer les programmes ?"
"Il y a un dispositif assez compliqué parce qu'il concerne quand même 13 millions d'élèves", a-t-il rappelé.
M. Darcos a en outre rappelé qu'il était "favorable à la bivalence initiale" des enseignants, c'est-à-dire pour ceux qui ont obtenu une "mention complémentaire" à leur Capes ou agrégation dans une deuxième matière.
"C'est bien pour le professeur, c'est bien pour les élèves, qui verront le professeur plus longtemps (dans les deux matières enseignées, ndlr), qui les connaîtra d'ailleurs mieux et puis c'est plus pratique pour ajuster notre organisation scolaire", a-t-il ajouté.
(Selon AFP)
* La seconde, vient de l'OCDE, organisme progressiste :
Selon les études récentes de l’OCDE, le système éducatif français ne souffre pas de carences majeures, mais un certain nombre de pays obtiennent de meilleurs résultats avec des ressources comparables. Pour améliorer les résultats, il faut tout d’abord pouvoir les mesurer correctement. Il existe déjà en France des indicateurs de « valeur ajoutée », qui sont rendus publics pour les lycées, mais il faudrait les améliorer et les étendre aux collèges. Lorsque ces indicateurs seront en place, il sera difficile pour les établissements scolaires de ne pas réagir aux signes de mauvais résultats". C'est la logique du pilotage par les résultats que l'Ocde souhaite voir introduite dans le système éducatif.
Comment améliorer le système français ? L'Ocde recommande l'autonomie des établissements scolaires. "L'une des caractéristiques traditionnelles du système français est le manque d’autonomie des chefs d’établissement. Ils n’interviennent guère dans le recrutement des enseignants ou dans leur rémunération, et les programmes sont établis dans le détail au niveau national. Pour améliorer les résultats dans l’enseignement secondaire, il faudrait soit que l’inspection nationale réagisse davantage lorsque la performance d’un établissement est insuffisante, soit que les chefs d’établissement aient plus d’autonomie et soient responsables des solutions à mettre en œuvre, dans le cadre de normes nationales claires de résultats des élèves. Il est difficile de savoir quelle démarche est préférable, mais l’étude PISA de l’OCDE semble montrer que les systèmes où l’autonomie est la plus développée donnent les meilleurs résultats".
Pour autant, l'Ocde est sceptique sur les résultats de la désectorisation. "Le libre choix de l’établissement risquerait d’aggraver le problème de la ségrégation du fait de l’avantage dont disposent les familles aisées bien informées, et de conduire à un écrémage de la part des établissements scolaires. Pour éviter ces phénomènes, des réformes profondes seraient nécessaires pour garantir que les ressources allouées aux établissements publics d’éducation s’ajustent aux choix des familles. À défaut de telles réformes, la carte scolaire devrait être maintenue".
Pour le détail voir sur le site de l'OCDE