Chaud et froid
Actualité chargée - revenez souvent
* 4 chantiers de revalorisation pour les enseignants
- un pour les jeunes, un pour les moins jeunes, un pour faire sauter les statuts (et qui se prennent pour des COP) et un pour ceux qui le méritent.
Premières réactions syndicales :
Les propositions sont particulièrement limitées", "rien n'est prévu pour la masse des enseignants en exercice", a déploré la FSU, première fédération, dans un communiqué. Alors que le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a parlé de "provocation", Gilles Moindrot, patron du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, a appelé M. Chatel à "revoir ses propositions".
"Cent euros mensuel de hausse, alors que cela correspond à une élévation de qualification à Bac+5, c'est un faible point de départ pour une discussion. On partage le constat d'une dévalorisation de la fonction enseignante, mais on ne voit pas quelque chose d'ambitieux qui répond à cela", a-t-il dit à l'AFP.
Parlant dans un communiqué de "démarche positive", le Sgen-CFDT a ajouté "ne pouvoir que regretter la faiblesse des propositions", le SE-Unsa estimant pour sa part qu'"on est loin du compte".
Quant à la CSEN, fédération la plus à droite, elle a approuvé les principes mais considère que la revalorisation doit aller à tous les personnels, "être avant tout indiciaire et ne pas se limiter à une multiplication des primes".
C’est ce qu’on appelle une franche opposition ?
* Réforme des lycées. Premières fuites éclairées (mais qui n’en sont pas).
Selon le site de L’étudiant.
Réforme du lycée : ce que Luc Chatel pourrait proposer
Encore un peu de patience… Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale, devait présenter la réforme du lycée général et technologique fin septembre 2009. Finalement, il faudrait plutôt miser sur le début du mois d’octobre (qui peut s’étaler jusqu’au 15, en jouant sur les mots). Pour le moment, le ministre semble davantage concentré sur le numérique...
C’est une réforme "ambitieuse" qui est annoncée, malgré un calendrier serré : l’entrée en vigueur est prévue pour la rentrée 2010. "Trop tôt", selon les syndicats. Une réforme largement inspirée du rapport de Richard Descoings, le directeur de Sciences po, chargé en janvier 2009 par Nicolas Sarkozy de mener une large consultation dans les lycées français. Du reste, les représentants d’enseignants, de parents d’élèves et de lycéens avaient jusqu’au 1er septembre 2009 pour rendre leurs commentaires sur ce texte.
Touche pas à mes séries
Ainsi, tout indique que le ministre ne va pas se risquer à réformer l'architecture du lycée. Selon nos sources dans les inspections académiques, la séparation filière générale / filière technologique et les séries de bac actuelles (S, L, ES, STG, etc.) devraient perdurer, au moins pour un temps. Idem pour la seconde de détermination qui pourrait néanmoins être rebaptisée "seconde d’orientation". L’orientation, clé de voûte de la réforme. Luc Chatel l’a dit et répété : "il faut mieux préparer les lycéens à l’enseignement supérieur et passer d’une orientation subie à une orientation choisie et réversible". Les réorientations en cours de route devraient être facilitées et les dispositifs d'accompagnement des familles renforcés.
Pour réduire les inégalités et faire baisser le nombre de redoublements, Luc Chatel pourrait développer les pratiques pédagogiques d'accompagnement des élèves en difficulté. Le ministre a déjà évoqué qu’il n’excluait pas de faire appel aux enseignants : moyennant rémunération, les professeurs volontaires pourraient jouer le rôle de tuteurs, comme le proposait Richard Descoings. Oui, mais quand ? Sur le temps de la classe ? En bénéficiant d’heures supplémentaires ? Avec quels moyens ? Un problème technique à régler…
Trois chantiers à venir ?
Dans son rapport, Richard Descoings préconisait de réformer les filières technologiques (il met l'accent sur la filière STI), de revaloriser la filière L (en la renforçant en langues vivantes et en lui redonnant un fond d'enseignement en mathématiques) et d’affirmer le caractère scientifique de la série S grâce à des coefficients en maths et en sciences plus forts. Selon nos sources, Luc Chatel pourrait se conformer à ce plan. Des idées consensuelles qui avaient recueilli des réactions plutôt positives de la part des partenaires sociaux en juin 2009.
* Et les crèches ? Si on les rendait moins coûteuses en déqualifiant le personnel ? On y va...
Pas de bébés à la consigne : nouvelle conférence de presse
Extraits:
Le collectif déplore aussi la modification envisagée d'un décret sur l'accueil de la petite enfance.
Selon lui, avec cette modification, les titulaires d'un BEP ou CAP petite enfance seraient désormais considérés comme du personnel qualifié au même titre que les éducateurs de jeunes enfants ou les auxiliaires de puériculture, qui ont reçu des formations plus longues.
"Il s'agit d'une déqualification, d'une marchandisation avec une volonté idéologique, comme pour l'aide à la personne, de réduire les coûts des services publics" selon Jean-Laurent Clochard, de la Confédération syndicale des familles, membre du collectif.
Ils seraient donc comptabilisés dans le taux légal de 50% de personnel qualifié minimum dans les crèches, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
* Le Figaro en grande forme de droite.
Se lançant dans la quête de solutions pour trouver 50 milliards, le journal propose 50 idées. En voici sur l’Education nationale. Et c’est du sérieux.
10 - PROFS : DÉCHARGE HORAIRE, CHARGE BUDGÉTAIRE
Le mammouth fait des efforts pour perdre sa graisse (16 000 postes en moins en 2010), mais il subsiste des gisements d'économies à l'Education nationale, premier employeur du pays (un million d'agents). Les décharges horaires des enseignants, par exemple. Depuis 1950, les profs de lycée sont payés une à trois heures en plus par semaine pour, en théorie, ranger du matériel de labo, des cartes, etc. En fait, ils utilisent souvent ce temps libre pour donner des « petits cours » chez Acadomia et autres. L'Inspection des finances estime que ces décharges représentent l'équivalent de 23 000 postes à temps plein, soit 1,65 Mdeuros. Elle suggère de supprimer les plus obsolètes, soit la moitié.
- Gain : 850millions d'euros par an.
11 - LYCÉES : TROP D'OPTIONS TUENT LES OPTIONS
A force de pouvoir choisir entre le japonais, la planche à voile ou le théâtre, nos ados ne savent plus où donner de la tête. Près de 350 disciplines sont enseignées dans le secondaire et les plus pointues n'attirent qu'une poignée d'élèves (8,34 % des cours sont dispensés devant moins de 10 élèves). C'est à ces «options où personne ne va» (dixit le président Sarkozy) que la réforme des lycées doit s'attaquer. D'autant que la charge de travail de nos lycéens est supérieure de 20 % à celle des autres jeunes Européens et que, selon l'OCDE, la France est l'un des pays où les 13-15 ans aiment le moins l'école. Tout ça pour ça ? Peut-être seraient-ils plus heureux si on allégeait leur cartable et si on leur faisait faire plus de sport (à quoi bon former 32 000 futurs profs de sport chaque année ?). Le contribuable aussi serait content.
- Gain : à moyen terme.
* Formation des enseignants. Etats généraux: que faudra-til en retenir ?
A vrai dire on ne sait pas trop. Pour info le site des Etat généraux présente un pdf de son bilan et de ses propositions. C’est là.
On trouve des trucs du genre :
- la création d’un modèle simultané,dans lequel il y aurait une pluralité de voies pour accéder au professorat ;
- ou encore " La notion de socle commun fait évoluer les frontières entre les niveaux d'enseignement [...]. Il faut maintenant réfléchir à une formation PE/professeur de collège ; et à une formation de lycée/ premier cycle du supérieur ".
* Loi Carle, qu’a fait l’opposition sociale démocrate ? hum...
Rappels sur les errements récents du PS en matière de laïcité:
- C'est à l'origine UN BOUFFEUR DE CURÉS [qui] FAIT VOTER UNE AIDE MASSIVE À L'ÉCOLE PRIVÉE (selon un titre du Canard Enchaîné du 03/11/2004): dans le but de limiter les baisses d'effectifs du public (Si, si!), Michel Charasse propose un amendement maladroit dont il a mal mesuré les effets et qui permet de faire financer par les municipalités les établissements privés situés hors commune.
(article reproduit ici)
L'article 89 de la loi relative aux libertés et responsabilités locales d’août 2004 rend ainsi obligatoire la participation des communes aux frais de scolarisation des élèves fréquentant hors de leur territoire des écoles privées.
- Devant les protestatations de très nombreux élus locaux (de droite comme de gauche) qui s'assoient carrément sur cette loi et refusent de l'appliquer, le gouvernement, plutôt que d'abroger purement et simplement son texte, lui apporte quelques restrictions ou retouches cosmétiques: c'est la loi Carle, présentée comme un "compromis" et qui serait le fruit d'un "consensus"!
- les sénateurs du PS votent fin 2008 la proposition de loi Carle.
- Retour du PS aux valeurs du parti de Jaurès?
Le PS semble maintenant revenu à une position plus conforme aux valeurs républicaines, si l'on en croit ce communiqué officiel du 29/09/2009: "Le Parti socialiste proteste énergiquement... " (lire la suite)
On préférerait des actes, et notamment un recours devant le conseil constitutionnel, certains doutes sérieux subsistant encore quant aux intentions réelles du PS (voir ainsi les doutes de Jean Bouguereau, c’est ici).
NB. l’article 40 de la Constitution stipule qu’une initiative parlementaire est irrecevable à partir du moment où elle crée des charges supplémentaires pour les collectivités locales. Ne serait-ce pas le cas ici?
Non content de créer un chèque éducation spécial école privée, l'Etat se désengage en en faisant supporter l'addition aux collectivités locales (environ 500 millions d'euros!).
* Loi Carle, les ultralibéraux et les cathos sont de moins en moins complexés depuis son adoption
Ils n'hésitent plus maintenant à revendiquer au grand jour la destruction totale de l'enseignement public et la création d'un enseignement "100% privé sous contrat".
Il est vrai qu'ils peuvent aussi se sentir encouragés par de puissants alliés du côté de l'Elysée, comme Emmanuelle Mignon, conseillère de Nicolas Sarkozy, qui avait dès 2004 envisagé une "privatisation totale" de l'enseignement:
« J’ai toujours été conservatrice, j’aime l’ordre. Je crois à l’initiative individuelle, à l’effort personnel et, en matière économique, à la main invisible du marché. Par exemple, je suis pour une privatisation totale de l’éducation nationale . » Emmanuelle Mignon (directrice de cabinet du Président de la République Nicolas Sarkozy – 2007 à 2009-), Le Monde, 3 septembre 2004.