Représentativité
Rappel :"La plupart des mesures que je prends servent surtout d'habillage aux suppressions de postes." X. Darcos (Canard Enchaîné, 22 octobre 2008)
* Elections professionnelles. Darcos gratouille où ça le chatouille. Petits tripatouillages entre amis. Retour sur la validation "démocratique" des listes électorales pour les élections du 2 décembre. Illustration des valeurs démocratiques du ministre de l'Education civique.
A noter avant de lire : le Mammouth n'a aucune sympathie particulière pour les syndicats en question ici.
Info Mammouth, de source syndicale - Tous les syndicats ne semblent pas avoir droit au même traitement et curieusement certains sont reconnus d’une certaine légitimité et pas d’autres. L’affaire touche de “petits” syndicats. Quelle logique ?
Tout d’abord faciliter l’accès aux voix de ceux qui négocient avec le ministère. C’est ainsi que l'invalidation des listes du SNCA ne doit sans doute pas grand chose au hasard. Ce petit Syndicat National des Certifiés et Agrégés, présent dans l’enseignement professionnel aurait dû pourtant avoir tout pour plaire car membre de l’EIL, confédération marginale de l’Éducation nationale. C’est également la confédération à laquelle appartient le SNETAA (majoritaire dans l’enseignement professionnel) qui après quelques velléités de résistance autour du Bac Pro en 3 ans est rentré dans le rang, ce qui permet aujourd’hui à Darcos de dire que massivement les organisation syndicales approuvent sa réforme. Tout irait bien si depuis quelques années les deux syndicats de la même confédération n’étaient pas brouillés à mort, le SNCA rejoignant plus ou moins les positions de la FSU au sujet du Bac Pro. Aujourd’hui, curieusement, le ministère retoque les listes du SNCA sous prétexte qu’ils n’ont pas d’infos sur ce syndicat ni sa représentativité. Deux minutes dans Google montrent que ce n’est pourtant pas un inconnu... Comme les autres, ce syndicat est régulièrement reçu par les instances académiques, voire participe à des intersyndicales et est bien présent dans de nombreux départements. Exit donc ce concurrent potentiel du bon vieux SNETAA. Autre façon de limiter les pertes électorales pour celui-ci.
Ensuite, punir ceux qu'on croyait amis. En effet, si on ne sait plus sur qui compter... L’affaire est un peu plus grave car elle met en jeu la droite de la droite. Cette fois-ci le gouvernement joue en faveur du SIES, Syndicat Indépendant des Enseignants du Secondaire qui, lui, vient de voir ses listes validées. Il n’y a pas eu beaucoup d’interrogations sur la représentativité de cette organisation. Adhérent de la CAT, Confédération Autonome du Travail, très à droite, ce syndicat n’existe pourtant véritablement que dans l’académie d’Aix-Marseille (contrairement à ce qu’il dit). Peu de représentativité, aucune participation à de quelconques réunions syndicales... Pourquoi donc le ministère s’est-il précipité pour le reconnaître ? Derrière cela il y a sans doute la volonté de punir le SNALC (traditionnellement considéré comme favorable à la majorité actuelle) qui s’affiche désormais contre les différentes réformes en cours. Et, cela tombe bien, le SIES est apparu pour la première fois en 1999 dans l’académie d’Aix lorsque le SNALC s’est mis en tête de se débarrasser des membres du Front National qui l’infiltraient. Reçu une fois par Gaudemar le voici donc représentatif – représentatif surtout d’une certaine capacité à pomper les voix d’une autre organisation syndicale (le SNALC, donc), soudain devenue gauchiste, il faut croire, et dont certains membres du cabinet de Darcos auraient déjà demandé à ce qu’elle “nettoie son bureau national”.
* L'intérêt de l'accompagnement scolaire à relativiser ? C'est une des conclusions d'une note de Bruno Suchaut, chercheur à l'IREDU, publiée sur le site du SNES. L'intégralité est là. Petit extrait :
« A caractéristiques scolaires et sociales comparables, l’effet global de l’accompagnement à la scolarité est assez ténu : en moyenne, les élèves ayant fréquenté un dispositif, quelle que soit sa configuration, ne progressent pas différemment des autres élèves comparables (non pris en charge dans les dispositifs). Compte tenu de l’hétérogénéité des fonctionnements des dispositifs et du public accueilli, ce premier résultat est d’une portée limitée. Cet impact global neutre peut masquer des effets opposés, tantôt positifs, tantôt négatifs, selon les caractéristiques des dispositifs et des élèves. »
* L'Himalaya de la pensée de droite : Vanneste. Après ses propos homophobes, voici ses propos moraux sur l'Histoire. Une certaine conception de la fonctionnalité de l'histoire et de son enseignement. Ou, une autre vision de l'école émancipatrice. Si vous ne les avez pas déjà vu ailleurs... retour sur les valeurs sacrificielles de l'enseignement de l'histoire.
Petit rappel. En effet, la colonisation a eu des aspects positifs :

* Pour en finir une bonne fois pour toute avec l'éducation civique (I). La citation du jour.
« C’est l'État qui forme les individus aux vertus civiques, les rend conscients de leur mission, les amène à l’unité ; il harmonise leurs intérêt dans la justice ; il transmet les conquêtes de la pensée dans le domaine des sciences, des arts, du droit et de la solidarité humaine »
Benito Mussolini, le 12 décembre 1929
* Pour en finir une bonne fois pour toute avec l'éducation civique (II). Reportage TF1 (pourquoi pas, de toute façon il n'y a pas grand chose ailleurs) sur la consultation des lycéens de ce samedi. Houleux. Bien fait pour lui.