Ordre et désordre
Darcos,
Sarkozy, adjudant et adjudant chef d’Empire.
Aujourd’hui un festival...
* Valse (hésitation) ministérielle. Sarko ne sait
plus quoi faire : Borloo remplacerait Dacros.
Le
feuilleton continue... On redoute le Grenelle du
Préau.
* Mépris ministériel (suite et pas fin).
AEF
- Masterisation : « J'aime beaucoup la CPU mais je
pense surtout aux étudiants » (Xavier
Darcos)
« C'est un petit épisode sur une période longue, de 7
à 8 mois [de travail] qui a eu ses hauts et ses bas
», déclare Xavier Darcos, ministre de l'Éducation
nationale mercredi 10 juin 2009, commentant la
décision de la CPU de suspendre sa participation à la
commission Marois-Filâtre (L'AEF n°115327). Cette
décision intervient alors que « le ministère de
l'Éducation nationale refuse de revenir sur les
dispositions permanentes des décrets relatifs au
recrutement des enseignants » (L'AEF n°114946), qui «
anticipent le résultat des travaux de la commission
Marois-Filâtre », explique la CPU.
« Ça s'est tendu, mais pas beaucoup non plus ! Il ne
faut pas exagérer », nuance Xavier Darcos, « Nous
allons continuer à travailler de la bonne manière. Je
pense que l'on peut considérer que les choses
avancent », ajoute le ministre. « J'aime beaucoup la
CPU (?) mais je pense surtout aux étudiants », se
destinant aux carrières de l'enseignement, et qui ne
peuvent pas attendre « octobre » pour savoir comment
se déroulera leur année.
Le ministre affirme « travailler beaucoup » sur le
dossier de la masterisation,
qui fait l'objet d'un « consensus », estime-t-il. Les décrets
statutaires validant la masterisation font l'objet
d'un examen devant plusieurs « instances », explique
Xavier Darcos, avant un passage en Conseil d'État.
« À
ma grande surprise », ironise le ministre, le CTPM du
28 mai a d'ailleurs adopté ces projets de décrets. La
FSU s'est abstenue, rappelle-t-il, ce qui « revient à
ne pas voter contre».
Ou comment refermer la
porte...
* Stage
d’autoritarisme et autres placebos
Le Parisien - Des stages pour
apprendre à exercer ou affermir son autorité :
c'est l'une des pistes annoncées hier matin par le
ministre de l'éducation nationale pour contribuer
à sanctuariser les établissements
scolaires,
alors que les violences, découvertes d'armes et
agressions dans et autour des collèges et lycées
semblent sinon se multiplier, du moins gagner en
gravité depuis deux mois.
Les
enseignants formés, pas les surveillants
Première injonction de Xavier
Darcos : les personnels de
direction, principaux, proviseurs et adjoints, mais
aussi les conseillers principaux d'éducation
recevront désormais une formation à l'exercice de
l'autorité [cela veut donc dire
qu’il ne savent pas exercer leur autorité, je le
savais bien...]. Les surveillants ne
semblent pas pris en compte, alors qu'ils sont le
plus souvent en première ligne. En témoigne cette jeune
assistante d'éducation en poste depuis plusieurs
années dans un collège sensible d'Aulnay sous Bois :
« Combien de fois nous retrouvons-nous à deux à la
grille, avec une bande dedans, une bande dehors, qui
attendent d'en découdre ?»
A partir de la rentrée, leurs
supérieurs hiérarchiques au moins, devront désormais
être préparés à la gestion de conflits à partir
d'exercices concrets, éventuellement sous forme de
stages, qui pourront être montés en partenariat avec
la police ou la gendarmerie. Côté profs, c'est en
option : quotidiennement en butte aux incivilités,
voire aux gestes violents de certains élèves, ils
pourront demander à bénéficier de stages
de «tenue de classe», comme il en existe depuis cette
année dans l'académie de Créteil, sous la houlette de
Sébastien Clerc.
Un même réglement
intérieur pour tous les
établissements
Deuxième axe: le respect d'un code
de la paix scolaire. L'initiative avait déjà été
annoncée par le ministre... l'an dernier. Il existe
déjà dans tous les établissements un réglement
intérieur qui pose noir sur blanc tous les interdits
(jusqu'à l'usage du téléphone portable). L'idée
est maintenant de rassembler et d'unifier les régles
de vie collectives à l'école, dans
un même
ouvrage qui vaudra pour tous les établissements de
France. Avec la
même échelle de punitions pour tous (du travail
d'intérêt général au conseil de discipline). Le
fameux code, dont l'impression était il y a peu
carrément en pourparlers avec l'éditeur Dalloz, a été
rédigé par un magistrat, puis remis en forme par le
recteur de l'académie de Montpellier, professeur de
droit.
Tous les établissements doivent également
terminer
leurs diagnostics de sécurité d'ici la fin de la prochaine année
scolaire : en clair passer au crible toutes les
faiblesses (mur d'enceinte passoire, fourrés proches
du portail...) propices aux planques en tous genres.
Enfin, Xavier Darcos généralise
l'initiative lancée depuis quelques années dans
l'académie de Versailles puis récemment dans celle de
Créteil : chaque
académie
devra désormais constituer une «équipe mobile
d'intervention» (EMA). Pas de gros bras en vue :
l'EMA constituée de 20 à 50 personnes, profs,
psychologue, chefs d'établissements, placés sous la
houlette des recteurs, doit pouvoir intervenir comme
une sorte de Samu en renfort jusqu'à plusieurs
semaines dans les collèges et lycées où l'ambiance
est à la surchauffe. Si possible avant que les
tensions n'explosent.
* Sarko
pour l’autogestion : des lycées ouverts 24 h sur
24.
Sarkozy
veut ouvrir les lycées pendant les week-ends et les
vacances scolaires
AP
| 10.06.2009 | 18:43
nicolas Sarkozy
a proposé mercredi après-midi de laisser ouverts les
lycées pendant les week-ends et les vacances
scolaires, afin d'en faire des "lieux de vie" et de
responsabiliser les élèves en leur confiant la
gestion de certaines activités.
Le président a fait cette proposition lors d'un
déplacement au lycée Galilée de Gennevilliers
(Hauts-de-Seine) qui n'avait pas été officiellement
annoncé, mais auquel des journalistes de RTL et du
"Monde" avaient été conviés par l'Elysée. Il était
accompagné du ministre de l'Education Xavier Darcos
et du directeur de l'Institut d'études politiques
(IEP) de Paris Richard Descoings, en charge de la
mission de concertation sur la réforme du lycée. Des
extraits du débat ont été mis en ligne par le site
lyceepourtous.fr.
"Il faut qu'on
accepte cette idée que le lycée doit être ouvert en
dehors des strictes heures de cours", a déclaré M.
Sarkozy lors d'un débat en présence d'élèves de
l'établissement. "C'est un lieu de vie, et ce n'est
pas normal que, quatre mois ou cinq mois de l'année
en comptant les vacances, ça soit fermé. Ce n'est pas
normal que pendant le week-end, ça soit
fermé".
Le chef de l'Etat a
justifié sa démarche par la nécessité pour les
lycéens de se responsabiliser en gérant par eux-mêmes
les activités extra-scolaires proposées dans les lycées.
"Si, par exemple, le
samedi des jeunes lycées se disent 'tiens, si on
allait au lycée faire tourner le ciné-club ou la
salle de spectacles ou les équipements
sportifs?'",
a-t-il déclaré.
"Que ce soit des lycéens qui gèrent les équipements
sportifs qu'on va faire, ça leur apprendra un peu à
devenir des adultes et à respecter les équipements
dont ils auront la gestion. Ce n'est pas forcément
aux adultes de tout faire dans le lycée", a-t-il
estimé.
Les élèves pourraient même se dire « Tiens, si
on allait faire des exercices de math ou un croquis
de géo ? »
Il en a d’autres des comme celle-là ? La réponse est
oui...
*
Retenues sur sale air ?
Difficile de
savoir ce qui se trame exactement en ce qui concerne
les retenues sur salaire pour faits de grève dans les
universités.
De prime abord, les enseignants du
supérieur semblent en tout cas un peu mieux armés que
les autres à ce sujet.
Mais dans le contexte de
reflux des mobilisations et de début des
vacances scolaires, et une
fois le bac et la plupart des
examens universitaires passés, il
faudrait néanmoins être bien
naïf pour croire que le gouvernement ne
fera pas suivre ces grèves de retenues sur
salaires. La période y est
propice.
Si certains journalistes pensent que l'on ne
s'orientera pas vers des prélèvements-matraques
aussi massifs que ceux
de 2003 dans le secondaire,
les enseignants du supérieur auraient cependant tord
de se croire à l'abri:
- des premières retenues, encore
modestes, ont déjà été opérées dès avril.
Comment croire que les
grévistes concernés ne fassent pas
l'objet de nouveaux prélèvements s'ils ont encore
fait grève après?
- La consigne du Snesup-FSU, qui demande à
ses adhérents, sur son site Internet, de ne pas
remplir les formulaires de déclaration envoyés par
les établissements n'offre
qu'une protection assez
illusoire, "d’autant plus
que la
jurisprudence considère
que lorsque l’administration
demande aux personnels de remplir des
états faisant apparaître s’ils ont ou
non participé à une grève, et qu’elle répute
grévistes ceux qui ne les ont
pas remplis, il appartient aux agents concernés
de prouver leur
non-participation à la
grève (Conseil d’Etat, 31 mai 1974,
Arcangeli)".
- La jurisprudence omont
(voir aussi là) prévoit même
que "dans le cas où l’agent n’a pas
d’obligation de présence
(lorsqu’il est en congé de cycle par
exemple), sa volonté de reprendre ses
fonctions, qui correspond à sa volonté de
ne plus faire grève, ne peut
évidemment être transmise à l’administration
puisqu’il est
absent. Dès
lors, l’autorité administrative
est fondée de considérer que
l’agent est toujours en grève et peut
prévoir une retenue sur
rémunération pour fait de grève."
C'est donc aux enseignants de prouver qu'ils
n'étaient pas en grève!
- Enfin, les enseignants
n'étaient pas les seuls grévistes, et les
personnels administratifs sont bien
moins armés qu'eux face aux
retenues sur salaire...
Des prélèvements pour
faits de grève
seront donc très
vraisemblablement opérés sur les
feuilles de salaire début juillet, début août
et début septembre, leur ampleur exacte (sans
doute assez variable suivant
le statut des
personnels, les
situations particulières de chaque
université, et les décisions de la
chaîne administrative) restant encore inconnue.
FL