L'Etat s'autodétruit ?

A l'inverse de certains sites d'enseignants, le Mammouth ne sera pas fermé pendant les manifs.
Au contraire il faut l'ouvrir, car qui ne dit mot consent et c'est bien fait pour sa gueule.

Darcos, RTL :
"Les suppressions de poste se poursuivront, parce que ce qui compte (...) c'est la manière dont nous nous organisons, et pas simplement le nombre de professeurs".

Perso dans mon bahut on est passé de 26 à 33 élèves par classe avec le retrait de 7 postes l'an dernier, si on continue on va monter à 38, et il va me faire croire que je m'organise mal...

* Education artisitique et histoire des arts : globalisation et rabotage.
Voici un petit résumé de ce qui s'annonce autour des enseignements artistiques au collège et au lycée.

De source syndicale - Dès la rentrée prochaine l'histoire des arts sera enseignée au collège et les connaissances acquises sanctionnées par une épreuve au brevet des collèges. Cet enseignement vient remplacer pour moitié l'heure d'arts plastiques et d'éducation musicale (en histoire il occupera un quart du programme). L'an prochain les collégiens n'auront plus qu'une demi-heure d'arts plastiques et de musique. La culture patrimoniale sera privilégiée au détriment des questionnements liés à l'idée de modernité.

Des ateliers animés par des intervenants extérieurs pourront être proposés après les cours, ces matières deviendront donc des activités péri-scolaires (dénaturées et non obligatoires).

De plus le gouvernement cherche à développer une éducation artistique et culturelle hors de l'école en développant par exemple les cours à domicile grâce à leur paiement ,en chèque emploi service !

Les connaissances acquises hors de l'école pourront être validées au brevet des collèges.
L'option de spécialisation en lycée sera réduite à 3 heures hebdomadaires ( au lieu de 5h actuellement ) si elle n'est pas supprimée ( toujours pas d'information claire à ce sujet ! ).
Jusqu'à présent les élèves en difficulté dans des disciplines ayant exclusivement recours à l'écrit pouvaient réussir en arts plastiques ou en musique parce que ces matières mobilisent d'autres langages...
Et pourtant Xavier Darcos affirme faire de l'aide aux élèves en difficulté sa priorité.
Les modes de recrutement et de formation des professeurs sont également transformés.

tout le dossier en pdf ici :
Arts-Plastiques

Mais encore une fois nous faisons certainement du mauvais esprit.

* Meirieu prêt à tout. Hier pour le Bac à unités capitalisables (voir plus bas), aujourd'hui le voici qui dit "nous sommes tous des professeurs d'école" et qui dit :

" Nous assistons aujourd’hui à une attaque en règle contre l’école primaire" écrit-il. "C’est, en même temps, une attaque contre la pédagogie que l’école primaire incarne : une pédagogie rigoureuse et exigeante, mais qui n’exclut pas, pour autant, l’attention aux difficultés de chacun et la construction du collectif. Cette attaque s’inscrit dans un contexte de libéralisation générale : on nous ressert, sous les oripeaux de la « modernisation », la vieille idée du 18ème siècle selon laquelle « les vices privées font les vertus publiques » et « la concurrence garantit la qualité » ! Cette attaque s’effectue en flattant tous les individualismes et en imposant, simultanément, une technocratie de plus en plus insupportable… Elle vise, en réalité, un des fondements de la République, indispensable plus que jamais à notre démocratie : la formation d’un sujet, capable, parce qu’il s’inscrit dans un passé et se projette dans un futur, de « penser par lui-même »".

Bac capitalisable. C'est ce qu'il dit ce mois dans la revue de la FCPE :

"Dans un lycée idéal, il est important de combiner hétérogénéité et homogénéité. Dans certaines matières (histoire, expression artistique, philosophie, éducation physique, etc.), il est possible de mélanger des élèves d'origines différentes, voire de filières et de cursus différents, pour éviter des ghettos et permettre de créer des ponts, pour fabriquer une véritable culture commune.
D'autres matières, en revanche, doivent être organisées en modules progressifs, adaptés aux besoins de chacun. Par ailleurs, pour en finir avec le bachotage, il faudrait que les élèves travaillent par projets, avec des tâches concrètes à présenter pour valider des acquisitions. Je suis pour le retour des TPE, les travaux personnels encadrés, et pour un baccalauréat non par contrôle continu mais par unités capitalisables. Dans ce cadre, bien sûr, la recherche documentaire doit avoir une place importante, car, face à l'information pléthorique, il faut absolument apprendre à la décrypter et à l'utiliser de manière critique qu'elle soit écrite ou en images.
Enfin, le statut des élèves doit aussi évoluer pour qu'ils soient bien plus associés à l'organisation même de la scolarité."

Nous sommes pas tous des profs de lycée et collège il faut croire... car c'est à peu près le fondement de la réforme Darcos.


* Les universités
collaborent (bien) à la destruction des concours nationaux d'enseignement et préparent au mieux leur régionalisation.

AEF -
Métiers de l'enseignement: les universités de Bordeaux et de Pau préparent un master régional commun

Les cinq universités d'Aquitaine - les quatre bordelaises et l'université de Pau et des pays de l'Adour - s'orientent, pour la formation des maîtres, vers un master régional "métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation", selon un document de travail que s'est procuré l'AEF. Ce master Meef sera porté principalement par l'IUFM, aujourd'hui école interne de l'université Bordeaux-IV, et co-habilité avec les autres universités. Il est conçu comme complémentaire aux masters existants, notamment les masters recherche, autour d'une architecture qui comprend 40% d'enseignements disciplinaires, 40% d'enseignements professionnels, 10% d'heures consacrées à l'initiation à la recherche et au mémoire et 10% à l'accompagnement et à l'exploitation des stages. Le document propose aussi que la régulation des flux étudiants soit assuré à l'entrée de cette formation, soit à l'entrée du M1.
Cette formation permettra l'accès aux concours de recrutement de l'enseignement (premier et second degrés) et de CPE mais ne concernera pas les préparations à l'agrégation. Elle vise la maîtrise des dix compétences professionnelles décrites dans le cahier des charges de la formation des maîtres; elle inclura l'intervention de professionnels en exercice et des stages, dont la mise en oeuvre reste à l'IUFM. "

Pour lire la suite et le détail de l'organisation régionale de leur préparation, c'est là .


* Mise en concurrence de l'Etat par l'Etat.
Suite. On en parlait il y a peu à propos d'un institution privée, Paraschool. En voici un autre exemple, toujours autour du domaine informatique ou semble-t-il tout peut se faire avec beaucoup de discrétion. Retour sur une commission mise en place il y a quelques mois.

info trouvée sur http://www.tice-toulouse.org, exactement là.

La Commission E-éduc : l’Education Nationale marginalisée par son Ministre
lundi 10 mars 2008
par
Patrick GATINES


Xavier Darcos ouvre grande la porte au lobby de l’informatique et au MEDEF

Alors que la mise en œuvre et les travaux des commissions Attali (sur la libération de la croissance) et Pochard (sur la rénovation du métier d’enseignant) ont été largement médiatisées par le gouvernement, la commission Mounet à été activée dans un cadre beaucoup plus confidentiel, sans aucune couverture de la presse, des radios et des télévisions. Pourtant alors que sa composition est proprement scandaleuse et se présente comme une entreprise de lobbying organisée sous l’autorité ministre Xavier Darcos, la mission de cette commission, dite E-educ, est d’une portée fondamentale pour les missions de l’Education Nationale dans le cadre de leur modernisation relativement à l’emploi et à l’implication des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE). Qu’en est-il au juste ?

Jean Mounet à la tête de la Commission E-éduc : un omni président

Jean Mounet est Ingénieur de l’École Supérieure de Chimie de Lyon, Docteur ès sciences physiques, diplômé de l’Université de Stanford (USA) en marketing stratégique, il a occupé plusieurs fonctions au sein du groupe Bull pour finir directeur marketing groupe. Jean MOUNET est aujourd’hui Président de Syntec Informatique, la chambre syndicale qui regroupe les Sociétés de Services et d’Ingénieries Informatiques (SSII) et les Editeurs de Logiciels . La Syntec a été créée en 1970, compte 650 entreprises adhérentes, représentant 85 % du marché des entreprises comptant 10 salariés et plus : soit un chiffre d’affaire représentant 33 milliards d’Euros pour des activités cumulées occupant 337 000 salariés. Syntec informatique, c’est un peu l’IUMM des services informatiques.
On ne croit pas si bien dire quand on sait que Jean Mounet a été récemment missionné comme
Président d’un groupe de travail du MEDEF pour rédaction d’un rapport intitulé « Faire de la France un leader mondial de l’économie numérique » publié en Janvier 2008 et prestement transmis au gouvernement. Rapport dans lequel le MEDEF donne nombre de conseils au gouvernement, notamment en matière d’éducation. (...)

Une commission aux mains des intérêts privés organisés
En effet les 19 membres restants se ventilent comme suit :

5 représentants de SYNTECH INFORMATIQUE (dont Jean Mounet est Président), ce sont : Gérard CLAVERIE, Cécile COCHARD, Claire HEITZ, Carole HUYVENAAR et Francis JUBERT.

2 représentants de SOPRA GROUP (dont Jean Mounet est vice Président, Sopra Group étant membre de Syntech), ce sont : Jean Claude Lamoureux et Jean Mounet (lui-même !)

2 représentants, l’un de Sopra group et de Pasc@line (dont Jean Mounet est Président) : Noël BOUFFARD l’autre de Syntech et de Pasc@line (Mounet est le président des deux) : Marie MOUCHOT

8 membres représentants de sociétés-membre de SYNTECH INFORMATIQUE : Pierre Lachaize pour CAP GEMINI Bernard LE MASSON et Nicolas MONSARRAT pour ACCENTURE Jacques MISSELIS pour HP/ Hewlett Packard France SAS Eric LE MAROIS, Valérie GASSER et Thierry de VULPILLERES de MICROSOFT et Jean-Charles ANDRE d’IBM

Enfin,
2 représentants de sociétés de conseil en stratégie et management spécialisées en informatique : Philippe MOLES pour STRAT-UP, membre au niveau européen du réseau d’experts d’E-gov solutions… et Gilles MOUTET pour … E-GOV SOLUTIONS


On remarquera que le « Système Moutet-MEDEF » au sens strict représente 17 représentants soit 74% des 23 membres de la Commission, pour des sociétés de services informatiques privées qui représentent en tout 83% de l’ensemble des représentants de la Commission. Toutes sociétés pour lesquelles l’Education Nationale constitue un marché juteux et qui se sont particulièrement bien organisées pour en faire tomber des pans entiers dans leur escarcelle, et ce avec la bénédiction du Ministre.
On soulignera également
l’absence de tout représentant de logiciels libres et gratuits dans la commission ! Aucun représentant significatif non plus d’organismes d’Etat développant des produits informatiques ! A croire que l’Education Nationale est d’une telle inculture et incompétence en la matière, alors qu’elle a déjà développé des produits logiciels innovants, opérationnels et … amortis.

Le secteur privé maître d’œuvre du secteur public : le projet ministériel comme collusion de pouvoirs

Avec la commission Mounet missionnée par le Ministre de l’Education Nationale, ce sont les représentants des intérêts privés qui sont assurés du pilotage et de la maîtrise de la définition de l’intérêt général et de sa dynamique en matière d’enseignement à l’heure des technologies de l’information et de la communication portant sur la politique à mener en la matière pour préparer aux défis du XXIe siècle nos élèves, étudiants et apprentis . De fait les intérêts privés vont y définir l’intérêt général tout « en se payant sur la bête », c’est-à-dire en faisant force propositions leur permettant, n’en doutons pas, de s’octroyer nombre de parts de marchés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). La part du lion que se taillent les entreprises du secteur et le MEDEF dans cette commission n’augure pas d’autre-chose tout en portant la signature du cynisme. Un cynisme dans lequel les représentants des logiciels libres et gratuits n’ont aucune place, bien sûr, tout comme ceux de l’Education nationales qui ont développé des produits amortis.

* Le Mammouth déchaîné chie dans la colle et dans les géraniums ? C'est à croire. D'après une info Mammouth, il apparaît que les pages de notre site ne sont pas consultables en Alsace à partir des ordinateurs des établissements scolaires, bien irradiés par les serveurs du rectorat. Après la surveillance, début de la répression ?

Alsaciens de tous pays informez-nous de l'évolution de la situation...

* Ca ne marche pas si mal que ça l'EN. On apprend aujourd'hui que les résultats des élèves de banlieue seraient en amélioration. L'ironie du sort c'est que cette info résulte d'un étude de 2006-2007, donc avant l'arrivée de Darcos. Donc c'est pas certains que cela dure...

Le Rapport qui le dit
est là.

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