| Lecteur,
attention, ces deux articles sont complémentaires! |
Poursuivons
la métaphore enfilée:
ne pas confondre
les fesses galantes
et
embarquement pour clystère
Aux
valeurs!
Chirac a envoyé Ferry à Porto Alegre (ça ne s'invente pas). Sa Hauteur
Philosophale a exigé un jet privé à 150 000 euros: aller voir des pauvres, mais savoir
rester digne, c'est beau.
Caprice
refusé; à la place, il a emmené sa femme, dont les hautes attributions gouvernementales
n'ont échappé à personne.
Darcos-toujours
À propos d'enseignants en grève pour cause de violence (bandes extérieures
effectuant des razzias dans le lycée):
"Être
enseignant, c'est accepter d'affronter les élèves tels qu'ils sont, ou alors il faut
changer de métier"
Et être con, c'est accepter un portefeuille pour ne rien en faire?
Une
lecture qui s'annonce édifiante et réjouissante:
"Collèges de France", de Mara Goyet (Fayard).
Les
extraits parus dans Le Monde (24/01) sont pertinents, impertinents et bien
écrits. Je l'achète demain, et si j'étais vous, j'en ferais autant (à bien y
réfléchir, cette phrase est très con...).
Addendum après lecture:
Ma fiche de lecture de bon élève: je les ai tous reconnus!
Lisez-le, riez, prétez-le.
Mal
documenté
Pour
annoncer la décentralisation du CNDP
(Centre National de Documentation Pédagogique),
Ferry, ce grand voyageur, s'est rendu à Poitiers, fief (c'est un hasard)
de Raffarin, où est déjà délocalisé (c'est encore un hasard) le CNED
(Centre National d'Enseignement à Distance)
Emporté
par son élan et n'ayant probablement pas eu le temps de potasser les anti-sèches de ses
sous-fifres, il a allègrement confondu CNDP et CNED. Toujours au top. Mais c'est un
hasard. |
N'oublie pas mon petit soulier...
Pendant les fêtes, les affaires continuent.
Pendant que nous croupions la dinde, les gros patrons
du monde ouvraient leurs cadeaux au raout de l'OMC.
L'Organisation Mondiale du Commerce planche actuellement sur la
libéralisation des services (publics) en Europe et ailleurs, soit plus de 140 partenaires
commerciaux. Et l'un des secteurs les plus visés est l'éducation, qui dépense deux
mille milliards d'euros, lesquels doivent tomber dans une poche: selon le précepte
libéral, "toute activité humaine doit être créatrice de richesse"
privée.
"Je ne peux pas faire ça en
public."
L'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) se rédige actuellement à Bruxelles (Union Européenne) et Genève (OMC), dans le
plus grand secret: dixit Pascal Lamy (des riches et bien portants), commissaire européen
au Commerce, "je ne peux pas faire ça en public" (interview dans Les
Échos).
Et l'accord devrait être valide et en marche le 31 mars 2003.
À partir de cette date, les états ne se conformant
pas à l'accord seront sanctionnés d'amendes, comme ce fut déjà le cas
pour les délais à la privatisation de l'énergie, par exemple. Ce qui signifie que ces
secteurs échapperont à nos lois.
Dans le même temps, le gouvernement s'engage dans une
décentralisation plus complète (en gros, tout sera régionalisé, sauf l'armée et les
affaires étrangères). Ce qui évitera à l'état de faire face à cette perte de
"souveraineté", et surtout reportera le poids des décisions et/ou des amendes
sur les collectivités locales.
Impossible (secret très secret!, voir plus haut) de
savoir si l'éducation est comprise dans la première vague de libéralisation, ou si le
dépeçage est prévu pour (un peu) plus tard. Mais quelle région (presque toutes à
droite) résistera aux sirènes (ou aux amendes) libérales?
Pour le réveillon, nous nous
sommes fait fourrer.
BB |
Enseigner, ou clystère?
Retour de fêtes tragique
La rentrée 2004
s'annonce gaie: partout les "dotations horaires" sont calculées à la hache.
C'est à peine si l'on parviendra à assurer les enseignements obligatoires, malgré les
nouvelles réductions d'horaires.
C'est là que l'on découvre toute la subtilité des
"Itinéraires de découverte" lancés à grands cris il y a quelques mois: pour
les assurer, il fallait (ah?) réduire l'horaire de français, maths et langues, et l'on
jurait que ces programmes seraient traités "autrement" dans ces fameux Idd.
Maintenant que les amputations sont opérées, on s'empresse de "redéployer"
les profs, c'est à dire de les partager sur deux ou trois collèges: on retire les moyens
dégagés.
Et l'on s'aperçoit qu'il sera impossible d'assurer les Idd.
"Enseigner autrement" =
enseigner moins
Tandis que le ministre nous bassine avec la nécessité
de renforcer l'enseignement du français (davantage, mais moins, quoi), cette course à la
désinstruction colle tellement aux objectifs de l'OMC que l'on en reste béat devant la
beauté de la coïncidence. Relisez les articles ici-parus depuis deux ans, si vous
trouvez que j'ai la lang(ue) à l'aigre...
Et si dans quatre ou cinq ans, quand partiront en
retraite (veinards, à soixante ans!) les dizaines de milliers de profs que l'on
s'évertue à ne pas remplacer, on venait nous dire, dans des régions devenues
maîtresses de l'Éducation-plus-du-tout-nationale, que le Mammouth est au bord du
gouffre, et que le seul salut est dans la libéralisation (= la privatisation) du
système?
Et si alors ce système public se réduisait à sa partie invendable:
ses ZEP, ses collèges difficiles, ses lycées de banlieue, ses écoles pour pauvres?
Plaisir anal
Ce jour-là, les jaunes continueront de dire que les
grèves qu'ils ne font pas et les manifs où ils ne crient pas ne servaient à rien.
BB |