
Les
aventures de Gnon-Gnon:
Gnon-Gnon
prend une branlée
+
"Une
impulsion nouvelle et forte"
Ex-ministre de l'équipement,
de Robien va s'occuper de nous
Charity
business
Une
bonne correction
En
Grande Bretagne, les corrections d'examens ont été privatisées et seront
dorénavant délocalisées.
Épisode
1
Les corrections d'exams nationaux ont été externalisées, c'est à dire
confiées à ce qu'on nomme là-bas une "charity" – l'équivalent d'une
"fondation", dont les bénéfices vont à des œuvres. Ça sonne mieux que
"entreprise privée", mais le but est loin d'être non-lucratif; il s'agit
quand même de gagner un max de pognon, même s'il n'est pas pour des
actionnaires.
Épisode 2
La dite "charity" n'a pas de moyens de coercition pour obliger les profs
à corriger, ni la volonté de les payer assez cher pour qu'ils accourent.
Pour simplifier le boulot (trop de copies par tête de correcteur), pression
est faite sur les rédacteurs des sujets: il faut favoriser les réponses
en un mot et les qcm. La correction influe sur les sujets, et à rebours
sur l'enseignement.
Épisode
3
Scandale national en juillet 2004: les correcteurs du bac (A-Level)
se sont parfois avérés terriblement sous-compétents et sur-exploités
– certains ont même sous-traité! – d'où un paquet d'erreurs et d'approximation,
et nombre de re-corrections.
Épisode
4
Rachat de
la "charity" par une boîte américaine: la privatisation est effective,
le but lucratif est atteint.
Épisode
5
Pour rentabiliser le processus, pour les exams 2005 on délocalise certaines
tâches en Inde: les copies seront scannées et téléchargées en Inde.
Là, on tapera les réponses des candidats; il s'agit bien sûr de réponses
en un mot, ou de qcm. Les réponses ainsi numérisées seront pour certaines
corrigées par des ordinateurs, le reste par des correcteurs en Angleterre.
Et les rédacteurs
des sujets sont d'ores et déjà instamment priés de veiller à multiplier
les questions à réponse en un mot et univoque, les qcm, les exercices
à résultat (et non à raisonnement ou démonstration rédigés).
CQFD: le système
de correction influe sur les épreuves, donc sur la préparation
d'icelles, donc sur l'enseignement.
Épisode 6 ?
Il
ne reste qu'une étape pour l'adoption de règles authentiquement
marchandes: les difficultés de saisie (encre trop pâle,
écriture peu lisible, râtures, etc.) facturées aux
établissements scolaires. Ça ne saurait tarder.
BB |
Lendemain de cuite:
remaniement du Mammouth
On
ne se trompe (de Mammouth)
pas de débat
Que
fiche donc la pseudo (ex-) constitution
en "une" du Mammouth Déchaîné?
Hormis le plaisir de la déculottée
de Gnon-Gnon, Potiron et quelques social-traîtres, il y a d'autres raisons
de se réjouir de ce gnon franc et massif. Car à la lecture de cette
purge constitutionnelle, le Mammouth se rappelle qu'il a de quoi se
faire du poil...
Il ne vous a pas échappé que l'enseignement est censé s'euro-harmoniser
assez rapidement. Pas de quoi s'en faire, sauf qu'à y regarder de plus
près cette harmonisation serait dans bien des cas une reculade par rapport
à certains de nos principes, de nos pratiques ou de nos ambitions. Ainsi
le "socle commun des langues", basé sur le désormais fameux "portfolio"
ou "passeport européen", qui ressemble férocement à un "manuel de la
débrouillardise en étranger", conçu pour une auto évaluation ("je suis
capable de..."), oublie-t-il tout à fait que l'on n'étudie pas une langue
vivante dans le seul but de s'en servir (sur le marché du travail?),
mais aussi (avant tout?...) pour forger son intelligence – au même titre
qu'on bosse les maths ou l'EPS sans intention de s'en servir pratiquement,
mais parce que l'abstraction ou la maîtrise corporelle, entre autres,
construisent l'esprit.
Ces détails n'apparaissent
pas en clair dans le traité constitutionnel, mais un coup de frein à
l'ingérence (centralisatrice, n'en déplaise aux europhiles) d'une idéologie
pédagogique dominante est toujours bon à donner.
La question de la libéralisation des services (que nous appelons
"publics", mais l'adjectif n'existe pas dans tous les pays, et le concept
est loin d'être unique, univoque et universel), cette question est indéniablement
une préoccupation enseignante. III-148: "Les états membres s'efforcent
de procéder à la libéralisation des services", y compris l'école; et
surtout "au-delà de la mesure qui est obligatoire": où l'on nous rappelle
qu'il y a déjà un engagement, un calendrier et une norme (une "mesure")
de libéralisation...
Autre point intéressant: "la liberté de créer des établissements
d'enseignement" (II-74) est un droit fondamental (!!!). Cette "liberté"
n'est certes pas contestée par notre législation, ni celles de nos voisins.
La vraie question est donc: pourquoi l'inscrire dans une constitution,
au même titre que la liberté d'expression, la liberté de la presse,
ou l'égalité en droit, au rang des droits fondamentaux? Là apparaît
l'arrière-pensée idéologique qui sous-tend la rédaction (fumeuse et
pas toujours cohérente) de ce "traité-constitution": le catenaccio.
La défense verrouillée. On affirme les principes de la libre concurrence
(en visant les services publics: externalisation, privatisation, soumission
obligatoire au marché), et dans le même temps on définit comme droits
constitutionnels les conditions matérielles de cette libéralisation
programmée.
BB
De Robien
nous fera-t-il profiter de son expérience?
Autisme
politique, autisme social,
bientôt l'autisme éducatif?
Optimisation comptable
des corrections
(voir ci-contre):
le prof de français automatique

|
De Robien ministre de
l'Éducation:
Les
flashes automatiques adaptés à l'Éducation Nationale?
Le
Robien est-il l'ennemi du mieux?
L'après-référendum
selon Fillon:
perte et tracas
Des Transports
à l'Éducation:
une ligne discontinue
Gilles de Robien:
un poids-lourd à l'Éducation?
Des Transports
à l'Éducation,
transfert de recettes:
nouveaux modes de contrôle?

IPR de lettres

IPR de maths

IPR de poésie
(Nouveau! Vu à la télé.)

Inspecteur général
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