Lecture
et révisions de la grammaire électorale
Que
ce soit dit : après le retour au b.-a. ba, on fera des leçons
de grammaire comme au temps où les gens ne faisaient pas de fautes.
De Robien, l'Irréel du conditionnel, l'a fait. Voilà l'affaire
du participe classée. Tant mieux, tant pis, on jugera au résultat.
Ce qui dans cette histoire est surprenant c'est encore une fois plus la
forme que le fond, bien que l'on puisse se demander dans quelle mesure
la première ne vient pas cacher le second. Étalage aux journalistes
sans nuance ni critique de sujets sur lesquels les spécialistes
s'étripent régulièrement, tranchage à la hache
du ministre avec si possible bruits et fracas.
Il
en va ainsi de la pédagogie électorale à la veille
d'une échéance majeure.
Cette fois on aborde, nous dit-on, les vrais sujets avec des vraies questions.
Il faut y répondre sans doute, mais sans démagogie électorale,
pour ne pas voir que l'exception qui confirme la règle. D'autres
questions mériteraient d'être posées, mais celles-ci
semblent mois urgentes:
– Qui dira que la réussite scolaire dépend essentiellement
du nombre de mots qu'un élève utilise et maîtrise
oralement à l'entrée en CP, et par conséquent du
milieu social auquel il appartient?
– Qui dira que ce milieu social est conditionné avant tout
par le salaire et que le salariat à temps partiel (notamment) qu'on
impose ne permet pas à ceux qui le subissent de s'extirper de leur
condition?
C'est sûr il ne s'agit pas de problématiques
chrétiennes, saint Paul l'a dit.
C'est sûr il ne s'agit pas de problématiques
libérales, on s'en douterait.
Visiblement, il ne s'agit pas non plus
de problématiques sociales... Mieux vaut coller des rustines et
faire boire de l'eau distillée.
Ah, allez-vous me dire, c'est quoi ces accents crypto-marxistes? Encore
des profs gauchos incurables * ? Ben non, juste une tendance à
réfléchir par soi même et à considérer
la polysémie d'une autre grammaire, historique cette fois, à
suivre les règles d'une histoire (évacuée des programmes
scolaires d'ailleurs) dont les problématiques réhabilitent
Marx sans un faire un gros mot.
DR
(* Fréquentez
une salle des profs plus de quinze minutes et les clichés sur les
gauchistes prendront un sacré coup d'anti-mythe!)
De Ségolène
Royal, à propos des inégalités face à la carte
scolaire:
"si pour certaines catégories, notamment les mieux informées
ou les plus privilégiées *, le libre choix d’une
école est un bon principe, pourquoi est-ce que ça ne serait
pas le cas pour tous les Français? C’est ça être
socialiste, c’est ouvrir l’éventail des choix à
tout le monde dès lors que c’est bien pour certains."
Est-ce que quelqu'un
pourrait lui expliquer que l'école publique est GRATUITE?
Elle nous copiera cent
fois "Je ne dois pas penser avec la bouche".
* Saluons
au passage l'admirable style de l'ancienne "ministre de l'enseignement
scolaire" (???): il y a donc "les plus privilégiés",
on peut supposer qu'il y a des "moins privilégiés",
sûrement des "assez privilégiés", dans un
coin quelques "un peu privilégiés" côtoyant
des "correctement privilégiés".
De
Robien veut étouffer l'éducation:
c'est Robien des boas. |
L'empaffé
du subjonctif
De
nouvelles directives concernant l'enseignement de la grammaire en primaire,
soit. Mais au lieu de les communiquer aux intéressés –
les enseignants – le ministre de la Propagande les brandit dans
la presse. Coup double espéré: jouer les Zorro, et écorner
un petit coup l'image de l'école décidément incompétente
sas cet homme providentiel. Et en court-circuitant ceux dont c'est le
boulot, inspecteurs et Conseil des Programmes.
Du grand art dans le brassage de vent de
la part du type qui préside à la magnifique opération
de démolition de l'ÉducNat en cours (recrutement tari sous
prétexte d'un creux démographique qui se chiffre à
trois élèves en moins par collège, abaissement du
niveau de compétence par la bivalence, aggravation des conditions
d'exercice et des conditions de scolarité, ...).
À quoi sert le De Robien? À
se faire mousser la mise en plis sur le dos du Mammouth.
BB
Nanti n'a qu'un
œil
Réécriture
du célèbre Décret de 1950 qui régit
notre profession = manif' des profs. Et les commentateurs zélés
de s'offusquer: ces gros feignants accrochés à leurs privilèges
ont le toupet de refuser la réforme d'un texte cinquantenaire!!!
Retenons la valeur de l'argument: ce texte
n'a pas connu d'avancée sociale depuis cinquante ans.
Et aujourd'hui qu'on veut nous infliger
une régression par rapport à 1950, on nous accuse de refuser
le progrès.
Mais au moins sait-on pourquoi l'ÉducNat
est surnommée le Mammouth: on l'a congelée il y a bien longtemps.
Encore
un drame de l'échec scolaire:
Révolutionnaire:
Sarkozy propose que les parents d'élèves siègent
dans les conseils d'administration*.
Il nous
copiera cent fois
"Je ne dois pas parler de ce que je ne connais pas".
*(Pour les ceusses qui ne le sauraient pas: c'est le cas depuis bientôt trente ans...)
La
vie des grands fauves (suite):
Allègre
bouge encore:
il vient de se faire remercier de l'Express. Encore un coup du réchauffement
climatique...
De Robien
l'assureur masqué veut sinistrer nos statuts:
un non macif
|
Le
Mammouth se repent
(dans la gueule)
Bivalence:
l'exemple vient d'en haut
De Robien,
formation initiale: UDF,
discipline d'exercice: UMP
Lu
sur le site de campagne de Mââme Royal:
"Desserrer
les contraintes de la carte scolaire, c’est rétablir l’égalité
républicaine."
Liberté!
Laissons les pauvres payer des écoles privées à leurs
gosses!
Éducation
sexuelle:
"Seules
comptent les positions qui sont dans le projet."
( F. Hollande)
Harmonie
gouvernementale:
toilettage
du décret de 1950
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