Vive le monologue social!

Ne nous y Fillon pas...

L'imparfait du supplétif

 

 

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Avril 2004 Ouille!, j'ai pris un coup dans les urnes
Mai 2004 Les saintes huiles qui nous gouvernent (En laïcité surveillée)
Juin 2004 Le Mammouth décharné (Destruction publique)
Octobre 2004 Moins de Lettres, plus de mots
Décembre 2004 Ce texte est un fourre-trou (Loi d'orientation)
Mars 2005 Le silence de l'amer (Un silence qui en dit non)
Avril-mai 2005 Le saigneur des ados (CRS, propagande & positive béatitude)
 

Avril 2004

Ouille!, j'ai pris un coup dans les urnes

Le fossoyeur des retraites à l'Éducation Nationale:

Raffarin a trouvé le bon Fillon

    Pour remplacer un catho-démocrite aux petits pieds, Chirac et son homme de paille Raff' nous refilent un chrétien-démocrate (l'un de ces deux termes étant pure hypothèse) à chemises vichy.

Ont-ils fait le bon chouan?

    À première vue, cette nomination ressemble à une provocation: il y a dix mois, nous défilions en scandant son nom tout autant que celui de Ferry.
    Mais à y bien regarder, ce type sort relativement indemne de la réforme des retraites, après nous avoir défoncé le trou de l'unedic.

Courage, Fillon

    Et en tant que ministre des Affaires Sociales (je sais, ça fait rire), il a surtout gagné auprès de ses collègues ministres le surnom de "Courage, Fillon" pour son art de l'esquive face aux milliers de morts de la canicule.

    Il passe pour un bon négociateur, qui a payé de quelques chérèques sans provision l'assassinat des retraites. Une vision très contemporaine du "dialogue social". On compterait sur lui pour nous entourlouper de même que nous n'en serions pas autrement surpris.

Sans objet direct

    Mais pour nous, la question essentielle demeure sans réponse: Fillon a-t-il la moindre légitimité au ministère de l'Éducation? La seule particularité qu'on lui connaisse, c'est qu'a priori sa nomination satisfait le camp des culs-bénis. Mais à part ça, quand l'a-t-on entendu émettre une opinion sur les principes, les valeurs, ou le devenir de l'instruction en France? Depuis quand est-il un spécialiste, ou au moins depuis quand a-t-il un intérêt pour ces problèmes?

    En réalité, la question est sans objet. La réforme promise de l'Éducation Nationale n'a rien à voir avec la réussite de nos élèves, la réduction de la "fracture culturelle", l'adaptation supposée à une société en évolution.
    Ce qu'il faut réformer, c'est le principe même du service public. La fameuse "réforme de l'état" jugée indispensable par le gouvernement comme par l'opposition de la droite socialiste, c'est le démantèlement des institutions publiques. Dégraisser l'état pour engraisser l'entreprise privée.

    Et pour faire ce boulot-là, nul besoin d'un philosophe ou d'un pro de l'éducation; un ministre UMP quelconque fera l'affaire.

BB    



Pétillon - Le Canard Enchaîné

Qui a dit?...
    "Dieu aidant, nous fonderons ensemble et quand vous le voudrez, sur les larges bases de la décentralisation administrative et des franchises locales, un gouvernement conforme aux besoins réels du pays."
    C'est le comte de Chambord, prétendant au trône de France qui le frôla sous le nom d'Henri V. C'était le 5 juillet 1871.


Le sinistre Fillon s'est lavé les mains de la canicule:
c'est Ponce-sans-rire


Rappel: le libéralisme est une idéologie

    Pour ceux qui trouveraient l'édito ci-contre excessif, il est bon de réaffirmer que, contrairement à leurs affirmations, les libéraux sont des idéologues.
    Leur credo: la loi du marché est la loi naturelle qui régit le monde. La seule formulation de cette pensée profonde ne laisse aucun doute, c'est un dogme, une foi. Les politiques et la presse nous ont rebattu les oreilles de "la fin des idéologies" à l'effondrement du bloc socialiste soviétique. Mais cette disparition a eu pour principal avantage de laisser la place (à l'échelon planétaire) à une nouvelle religion, tout en fournissant l'occasion de nier qu'elle fût une religion.
    Principe libéral: toute activité humaine doit être créatrice de richesses. Et pourquoi? Ben parce que c'est comme ça. On nous dit que c'est une loi économique, j'appelle ça une sourate. Seule l'entreprise privée est créatrice de richesses et (le grand mot) de valeurs. Ah bon? Ben oui, puisqu'on vous le dit. La loi des marchés est juste et garante de justice, elle aboutit nécessairement à un équilibre par le jeu de la concurrence, et à un mieux-être pour tous; c'est ce que nous constatons chaque jour, et certains le constatent même amèrement.

    Bref, les hommes politiques qui nous entraînent là-dedans sont au pouvoir pour servir leur monde – le Medef – ce qui est le but de la vie politique: être élu par ceux qui y ont intérêt pour faire ce qui profitera à cet électorat. Avec une petite nouveauté:ils arrivent à se faire élire par leurs victimes pour favoriser une poignée de requins malhonnêtes.
    Ou alors ce sont des imbéciles façon Madelin, ni riche ni ministre, et c'est bien fait pour lui.

BB (Et merci à Cabu) 


Le faible poids des mots

    Nous relayions le mois dernier une opération de souscription pour payer une tribune dans Le Monde, pour expliquer ce que sont les manœuvres pour la rentrée à venir. Détails.

    Il fallait 300 donateurs à 60 euros pour lancer l'opération. Soixante euros, c'est une journée de grève, quinze paquets de mes clopes, une paire de pompes qu'on n'use pas à manifester, un resto pour deux ou trois, cinq ou six bouquins, un parfum, un raton laveur...

    Il n'y eut que 90 promesses de participation, et c'est tombé à l'eau.

    C'est à désespérer.

Délinquance scolaire:
Ferry s'est fait piquer son portefeuille



Cabu - Le Canard Enchaîné


Ferry prend le large: l'embarquement pour se taire

Son éloge funèbre est .


Est-ce que Fillon va au cabinet (ministériel)?


Ferry remercié à coups de pied dans le Fillon


Remaniement houleux: Ferry et Mer dans la tempête


Tempête en Mer,
t'en chies en Ferry


Mer et Ferry sont dans un gouvernement qui coule : lesquels tombent à l'eau les premiers?

 

     

        


Mai 2004

Les saintes huiles qui nous gouvernent

Premier acte du Supplétif Fillon à l'Éducation: une connerie.

En laïcité surveillée

    Voilà donc notre Fillon chargé de rédiger les décrets d'application de la loi sur la laïcité à l'école et autres circulaires  afférentes (atterrantes, dans son cas!).

    Selon la méthode en vogue pour tâter le terrain sans engager de concertation, les syndicats et la presse ont donc eu connaissance d'un "document de travail" – c'est à dire une première mouture dont la fuite est préméditée, et qu'il a fallu très vite réécrire vu le tollé.

Édifiant

    Et le contenu en était stupéfiant. Ce texte autorisait explicitement les "signes religieux discrets, en particulier en raison de leurs dimensions". Qu'il soit implicitement admis que certains accessoires de quincaillerie ne sont pas un prosélytisme, et qu'on légifère sur "l'ostentation", c'est une chose; qu'on envoie aux croyants actifs le message que la laïcité a ses limites, c'est pousser le goupillon un peu loin!

    Histoire d'enfoncer le clou, notre Sinistre (ou ses rédacteurs, dont il faudrait surveiller l'alcoolémie ou les motivations...) déclare que les "tenues traditionnelles" seront autorisées "là où elles ont été jugées jusqu'ici compatibles avec le principe de laïcité et le bon fonctionnement du service public de l'enseignement". Le Sinistre a ensuite expliqué qu'il s'agissait là de tenir compte de particularités des DOM-TOM; entend-il qu'il y a matière à conflit sur le sujet du bermuda de surfeur?

La croix et la manière

    Et d'autoriser dans la foulée les accessoires ou vêtements qui, "même s'ils peuvent être portés dans certains cas pour des motifs d'ordre religieux, sont aussi portés communément par les élèves en dehors de toute signification religieuse". Résumons: les foulards que porte ma tante les jours de vent légitiment les autres, et les médailles de la vierge valent les souvenirs de Palavas les Flots.

Faire l'âne pour avoir du Fillon

    La question subsidiaire, la voilà: pourquoi Fillon a-t-il pondu ce fatras d'âneries? Je vois trois réponses possibles:
    1) Fillon est un âne et/ou un maladroit (on finirait par en prendre l'habitude);
    2) les conseillers de Fillon sont ceux de Ferry, et il conviendrait de se poser de sérieuses questions sur le niveau de recrutement du ministère;
    3) Fillon a voulu tempérer un texte sacrilège. Dans ce dernier cas de (triste) figure, a-t-il agi en accord avec son Premier Ministre papophile, le cardinal Raffarin dit "l'éminence creuse"? A-t-il voulu calmer les énervés de la burkha (manœuvre politique malavisée), ou flatter les agités du bénitier (parti-pris idéologique inacceptable à son poste)?

Mé-fillon-nous...

BB    


Sainte laïcité, préservez-nous

Condamnés pour un slogan

    L'association Aides à Toulouse a présenté dans une campagne locale en faveur du préservatif l'image d'une religieuse portant une croix pectorale avec le slogan "Sainte-Capote, protège-nous" (mars 2003).
    Plainte de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), qui s'estimait insultée.
    "Nous n'avonc jamais eu l'intention d'injurier l'Agrif dont nous ignorions l'existence", a déclaré le président national d'Aides. Néanmoins, deux dirigeants toulousains ont été condamnés ce mois d'avril à une peine d'amende de 1000 euros avec sursis pour "injures raciales" à caractère religieux.

Catholique, c'est une race, ça?

    L'assimilation de la pratique religieuse à une race ne laisse pas d'étonner. Rappelons que le racisme est haïssable parce qu'il s'attaque à ce que l'on est et non à ce que l'on fait par choix, et qui peut légitimement susciter des opinions. Il faut donc déduire de ce jugement que le fait de croire à l'hypothèse du Grand Barbu est un caractère physiologique indépendant du libre arbitre, au même titre qu'une infirmité, une maladie, une orientation sexuelle, un type physique. On comprend mieux pourquoi les mécréants sont dits "libres penseurs", effectivement!

    La référence à la religion, l'utilisation humoristique de formules qui sont des clichés inscrits dans notre mémoire, l'implicite clin d'œil visant l'hostilité affirmée des papistes aux campagnes en faveur du port du préservatif sont donc interdits par un tribunal rendant la justice laïque au nom du laïque peuple français. Un certain nombre de propos ou de dessins de ce site tombent alors sous le coup de cette loi tombée du ciel. En revanche, j'ai le droit de dire que cette association Agrif est dangereusement paranoïaque, ou s'en prend à une cause louable pour imposer un obscurantisme criminel: je ne m'en prends pas à eux pour leurs croyances, mais pour un acte civil devant la loi civile.

    Sachant qu'il est interdit de commenter une décision de justice, je me garderai bien de me demander si les juges concernés sont conscients de ce qu'ils font, oublieux de leurs devoirs face à la république, ou atteints de démence sénile précoce. Loin de moi ces mauvaises pensées.

BB  

Laïcité encore:
condamnés pour un slogan dans une campagne en faveur du préservatif, "Sainte capote protégez-nous".
Détails ci-dessous


Rentrée 2004: pénurie confirmée

Moins de pions, plus de Fillon

Cabu - Le Canard Enchaîné


Laïcité toujours:
Ambiel, le dir'com' de Raff' pris la main dans le panier avec une pute mineure, donne des cours de catéchisme.


Fillon se prend les pieds dans le tapis persan. Sans directeur de com', Raff' a la raffarinade morose:
BB


Laïcité hospitalière

Pour ne pas être cueilli à froid par la prochaine canicule, le ministère de la Santé prépare une brochure conseillant d'aller se mettre au frais dans les supermarchés ou les églises.

Les marchands et le temple,
beau résumé du bien qu'on nous veut.


Ambiel embarque une mineure et insulte et menace les flics:
incivilités et pédophilie,
il finira à l'Éduc'Nat


La laïcité est en danger, c'est clerc!


Réinsertion professionnelle

Ferry en cale sèche:
déboires du calife jusqu'à l'hallali...
Détails

 

     

        


Juin 2004

Le Mammouth décharné

     Il y a quatre ans (et quatre ministres), à la naissance du Mammouth Déchaîné, nous avions l'ambition de parler d'instruction publique parce que nous trouvions que l'École ne faisait pas assez l'école. Aujourd'hui, c'est à croire qu'on veut qu'elle ne fasse plus rien du tout.

Destruction publique

     Les mauvais esprits qui n'ont pas confiance dans l'esprit de réforme, nouveau concept sacré de la bonne raffarance (note du traducteur: la raffarance est à la politique ce que la gouvernance est à la langue française: une déviance), brandissent le spectre de l'ultra-libéralisme négligeant l'Éduc'Nat au profit de l'entreprise privée. Les plus chagrins avancent même que le but de la politique actuelle est de saccager le service public pour devoir un jour constater qu'il n'y a plus rien à en tirer, et, en rougissant peut-être un peu pour la forme, réaliser le rêve médéfien d'une instruction privée intégrée à l'économie de marché.

Instruction publique privée de tout

     Ces mal-pensants – dont nous sommes – doivent bien convenir que les apparences y sont. Alors que l'on nous annonce que la "fuite" vers les établissements privés a fait un bond récemment (la faute à tous ces feignants de grévistes!), on procède à un bombardement au napalm sur les effectifs de professeurs. Non content de laminer le plan pluriannuel de recrutement arraché à Djack pour faire face aux massifs départs en retraite imminents, on réduit encore en cours d'année les postes mis aux concours; et tant mieux si les candidats ayant découvert en cours de préparation que leurs espoirs étaient brutalement divisés par deux renoncent à la carrière: une pénurie de candidats ne serait pas pour déplaire.
     Comment réagiront les parents bercés par le clientélisme né des lois de Jospin (du temps où il faisait ses conneries à l'Éduc'Nat) lorsqu'ils découvriront que leurs gosses, plus nombreux dans les classes, privés de remplaçants, parfois pris en charge par deux profs pour une discipline, confrontés aux mêmes programmes avec moins d'heures de français, de math, d'histoire, de langues, moins encadrés dans les couloirs ou la cour, bref moins instruits et moins en sécurité, sont les victimes de l'opération?

Maman, j'ai rétréci l'école

     C'est le célèbre "Coup du Medef": on refuse de payer sa part à l'Unedic, puis on hurle que les caisses sont vides; on fout en l'air le paritarisme de la Sécu et on dit qu'elle est mal gérée, on l'appauvrit et on crie à la gabegie; on diminue les impôts (5%, ce n'est rien pour nous, mais pour les gros revenus, c'est très chouette!) et les prélèvements, et on pleurniche de devoir diminuer les dépenses.
     On bousille l'école publique pour pouvoir la montrer du doigt. Car le système de rêve d'un libéral, c'est le tout-privé tout-concurrentiel. Tout doit rapporter. Pour que ça rapporte, il faut payer. Et les pauvres, alors? Rassurez-vous, nous serons là pour eux. Pour enseigner à des classes entières de défavorisés, et pour payer pour eux les services "externalisés". L'enseignement à plusieurs vitesses: horaires à la discrétion des boîtes privés, horaires minimum pour les autres; matériel et locaux en fonction des moyens des familles et des partenariats avec les entreprises pour les uns, en fonction de moyens publics réduits pour les autres.
     Ce n'est pas une boîte de vitesses, c'est un dérailleur qu'on nous prépare.

BB  


Enseignement général:
de profundis
(en bon français: bien profond)

     Première mesure du ministère du vacataire Fillon, l'annonce d'un projet du prédécesseur: à partir de la rentrée 2004, les (ou des?) élèves de Troisième pratiqueront une forme de mini-alternance par des séjours en Lycée professionnel, et/ou en entreprise. Et les enseignements devront s'articuler autour si l'on ne veut pas que l'année scolaire soit un gruyère. Et c'est considéré comme une option (on y évaluera quoi? Mystère...). Et ça tombe comme un cheveu sur la soupe. Et ça fait plaisir à Monsieur Medef.

Des pains et des jeux

"Pendant que les Français seront devant leur télé à regarder du football, la réforme sera plus facile à faire passer."
De Néron-Raffarin à ses ministres,
à propos de la Sécu.
(Cafté par le Canard Enchaîné du 2 juin.)

La démocratie, rien à foot.


Écarts de langage 

     L'Éducation Nationale n'a jamais autant fait pour la nation, pourrait-on croire. Et pourtant, dans les Grandes Écoles, qui furent en leur temps la voie royale de l'ascension sociale, on est passé de 29% d'étudiants issus de familles ouvrières à 8%.
     Certes, les classes ouvrières sont proportionnellement moins importantes dans la population qu'il y a cinquante ans. Certes, l'atmosphère d'une cité HLM de 50000 habitants frappés par le chômage depuis trente ans est plus corrosive que celle d'un coron. Certes, le sauvageonnisme n'est pas harmonieusement réparti dans les couches de la société.
     Mais ce qui a le plus changé dans l'école, c'est le français. De refonte en rabotage, en trente ans nos élèves ont perdu l'équivalent d'une année de cours de français en primaire, et une autre en secondaire. Et la perte est particulièrement lourde dans l'acquisition des "outils" de base: grammaire, orthographe, bref la langue bien lue, bien parlée, bien comprise. Quel meilleur instrument d'égalisation sociale a notre société? L'accès à l'égalité des chances est un leurre sans les armes égales de la même langue pour tous, qu'elle soit naturelle dans une famille instruite, ou toute entière construite à l'école de la république.

BB    

     D'autres le disent mieux que nous, données à l'appui. Ça s'appelle Sauver les Lettres, et c'est .


Privilèges honteux

Trois mois de vacances,
neuf mois de vacation

     L'exemple vient d'en haut. Fillon, ministre vacataire, sera le plus gros employeur d'intérimaires de France.
     Pour compléter les effectifs de profs décimés, recours systématique aux vacataires. Ce ne sont pas des profs: à raison de même pas 200 heures par an, ça s'appelle un job d'appoint; ou alors il faut un deuxième revenu. Il n'y a aucun espoir d'intégration à la fonction. Pas de droits sociaux, ni congés de maladie, ni congés payés, les vacataires sont des journaliers payés à la tâche. Aucune vérification possible des compétences, il faut compter sur la chance, et aussi (heureusement) sur le dévouement de gens traités comme des exploités de sweat-shops.
     C'est là toute l'ambition de l'État français pour l'Éducation nationale.

     Une Mammoutte nous relate son paradis vacataire.

Les fiches Brevet du Mammouth Déchaîné
Fiche n° 129:
Résistance et libération


Nouveaux programmes de Physique:
Archimède appliqué aux réformes

Tout corps plongé dans un liquide vit aux dépens de celui qui l'égoutte.
(Piqué à notre pote Manuel)


Le Dir'Com' et la chair fraîche, suite:
Raffarin a remplacé Ambiel par Bonnemain.
C'est un vœu pieu?

BB


Seillière met la main sur les éditions scolaires Nathan, Bordas, etc.
Lui qui trouve les manuels scolaires "trop marxistes", il va y mettre un ordre nouveau.
Merci à Cabu (Le Canard Enchaîné)


Bonnemain nouveau dir'com' de Raff.
Sa spécialité, le bras de Boulogne?



Et l'argent du pot de beurre...
Merci à Cardon (Le Canard Enchaîné)


Après l'affaire Ambiel, il y avait le feu.
Plutôt qu'un pompier,
Bonnemain.

 

     

        


Juillet-août 2004

Le sable et le roupillon

  Des pains et des jeux

"Pendant que les Français seront devant leur télé à regarder du football, la réforme sera plus facile à faire passer."
De Néron-Raffarin à ses ministres, à propos de la Sécu. (Cafté par le Canard Enchaîné du 2 juin.)

La démocratie, rien à foot. Et avec le Tour de France, le tournoi de pétanque de La Marseillaise et les Jeux Olympiques, on n'a pas fini de morfler...


Résiste: sois un ohm!

Le Mammouth Déchaîné part arroser sa morue de vinho verde,  mais pense encore à vous et vous laisse un paquet-fado pour meubler vos vacances en entretenant vos neurones.

  

Cliquez ici pour les
jeux d'août,
jeux de
Mammouth.

Le Bac, peuchère.
Et de moins en moins.

C'est le Canard Enchaîné qui nous l'apprend:
dans l'académie d'Aix-Marseille, deux nouvelles options sont apparues pour l'épreuve d'EPS du baccalauréat:
la pétanque et la relaxation.

(
Pour cette dernière spécialité, l'épreuve consiste à marcher les yeux fermés vers un mur et à d'arrêter au ras d'icelui sans hésiter.)

    N'écoutant que son bon cœur, le Mammouth Déchaîné propose ici quelques idées largement aussi brillantes pour les candidats des autres académies. En Corse, vote sans les mains et enfilage de cagoule. À Cambrai (comme au rectorat d'Aix-Marseille), concours de bêtises, et compétition d'andouilles à Vire. Pour les bahuts cathos, épreuve de génuflexion. On n'ose penser à ce qui viendra à l'esprit des candidats de Saint-Claude...

 

     

        


Octobre 2004

Moins de Lettres, plus de mots

Le rapport du sieur Thélot analysant le Débat sur l'École est pondu; on savait que ces conclusions étaient pré-écrites, on n'est pas déçus.

Ossétie qu'on va?

    On s'était pourtant bien juré de ne plus faire de politique dans ces pages et de revenir sur notre lutte de fond de culotte et de magasin qu'est l'instruction publique, mais là, on est bien obligé, fallait pas provoquer de la sorte.

Le Thélolisme
va flapper la Flance.

    Donc Thélot et son rapport, ou comment entretenir la bonne ambiance qu'on a dans not' beau travail de tous les jours, et comment faire passer des problèmes budgétaires pour des enjeux éducatifs, ou encore comment acheter les plus récalcitrants des profs en leur faisant croire qu'on va les payer plus.

Le modèle anglais cher à Darcos

    Exemples de propositions qui vont tous nous rendre plus solidaires: l'allongement du temps de présence (4 à 8h) sera proposée aux anciens (et se fera au volontariat) et imposée aux néotitulaires; création d'un conseil pédagogique et d'un conseil éducatif qui imprimera une véritable politique d'établissement; doter l'équipe de direction d'une plus grande capacité d'action (sic); donner aux établissements le pouvoir de trouver dans les 48 h les ressources nécessaires pour palier les absences (plus loin on lit que la mission d'un prof pourrait aussi être d'en remplacer un autre); la mise en place d'un directeur des études, intégré à l'équipe de direction et chargé de l'animation pédagogique...
     Je vous laisse lire cette prose édifiante (lire les chapitres 5 et 6, pp. 79 à 111, les plus poilants).

Rapport non-protégé

    Certains disent: de toute façon encore un rapport pour rien, comme d'habitude. Pas d'excès d'optimisme les gars, car cette fois il y aura bien une loi au bout (premier trimestre) et son orientation est claire et n'a pas grand chose à voir avec une quelconque politique éducative. Comme dans toutes les autres fonctions publiques, pour des raisons qui échappent à la rationalité immédiate, il faut développer les méthodes manageriales du privé, qui accompagnent les pratiques financières liées à la fameuses Lolf. C'est clair, et c'est même dit publiquement par les hauts fonctionnaires de certains ministères, mais il faut croire que dans l'EN on ne veut rien voir en face.

    Mais de tout cela, on ne sait pas bien sûr ce qui sera retenu (pouf, pouf).

DR   

Le retour de la dictée

Fillon-Raff-ptcot.PCX (51554 octets)


Réhabilitons les méthodes éprouvées:
diktat,
réaction,
récession.

    Révélation, Fillon est finalement un vrai ministre de l'éducation: il fait sa rentrée (dans le lard) avec l'antienne de ses prédecesseurs "recentrons l'école sur les savoirs fondamentaux", en n'oubliant pas le couplet "il faut réhabiliter la dictée, la rédaction, la récitation".

    Ce discours a tout pour plaire, et autant à nous, chantres de l'instruction, qu'au grand public qui comprend et attend ce genre de message simpliste (on nous prépare d'ailleurs "les trains doivent arriver à l'heure" et "les impôts baisseront de 30%"). Mais nous nous émerveillons surtout de la miraculeuse compétence pédagogique qu'une fée a tout soudain refilée à notre omni-spécialiste es-affaires sociales, PME, éducation. Costumé en ministre, on en a aussitôt la science! C'est jouissif. La fonction crée l'orgasme.

    Autre motif d'admiration devant ces virils propos: Môssieur le Sinistre de l'Éducation, qui a sous ses ordres le Conseil des Programmes, s'est bien gardé de lancer une réforme des contenus enseignés. Sa divine parole suffira, à ton maître obéiras, des dictées feras.

Plus de mots, moins de Lettres

    Et ceux qui feront remarquer qu'on vient une fois de plus de réduire les heures d'enseignement du Français sont des négatifs et des défaitistes. Et les petits malins qui iront lire dans les programmes que dictée, rédaction, récitation sont toujours prévus dans les cours
    Tout comme sont mal tournés les esprits forts qui suggéreront que ce prechi-precha de rentrée a des relents réac et colle trop bien à la mode de la néo-autorité pour être tout à fait innocent.

    Sinon, bonne rentrée, avec moins de Lettres et plus de maux.

BB    

Fillon est
"le maillon faible du gouvernement"
(Raffarin)
Décidément, on nous réserve toujours les meilleurs...


Toujours de Raffarin:
"On ne voit rien sortir de son ministère".
Si: des conneries.


La Formule1 du gouvernement

Fillon néo-sénateur s'accroche à son maroquin

On le croyait sur la grille de départ,
il est en colle-position

C'est Étron Sénat


Le feuilleton de la pentecote

Raff et Fillon
mésentente sur un jour ferryé:
encore la faute à l'autre con!


L'enseignement catho réclame des postes
(à nos frais!):
ils veulent la bure et l'argent de la bure.

 

     

        


Décembre 2004

Loi d'orientation: à boire et à manger pour mieux la faire avaler

Ce texte est un fourre-trou

Éducafillon:
comment nous brouiller l'écoute?

    Décidément, il y en a pour tout le monde dans ce nouveau projet de loi. Une fois encore la méthode Fillon fait des ravages. Soyons clair: l'éducation, on s'en moque un peu. La charge qu'a reçue Fillon est de mettre en application des orientations européennes tant sur les moyens (réduction des déficits budgetaires), sur les outils (ouvrir l'école au juteux marché de l'éducation), que sur les finalités (de mêmes compétences de Nicosie à Reykjavik [1]). Objectif: pas de vagues, donc on accorde à tout le monde un coin de ses revendications.

Panier garni

    Aux plus intransigeants: retour du redoublement (encore un blabla de ministre qui va très vite chiffrer le prix d'une année supplémentaire et torpiller sa propre suggestion - note du ouèbemestre); aux plus éducatifs: les aides personnalisées; aux plus carriéristes: un conseil pédagogique; aux moins carriéristes: la liberté pédagogique; aux parents: des profs qui remplacent leurs collègues et des "remédiations" miracles; aux syndicats: le retour dans le débat, pas de remise en cause des statuts, assurance sur des recrutements minima;la société des agrégés, on n'en dit mot; ... et alii...

    Bon, dormez, braves gens, tout va mieux, et puis de quoi pouvez-vous vous plaindre désormais? On peut pas avoir l'École dont on rêve perso mon pauvre monsieur, on ne lit pas tous le même journal. Voila en deux coups de cuiller à pot, et dans un habile lot de tombola, réglés les sérieux problèmes de l'agitation potentielle des profs, des réclamations des parents, des ambitions d'un état major qui, il faut croire, s'ennuie dans ses fonctions et développe un activisme redoutable, à coup sûr anti-éducatif.

Coups de "j'arnaque"

    Seulement, il n'y a même plus besoin de lire entre les lignes, d'anticiper un peu les perspectives pour subodorer les "coups" du type IDD/TPE-je-récupère-des-heures-sans-rien-dire.

    Car si on s'en tient au texte, en résumant :
- on rétablit la bivalence (le cheval de Troie sera la sixième) en peuplant les collèges de professeurs de lycée professionnel (et certainement par la suite en tarissant le recrutement des certifiés) ;
- on allonge le temps de travail, de 2 à 5 heures, en rendant obligatoire le remplacement des collègues et certainement aussi en imposant les heures de remédiations;
- on réduit la rémunération en payant toutes ces heures au rabais (taux HSE et non HSA, comme quoi on reconnaît qu'il va falloir faire de la garderie pendant toutes ces heures);
- on encadre tout ça par un dispositif d'autosurveillance étroit (de terreur à la note administrative diront les plus naïfs), par le biais de la future mais guère hypothétique contractualisation.

    Bref, on construit en trois bricolages un système à l'anglaise (les hauts salaires en moins), inégalitaire pour les élèves, esclavagiste pour les profs. Et j'ai entendu dire aujourd'hui "les profs sont vraiment négatifs: ils refusent toujours tout en bloc, comme si on n'avait le droit de toucher à rien!" Elle est conne et je bosse avec tous les jours.

DR    

[1] Sur ce point voir les propos instructifs de N. Guet, élue au bureau d'ESHA-Europe, dans "S'interroger sur le «how ?» et non sur le «what ?»", dans Le Monde. La lettre de l'éducation, suppl. au n° 466, nov. 2004. (Retour à l'article)


Débat de société:
comptoir-debat vide.PCX (187288 octets)

un grand moment de démocratie.
Merci à Lefred-Thouron, détourné du Canard Enchaîné.

Remplacement des profs absents
Les présents auront toujours tort

    Dans la loi d’orientation qui nous pend au nez comme une morve de saison, le serpent de merde réapparaît: le remplacement des profs absents par leurs collègues. Et pourquoi ce sujet est-il si irritant, si prurigineux pour un grand nombre d’entre nous? La réponse officielle, brutalement exprimée façon Allègre ou finement sous-entendue , est que nous sommes un ramassis de feignants assis sur de coupables droits acquis (oh les vilains mots en cette période où les acquis sociaux sont des freins à la croissance, le symbole des forces du mal, l’immobilisme contre la libre entreprise…) et surtout ennemis du bien des élèves – pardon, des “enfants” ou des “jeunes”.

Une prébende de cons

    Car, comme chacun sait, nous avons tous choisi ce métier comme la Zazie de Queneau: pour faire chier les gosses. Nous bâclons notre travail, que nous ne faisons que pour les honteuses vacances que nous volons. Nous n’avons qu’une ambition, atteindre la retraite après un maximum de congés de maladie. L’enseignement est une prébende de cons, quoi.

    On agite le chiffon rouge des pratiques britanniques ou allemandes: remplacement du prof malade dans sa discipline, et hop! improvisez-vous prof d’histoire le lundi, de physique le mardi. Puis on prétend redevenir sérieux en proposant la solution qui apparaît comme un privilège: nous remplacerons dans notre “champ disciplinaire” (expression fourre-trou qui veut dire qu’un prof de maths pourra nuire en physique, ou un historien en lettres). Une heure est une heure, quel que soit le prof; l’essentiel c’est que les élèves aient un cours. Comment expliquer à des non-enseignants que prendre momentanément la suite d’un collègue n’a pas d’efficacité? Qu’une heure n’est pas une leçon autonome détachée des précédentes? Et surtout, comment le faire admettre à des interlocuteurs dont le souci est, pour les uns, de faire gober une réforme démagogique qui leur donne l’air de s’occuper d’éducation tout en masquant qu’ils ont eux-mêmes supprimé de fait le corps des remplaçants, et pour les autres de savoir leurs enfants gardés et pris en charge par un prof plus rassurant qu’une stérile salle de permanence pour laquelle on ne recrute plus de surveillants?

Le professeur, un intervenant interchangeable

    Ce qui hérisse les profs dans cette histoire de remplacement au pied levé, c’est la négation de la valeur de notre travail. Voilà l’ambition des missions qu’on nous propose: garder des élèves faute de surveillants; mal assurer des remplacements en plus de notre métier à temps plein, faute de remplaçants dont c’est la seule activité (tellement enviable que la plupart n’aspire qu’à rejoindre un vrai poste); meubler le moins mal possible, et pourquoi pas à plusieurs parallèlement (puisque les emplois du temps rendent impossible, sauf miracle, qu’un même prof puisse prendre toutes les heures d’une même classe) en attendant que revienne le prof de la classe. Lequel n’est donc qu’un intervenant interchangeable.

Le système au centre du système

    Qualité de l’enseignement? Pertinence des choix et des programmes? Questions à la con! Non non: une fois de plus on ne parle pas d’enseignement, on parle du système. Optimiser un fonctionnement en termes budgétaires, parvenir à une gestion du personnel efficace d’un point de vue comptable, tout en faisant des moulinets à coups de débats imbéciles et de faciles promesses séduisantes, telle est l’ambition que s’est fixée notre ministre. Et en cela il remplit la mission qu’on lui a confiée: étranger aux questions d’instruction publique, il est là pour sa compétence de spécialiste des PME et de ravageur du service public.

BB    

"Tout le monde est satisfait du miroir du débat, mais on ne fait pas une réforme avec 60 millions d'avis."

De quel esprit séditieux, gauchiste sans doute, contestataire à coup sûr, cette attaque (France Inter, 16-12-2004)?
De François Fillon, ministre (des Affaires sociales) du gouvernement organisateur de ce barnum.


Un "forfait" bien nommé
On supprime 4600 profs publics,
on offre 300 millions d'euros annuels au privé

DeBonCoeur.PCX (57536 octets)

Un amendement passé inaperçu dans la chaleur de l'été (49°3 à l'Assemblée): désormais, les communes devront verser le "forfait communal" (compris entre 800 et 1500 euros par an par élève) aussi pour les élèves qui quittent le secteur scolaire pour le privé. On subventionne la fuite. Un petit tiers des 900.000 élèves du privé sont dans ce cas. Du bon usage de l'argent public.


Accusé de mollesse, le ministre veut laisser son empreinte sur l'Éducafillon Nafillonale.t


Le choc des photos

Dans une Histoire de France illustrée (Hachette - Reader's Digest), une image explicite pour illustrer
"La Gaule":

gaule1.jpg (16517 octets)

On craint le pire pour le chapitre
"l'habitat urbain".


Loi d'orientation:

la mission première de l'École «est de faire en sorte que tous les élèves maîtrisent les savoirs et les compétences jugés fondamentaux».

Jugés, et déjà condamnés.

 

     

        


Mars 2005

Le silence de l'amer

Le premier avril, le Mammouth Déchaîné aura cinq ans.
À tous ses lecteurs, il dit
"Merci d'être velus".

L'anniversaire du Mammouth Déchaîné


Education cynique

     "Aider les gens à penser". Voilà la philosophie qui sous-tend officiellement les programmes d'éducation civique du secondaire. On aurait pu s'attendre à un plus neutre "Construire l'esprit critique", mais il semble que l'on n'en soit plus là. Il faut passer à la vitesse supérieure, sans doute pour éviter un nouveau 21 avril (*).

     Il s'agit bien aujourd'hui d'une mission politique donnée à cet enseignement (mais peut-on parler d'enseignement pour cette "matière"?). La preuve: il est ouvertement dit que seule la présence de l'éducation civique au brevet des collèges permet aux historiens-géographes de maintenir les 3 heures 30 d'enseignement en 3ème (et sans doute dans les autres classes de Collège).
     L'éducation civique est bien le seul argument auprès des "politiques" qui rend légitimes les horaires (monstrueux, sans doute) de ceux qui
cherchent à expliquer le monde en étudiant le passé.
     Initiatives citoyennes, réflexions autour de la défense nationale, du développement durable (ne dites pas "développement durable", dites "gavage des lapins"; note du ouèbemestre), autant de thèmes qui fleurissent déjà dans les différents sujets d'examens et sans lesquels nous dit-on la démocratie ne pourrait pas survivre. Et, chers enseignants récalcitrants devant une telle propagande, vous n'avez pas le choix (puisque vous êtes en démocratie): fonctionnaires, vous vous devez d'appliquer les programmes (d'où curieusement on a pris soin de retirer l'histoire économique et sociale du XXe siècle). Il ne faudrait pas non plus manifester pendant qu'on y est car c'est remettre en cause l'expression de la démocratie et du droit de vote. Bref, voilà la démocratie (sic) du "ferme ta gueule" qui revient en force après celle du "cause toujours".

     Le pire c'est que ce sont les mêmes qui se gargarisent de l'infamie fasciste, du ridicule pétainiste ou de la brutalité des guerres, et qui se disent de gauche, qui se targuent "d'ouvrir" de cette façon leurs élèves sur le monde d'aujourd'hui.
     Moi aussi je me dis de gauche, mais j'ai du mal a manier de tels paradoxes, à vivre dans une telle contradiction.

     Manifestement on oublie à quel point les sociétés fascistes se sont délectées de l'Education.

     Fasciste l'éducation nazionale? Non. Bien pire. Une fois encore, on préfère miser sur le moutonnisme d'une société bouffée par la consommation de masse et l'ignorance, que sur l'intelligence et la
culture de ses futurs membres. Des fois qu'ils se mettraient à penser par eux-mêmes, hors des cadres pré-mâchés, et qu'ils remarqueraient qu'on les prend pour des cons ...

DR    

(*) Notons que les scores de l'extrême droite n'ont jamais été aussi élevés que depuis que l'éducation civique a été érigée en système de pensée et que la majorité des enseignants, sans doute fatigués par leur matière, s'y adonnent à coeur joie.

Un silence qui en dit non

     Depuis une longue ère (glaciaire) le Mammouth n'a pas été mis à jour.

     Il sort aujourd'hui de sa torpeur, histoire de ne pas vous laisser en rade de réflexions intelligentes devant la révolution qui arrive. Mais la foisonnante équipe des rédacteurs se demande, en ces jours de frottage de pieds sur les pavés, s'il y a encore quelque chose à rire sur l'École.
     Les enjeux de cette réforme qu'on nous présente comme absolument nécessaire ne sont autres qu'une diminution des coûts de fonctionnement. Un coup on régionalise, un autre coup on "bivalise".

     En attendant qu'on délocalise l'EN vers la Chine...

DR     


Économies toujours:
pas d'augmentation pour nous autres fonctionnaires

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Lefred-Thouron - Le Canard Enchaîné


Soldes, rabais, liquidation:
le consommateur y gagne

     Emporté par son élan, le Ministère fait des économies sur tout.

     Il n'est pas tout à fait vrai de dire que l'Éduc'Nat ne se préoccupe que de virer ses retraités et de dégraisser ses actifs. Les progrès pédagogiques continuent pendant les soldes.
     Prêche pour profs d'Anglais dans l'Académie d'Orléans-Tours. Une Inspectrice donne les directives: cessez donc de corriger les fautes des élèves! L'essentiel est qu'ils soient "compréhensibles pour un anglophone".

     Ça être bon! Métier moi devenissant facile de faire. Je pouvoir travail jusqu'à soixante-dix!

     Et saluons au passage la rigueur et le courage des inspecteurs qui nous fourguent d'autorité, et à grand renfort d'e-mails et de circulaires, le "Portfolio européen des langues" (correspondant à peu près à ce qui précède), sur les dangers duquel ils nous alertaient il y a à peine deux ans.

BB    


Fillon-Chirac.PCX (30855 octets)

Pétillon - Le Canard Enchaîné

 

Pour faire des économies,
on donne un bac chiche.

Non, décidément, nos questions de politique intérieure n'ont rien à voir avec le référendum sur la Constitution Européenne:
"Les états membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire."

(article
III-148)

Autant le dire tout de suite, mon "non" sera un "non" qui veut dire "non".


Décentralisation: le gouvernement lâche du lest

Decentralisation.PCX (366015 octets)
Cabu - Le Canard Enchaîné


Manif du 10 mars:
560 000 selon la police.
Ils n'avaient pas assez de doigts?...
doigt2.gif (2016 octets)


FillonRaffManif.PCX (559903 octets)

Cabu - Le Canard Enchaîné


Un million selon les syndicats,
560 000 selon la police

Le niveau baisse à l'école et cela se ressent jusque dans la
police.
Revenons aux vraies valeurs:
savoir lire, écrire et COMPTER.

(Saluons l'arrivée de notre nouveau pigiste, Luc)


Logement étudiants trop rares:
gaymardez-vous!

 

     

        


Avril-mai 2005

Fillon envoie les CRS aux lycéens

Le saigneur des ados
.


(Cabu - Le Canard Enchaîné)

Propaganda-Staffel

     Dans les missions de l'école républicaine, il en est une que souvent nos ministres nous rappellent: le devoir de neutralité.

     Notre sinistre Fillon et ses services ont abondamment appliqué cette vertu dans l'actuelle campagne d'intoxication gouvernementale référendaire :

     - ayant commandé un débat contradictoire sur la Constitution européenne, il l'a jugé trop contradictoire et l'a censuré en faisant mettre au pilon 70 000 exemplaires des "Textes et documents pour la classe", réimprimés avec deux articles favorables au "oui";
     - dans diverses académies, on recommande aux enseignants, pour faire une information pédagogique sur les enjeux du référendum, les services d'une Association Européenne Des Enseignants qui milite fortement pour le "oui";
     - on distribue dans les lycées des brochures très incitatives émanant de l'Éduc'Nat;
     - Fillon a fourni à la Commission Européenne les fichiers de l'Éduc'Nat', pour qu'elle diffuse auprès des élèves de terminale (18 ans, donc électeurs) sa propagande oui-iste, sous forme de brochures et même d'une vidéo.

     Censure et propagande, avec Fillon, nos lycéens, élite de demain, sont à bonne école.



(Merci à Cabu et Uderzo)

Formulemagix (alias Premierminus),
joueur de pipeau

De plus en plus com'!

La baisse du niveau atteint les élites

     "Ze yes nidze ze no tou ouine euguènnste ze no",
a doctement déclamé Formulemagix, l'irréductible poitevin qui nous sert de Premier Ministre.
     Petit exercice de traduction offert par le Mammouth, qui ne perd pas de vue son rôle pédagogique: dans la langue de Tony Blair, "the yes needs the no to win against the no" signifie "le oui a besoin que le non gagne contre le non" (et non "...pour gagner contre le non" comme ce béotien l'entendait).

     Dans son ignorante fatuité de con-muniquant, notre tartarin du bla-bla politique a atteint un sommet d'indigence et établi un nouveau record dans l'ineptie oratoire, domaine où il excellait déjà.

Positive béatitude

Les préfets de la république laïque à la messe

     À la mort du Pape, Raffarin, promoteur il y a deux ans d'une loi sur la laïcité qu'il jugeait si urgente, a estimé tout aussi urgent de réveiller les préfets pour leur enjoindre d'aller en grande tenue se montrer à la messe.

Signe ostensible de dérapage

     Comment voulez-vous expliquer après ça que cette fameuse loi n'est pas un texte "anti-foulards"?
     Fillon a déclaré qu'il convenait de rendre hommage au Pape pour son œuvre de paix. Certes. Mais de façon plus laïque et surtout moins chargée de symboles, ça n'aurait pas marché?
     On fait mettre en berne les drapeaux, et on a la tartufferie d'expliquer que c'est dû au chef de l'état du Vatican (combien de chefs d'états morts ont eu droit au même service?), et on expédie les représentants de l'état laïque à l'église.
     Signe ostentatoire de foutage de gueule...


Économies

Renaud Dutreil, ministre de la fonction publique, devant la Fondation Concorde (et la presse) le 20 octobre 2004:

     "C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique."

Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

     "Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus -, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là ils se recroquevillent comme des tortues."

(Petite explication de texte pour les incrédules et les obstués du bulbe: pour réformer un système qui marche bien, il faut faire croire qu'il est pourri pour justifier la réforme. Et on peut même le pourrir exprès, ça ne mange pas de pain.)

     "Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème."

     (Comment? Ah, mais oui! En retardant de cinq ans l'âge de la retraite, on diminue l'espérance de vie. Et quelques coupes dans les budgets de santé, une ou deux réformes hospitalières, voire une prière pour commander une canicule les années paires, ça peut aider...)

     Au fait, la presse était présente. Mais elle a dû juger que ça ne valait pas le coup de nous ennuyer avec des vétilles...
     Merci, la presse.

Les CRS ont une bonne constitution,
votez gnon.

     BB


Manifs de lycéens:

Fillon favorable au bourrage des crânes


Réforme du bac:

les lycéens sous contrôle (mal) contenu



Loi Évin bafouée:

passage à tabac dans les lycées

(Merci à une pigiste récurrente, Sylviane.)


Tapez-les tous, dieu reconnaîtra les lycéens


Il faut que jeunesse se passe
(à tabac)


Éducation civique:

"Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution.
Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures."

(1793. Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.)

...

"Les états membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des services"
(Traité constitutionnel européen, III-148, révisable uniquement à l'unanimité des états membres.
)

 

     

        


Le Mammouth Déchaîné sponsorise:
attention, ces groupes contiennent des morceaux entiers d'amis du Mammouth


Pretext,
rock-band de potes.

Xerock,
groupe de musique pop-rock (et autres).