Sur cette page:
Instruire, oui;
|
Dicton de l'étudiant: rien ne sert d'apprendre, il suffit de savoir. (D'un visiteur.) Enseigner la musique décale les sons.(Contrepèterie.) Physique: les physiciens voient le monde conique.(c) Mutations rectorales: les professeurs admirent le factum du nouveau recteur. (c) D'un directeur de C.I.O.: "Avant de les connaître, on se fait beaucoup d'illusions sur les gens qui dirigent..." Après Mammouth, Continent! Que vont devenir les repères
géographiques et historiques de nos élèves? C'est la question que l'on peut se poser
avec la disparition successive de ces enseignes de la grande distribution: ils ont oublié
les Mammouth, ils ne connaîtront plus les Continent!... |
Retour en haut de page:
|
Instruire, c'est éduquer.L'école se partage entre ses deux missions: instruire et éduquer.
Et la nécessité d'éduquer pour réussir à instruire semble de plus en plus criante,
tant il est parfois difficile de transmettre des savoirs et des savoir-faire à des
auditoires rétifs, ou tout simplement dissipés. Et donc s'impose l'idée que
l'éducation doit primer sur l'enseignement, ne serait-ce que pour le rendre possible, et
aussi pour faire face au décalage des aspirations des jeunes par rapport aux cadres de
l'institution. Eh bien non! Elle est là, l'erreur d'analyse. "Éduquer... puisqu'il le faut": c'est une
affaire de priorités; symboliquement, il est vital que la mission de l'école soit
clairement identifiable. Pourquoi, comment les publics scolaires qui il y a peu
s'adaptaient facilement à l'institution ont-ils soudain le besoin d'une école qui amuse,
qui propose "une écoute", qui offre des activités annexes qui semblent le
symbole d'un "respect de l'enfant" réputé jusqu'ici absent? La société
(c'est à dire l'actuel discours officiel simpliste relayé par les média grand public:
télé et magazines) a amplifié ce tableau d'une école inhumaine, inadaptée, et la
demande, naïve ou démagogique, d'une école qui prendrait en charge les maux de la
société et les maux (pardon, "le mal-être") individuels. Et ce discours,
répercuté par l'école elle-même, est créateur de frustrations: on invite les élèves
(pardon, les jeunes) et leurs familles nourries d'une pseudo psycho-pédagogie de
grande-surface à espérer une liberté qui est en fait incompatible avec les impératifs
d'un lieu de travail surpeuplé. Et la revendication est donc constante, car rarement
satisfaite, et la transgression fréquente. L'éducation que peut donner l'école, c'est celle inhérente à ses spécificités. Ce ne peut en aucun cas être la copie de l'éducation familiale, ni un mauvais calque de la société. 500 personnes (ou 1000, ou ...) ne sont pas une famille; la promiscuité imposée d'une communauté de mineurs n'a rien à voir avec la vie en société. Et l'école peut avoir ses règles propres (comme tout lieu particulier), sans qu'on cherche à les calquer sur d'autres, et sans que cette particularité soit incompréhensible ou intolérable pour les élèves, si on ne leur fait pas miroiter le contraire. Il s'agit d'ailleurs d'un trait de la société: chaque lieu a ses règles propres liées à sa destination, voire à sa topographie. Cette éducation est transmise dans l'acte scolaire: l'enseignement/l'apprentissage. (Et cette éducation peut recouvrir celle donnée ailleurs, mais dans les formes propres au lieu de travail.) En revanche l'école est propre à une chose, et ce mieux que tout
autre lieu: la transmission du savoir. B.B. P.S.: ma femme, qui n'est pas la moitié d'un con (sans me vanter), me dit que c'est prise de tête. Tant pis. |
Retour en
haut de page: |
LIBÉRALISME = GNANGNANTISME "Apprendre à apprendre", le grand leitmotiv de nos derniers ministres: le type même de la fausse bonne idée. A priori, rien que du bon sens: apprendre à apprendre, voilà qui paraît on ne peut plus utile. Cette évidence nous est venue de deux côtés à la fois, notre allègre ministre et les "éducationnistes" de tous poils (ne visons aucun champion du monde de pédagogie, aucun syndicat, ni fédération de parents). C'est la mise en uvre qui s'avère moins rose (et même moins rouge!): apprendre à apprendre, mais rien d'autre. Surtout, ne rien apprendre. Et les deux camps se rejoignent: les gnangnans bêlants pour qui les élèves (pardon: les enfants) sont face à des programmes inhumains, et les libéralo-utilitaires poussant l'école vers la rentabilité à courte vue. Et Allègre de nous asséner quelques sentences
bien démago: les maths ne servent à rien, puisqu'il y a des calculatrices; la
dissertation est un exercice périmé; l'anglais devra être enseigné comme une série de
tâches pratiques; etc... Et le même discours s'applique à la formation des profs, honteusement savants, honteusement sous-pédagogues, et si loin de ces pauvres petits... Comment expliquer, quand on n'a pas la parole, que le savoir, et surtout l'étendue des savoirs, est le but même d'un ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL, parce que la connaissance et la mise en perspective DES connaissances fondent l'esprit critique, la compréhension des faits neufs, la faculté d'analyse bref, ce qu'on appelle vulgairement l'intelligence?... Allègre libéral BB |
Retour en
haut de page: |
La "Cuculture", le nouveau concept de Finkielcrotte. Pour les feignants de profs qui picolent dans des manifs en copulant avec d'autres feignants de profs, voici un condensé des meilleurs extraits. Pour les autres, nous avons reproduit son interview à l'Evénement Du Jeudi; c'est un peu lourdingue, un peu cucul (aussi!), mais pertinent. Et en plus, c'est pas chiant. (À propos de la violence et du psychologisme qui confond
comprendre et accepter): (Dénigrement du rôle de l'école): (Fossé entre certains jeunes et école): "On a barbouillé l'école d'une confiture
psychologique écurante et on en paie aujourd'hui les conséquences. Rien n'est fait
pour décourager l'élève de penser qu'un professeur qui lui met une mauvaise note ne le
respecte pas, ou quune appréciation négative est une humiliation. (...) (Les pov' profs...): (Ouvrir l'école, gnagnagna...): "Je crois en l'intégration. Et l'intégration, c'est d'abord l'entrée dans la langue. Or la transmission de la langue est en crise depuis que le professeur a été expulsé de son royaume. Il y a un lien évident entre cette crise de la transmission et la montée de la violence. Moins on a de mots à sa disposition, plus on cède à des dichotomies sommaires. Moins on parle, plus on frappe. Plus la langue se simplifie, plus les rapports humains deviennent brutaux." |
Retour
en haut de page:
tripotez la défense du
mammouth.
Aux
penseurs qui n'ont pas encore fini de penser du prêt à penser Il faut croire que dans ce beau pays (rassurons-nous, c'est pareil ailleurs.
BB), la règle soit de pouvoir dire tout et n'importe quoi surtout sur ce que
l'on ne connaît pas. Déjà les nombreux ouvrages sur l'école qui accompagnaient la
rentrée m'avaient particulièrement énervé. Écris par des sociologues cloîtrés dans
des universités croulantes, des philosophes qui se targuent de connaître le système
éducatif parce qu'il ont enseigné deux ans en lycée, ces études évoquent avec moult
rhétorique savante le devenir de l'École. Mais là-dedans où sont les profs, les
instits, ceux qui sur le terrain sont quotidiennement aux prises avec les problèmes et
qui n'attendent pas que les penseurs autorisés à penser (comme disait on sait qui)
déversent une connaissance (et non un savoir) qui ne fait qu'empiler concepts
philosophico-politiques à la mode, solution à la "y a qu'à", et, sur le fond,
critiquent systématiquement tout ce que, sur le terrain, de simples acteurs essaient de
mettre en place. Que les charcutiers parlent de l'éducation à l'andouille pour tous, que les penseurs s'intéressent à la pensée, et qu'on laisse les enseignants enseigner et construire l'école qu'il jugent adéquate aux élèves qu'ils ont en face d'eux. À bon entendeur salut. David. |
Retour
en haut de page:
tripotez la défense du
mammouth.
Le râle des cavernes: la démocratie à l'école. Il est de bon ton dans la vulgate éducative ambiante de parler de démocratie à l'école, d'école démocratique, de citoyenneté scolaire Traduction concrète: multiplication des expositions et projets citoyens aux vertus propagandistes dignes de l'Union Soviétique de la grande époque ; vas-y que je te forme les délégués de classe à une participation active à la vie lycéenne ou collégienne, pour transformer les établissements en lieu de vie, forum des temps modernes où se construit l'identité civique des hommes de demain (je parle bien, non ? je pourrais presque être ministre pouf, pouf). (Tu pourrais surtout être commercial pour EDF, les ohms qui relient les ohms. Note du ouèBBmestre.) Discours largement suffisant pour développer une agoraphobie intense.
Pourtant bon nombre de moutons s'y laissent prendre. Fainéantise et déficit intellectuel surtout de la part d'acteurs débordés par la situation et d'une société toute entière dominée par des classes moyennes flattées de toute part et avides d'une promotion rapide (quitte à écraser le voisin). Quid de cette démocratie dont on nous parle ? Elle n'a pas grand-chose à voir avec l'idéal politique généreux qu'on lui attribue ordinairement. Ce n'est que l'expression des désirs et des vouloirs impérieux d'un groupe social en quête d'un avenir radieux et immédiat (voire rentable) (radieux car rentable. Ndo). Ce ne sont pas les familles les plus humbles qui réclament le plus, ni même les classes très aisées qui ont bien compris l'intérêt du brassage scolaire. Pour les uns comme pour les autres par fatalisme, l'avenir est (mal)heureusement tout tracé dans un système scolaire qui reproduit les inégalités. Il reste donc ceux du milieu, tout juste sortis de la plèbe et qui réclament haut et fort des droits (à consommer essentiellement) forts éloignés des idéaux moraux et civiques dont ils se réclament. Par là, ils contribuent largement à l'éclatement d'une République dont tout le monde se fiche bien aujourd'hui. Pourtant que de générosité dans la lutte contre la sélection sociale pour une
éducation plus généreuse et plus attentive aux humbles. Résultat au bout de vingt ans:
un indice: disparition des personnes issues d'un milieu social modeste à l'entrée aux
grandes écoles. Les inégalités sont non seulement reproduites mais aggravées. Sans aucun doute le problème posé reste celui de l'instrument à trouver pour remplacer le système de sélection scolaire actuel (qui n'est pas vraiment remis en cause pourtant par les principaux utilisateurs, qui pensent pourvoir largement en profiter). Question vaste qui ne trouvera de solution que dans la refonte totale du système scolaire, voire de l'ordre social dans son ensemble. Le point central reste le problème du rôle de l'État que l'Europe libérale entend largement mettre à plat. Encore un sujet dont on ne parlera pas à la télévision Allez savoir pourquoi ? D.R. |
Retour
en haut de page:
tripotez la défense
du mammouth.
PialardisesVous ne nous aimez pas...
|
Retour en haut de page:
tripotez la défense du mammouth.
Le Mammouth
Déchaîné sponsorise:
attention, ces groupes contiennent des morceaux entiers
d'amis du Mammouth